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Onde '1 primo sospiro
Mi giunse al cor, e giugnerà 1' estremo.
Indi i messi d' Amor armati usciro
Di saette e di foco : ond' io di loro,
Coronati d' alloro,
Pur com' or fosse, ripensando tremo.
D' un bel diamante quadro e mai non scemo
Vi si vedea ncl mezzo un seggio altero,
Ove sola sedea la bella donna.
Dinanzi una colonna
Crislallina, ed iv' enlro ogni pensero
Scritto, e fuor Iralucea si cbiaramcnte,
Che mi fea lieto e sospirar sovenle.
Aile pungenli, ardenti e lucid' arme,
Alla viltoriosa insegna verde,
Contra eu' in campo perde
Giove ed Apollo e Polifemo e Marie ;
Ov' è '1 pianlo ognor fresco e si rinvcrde,
Giunlo mi vidi : e non possendo aitarme
Preso lasciai menarme
Ond' or non so d' uscir la via ne V arte.
Ma siccom' uom talor ebe piange, e parte
Vede cosa ebe gli occbi e 'l cor allelta,
Gosi colei percb' io son in prigione,
Standosi ad un balcone,
Cbe fu sola a' suoi di cosa pcrfctla,
OÙ je vis tout d'abord naître Mes soupirs, d'où viendront tous mes derniers encor. Des messagers d'amour armés de là sortirent De flèches et de feu , de laurier couronnés ;
Non moins tremblants , étonnés , Mes yeux sont aujourd'hui qu'à l'instant qu'ils les virent. Taillé dans le plus pur, le plus beau diamant, Un siège 2 apparaissait au centre , où noblement Assise résidait seule la belle dame ;
Une colonne au devant, D'un aspect cristallin 3 , tout penser de son âme Portait écrit, dehors rendu clair pour mes yeux, Qui m'a fait soupirer et qui m'a fait joyeux.
Par l'aspect séduisant du triomphant emblème '% Par ses traits acérés, lumineux et perçants ,
Contre qui sont impuissants Jupiter, Apollon et Mars et Polyphèmc , Où la source des pleurs se rajeunit toujours , Vaincu je fus : et là, privé de tout secours.
M'ont emmené comme proie.
D'où pour sortir j'ignore et l'issue et la voie. Mais, semblable à celui qui pleure et qui repaît Au même instant ses yeux d'une chose imprévue. Ainsi celle par qui prisonnier je suis fait.
Apparaissant à ma vue , Elle qui de son temps fut l'être seul parfait,
Cominciai a mirar con tal desio,
Che me stesso e '1 mio mal posi in obblio.
r era in terra, e '1 cor in paradiso,
Dolcemente obbliando ogni altra cura;
E mia viva figura
Far senlia un marmo c 'mpier di maraviglia ;
Quand' una donna assai pronta e secura,
Di tempo antica e giovene del viso,
Vedendomi si fiso
Air atto délia fronte e délie ciglia,
Meco, mi disse, meco ti consiglia,
Ch' i' son d' altro poder che tu non credi ;
E so far lieti e tristi in un momento,
Più leggiera che '1 vento ;
E reggo e volvo quanto al mondo vedi.
Tien pur gli occhi, com' aquila, in quel Sole;
Parte dà orecchi a queste mie parole.
11 di che costei nacque, eran le stelle
Che producon fra voi felici effetti,
In luoghi alti ed eletti,
L' una ver 1' altra con.amor converse :
Venere e '1 padre con benigni aspetti
Tenean le parti signorili e belle ;
E le luci empie e felle
Quasi in tutto del ciel eran disperse.
Je pris à l'admirer un plaisir si suprême
Que j'oubliai mon mal et m'oubliai moi-même.
Moi sur terre j'étais, mon cœur en paradis, Plongé dans les douceurs et loin de tous soucis ;
Et ma vivante figure Comme un marbre restait surprise outre mesure , Lorsqu'une femme ^ antique, au regard jeune et vif, Sûre dans son maintien et prompte de manières ,
En me voyant si pensif A l'immobilité du front et des paupières : « Écoute, me dit-elle, et sois bien attentif. Car plus que tu ne crois est grande ma puissance : L'homme je rends joyeux et triste en un moment,
Moi plus prompte que le vent ; Tout au monde subit mes lois , ma convenance ; Sur ce Soleil 6 maintiens, comme un aigle, tes yeux. Et prête à ma parole un soin religieux.
