STANCE
Si you vous vezie prou ou pau,
You nou serio pu en la peno
Que me garde davey repau
Et que tant de douleur me mino.
Vou cognoiseria plo mon mau
Si vou me iatava la veno :
La medecina vou séria
En laquala me gariria.
(Verso du 76" feuille! du manuscril).
Cette fois, je n'ai même pas mis d'accents, ce qui est, certes, plus délicat en patois qu'en français, et je ne m'avise point, bien entendu, mes confrères ne me le pardonneraient pas, de traduire cette savoureuse stance écrite en notre vieux patois et qui me fait bien regretter que Pierre de Laval, qui a dû ea rimer beaucoup d'autres, ne leur ait pas fait l'honneur de les transcrire au net dans son petit livre parcheminé où elles ne feraient point, à mon humble avis, mauvaise figure.
30 novembre 1899.
Gustave Hermann.
Au Bulletin, j'ajoutais, en forme de Post-Soriplum, les quelques lignes que voici :
« Je n'ai pas besoin d'ajouter que les Rimes de Laval ne se feronl pas beaucoup attendre et, si \q Bulletin veut bien les publier, mes confrères ne regretteront peut-être pas le temps qu'ils y perdront. Il y en a de graves, comme le Discours, de légères, comme la Stance patoise, et, pour parler vulgairement, il y en a un peu de toutes lescouleurs. Je dirai tout ce que j'ai pu savoir de Laval après avoir frappé à bien des portes où j'ai trouvé le plus aimable accueil, et ce tout
n'est malheureusement pas grand chose. En tout cas, aussi peu que nous sachions de l'auteur, puisque nous aurons, à la portée de tous, ce qu'il aura voulu nous laisser de son œuvre, ce sera une page nouvelle ajoutée à l'histoire littéraire de notre Périgord, lequel eut sa petite part dans le grand mouvement poétique du XVI' siècle. »
Je n'ai point, je crois, manqué à ma parole. Mon texte, remis quelques mois après, a dû attendre quelque peu qu'une place lui soit faite au Bulletin. Le voici maintenant imprimé. Les curieux de lettres et de poésie ne le dédaigneront pas, ce me semble, et y trouveront, j'imagine, quelques fleurs à butiner. Nous, Périgourdins, nous y trouverons bien autre chose,des ressouvenirs de ce vieux terroir Périgourdin qui nous est cher entre tous.