Le jour qu'elle naquit, les étoiles si belles
Qui produisent chez vous les plus heureux effets ,
Dans les lieux les plus parfaits Toutes avec amour se regardaient entre elles; Jupiter et Vénus, souriants et bénins, -
En maîtres dominaient à la plus belle place ;
Et tous les astres malins Étaient errants du ciel sur la vaste surface.
Il sol mai si bel giorno non aperse : L' aère c la lerra s' allegrava, e Y acque Per lo mar avean pace e per li fiumi. Fra tanli amici lumi, Una nube lontana mi dispiacque ; La quai temo che 'n pianlo si risolve, Se pietate altramente il Ciel non volve.
Com' €lla venne in queslo viver basso,
Cir a dir il ver, non fu degno d' averla,
Cosa nova a vederla,
Già santissima e dolce, ancor accrba,
Parea chiusa in ôr fin candida perla :
Ed or carpone, or con tremante passo
Lcgno, acqua. terra o sasso
Verde facea, chiara, soave ; e 1' crba
Con le palme e coi piè fresca e sui)erba ;
E fiorir co' begli occhi le campagne,
Ed acquetar i venti e le tempesle
Con voci ancor non preste
Di lingua che dal latte si scompagne;
Chiaro mostrando al mondo sordo e cicco
Quanto lume del ciel fosse già seco
Poi che crescendo in tempo ed in virlute Giunse alla terza sua fiorita etate, Leggiadria ne beltate
SUR LA MORT DE LAURE. i43.
Jamais pour si beau jour ne brilla le soleil : Sur la terre et dans Tair résonnait l'allégresse , Sur les ondes régnait un calme sans pareil.
Au milieu de tant d'ivresse , Un seul nuage au loin provoqua ma tristesse , Qui pouvait se résoudre en pleurs disgracieux , Si bien mieux, par pitié, n'en disposaient les Gicux.
Dès l'instant qu'en ce monde elle daigna se rendre , Lui qui peu digne fut, disons-le, de l'avoir,
Chose si nouvelle à voir. Douce et sainte déjà, quoique d'un âge tendre, (Une perle enchâssée en l'or fin on eût dit) A quatre pattes soit, puis à marche incertaine,
Les bois, l'eau, terre ou cailloux.
Elle rendait ou verts, ou transparente, ou doux ; Et de fleurs par ses yeux s'embellissait la plaine ; Sous ses pieds, sous ses mains, l'herbe aussi-mieux verdit ; Aux vents, à la tempête, elle imposait silence
Par son langage incomplet , Comme il est chez l'enfant que l'on sèvre du lait ; Au monde aveugle et sourd mettant en évidence Quel bel astre du ciel déjà son sol foulait.
Lorsqu'on âge croissant et croissant en sagesse , Elle fut parvenue à sa belle jeunesse , Jamais si grande beauté
Tanta non vide il Sol, credo, giammai.
Gli occhi pien di lelizia e d' oneslate,
E '1 parlar di dolcezza c di salule.
Tulte lingue son mute
A dir di lei quel che tu sol ne sai.
Si chiaro ha '1 volto di celesli rai,
Che vostra vista in lui non puô fermarse
E da quel suo bel carcere terreno
Di tal foco hai il cor pieno,
Ch' altro più dolcemente mai non arse.
Ma parmi che sua subita partita
Tosto ti fiacagion d'amara vita.
-Detto questo, alla sua volubil rota Si volse, in ch' ella fila il nostro stame ; Trista e certa indovina de' miei danni : Che dopo non molt' anni, Quella per ch' io ho di morir tal famé, Canzon mia, spense Morte accrba e rea, Che più bel corpo occider non polea.
Phœbus ne vit, je crois, ni de grâce semblable. La joie en ses yeux fut avec l'honnêteté, Dans sa parole étaient la douceur, la bonté.
Toute langue est incapable , Ce que toi seul connais, de conter dignement. Son visage brillait de rayons si célestes Que nul mortel n'eût pu l'admirer fixement; Et de son corps si beau (toi-même tu l'attestes)
Ton cœur est tant enflammé.
Que nul d'un plus doux feu ne s'est vu consumé. Mais son trépas subit fait pour loi l'existence Bien amère, je crois, par sa cruelle absence. »
Cela dit, à sa roue elle imprima le cours Où des mortels la vie elle file toujours. Trop bien elle prédit mes trislcs destinées ,
Car, après bien peu d'années , Celle pour qui j'aspire à voir finir mes jours, Canzon , fut par la mort cruellement ravie. Et de quel plus beau corps put-elle avoir envie?