‹ Rimes et jeux de l'enfanceChapitre 109 sur 179 · AU JEU · texte numérisé non relu

AU JEU

1. — Sur les landes de Lohéac, dans l’Ille-et- Vilaine, j'ai vu un groupe de petits pâtres qui, pour désigner celui qui poursuivrait les autres, c’est-à-dire le chat, disaient un oranbas (heure en bas), ce que les petites filles appellent dans les pensions un fer :

Du bibi, Du bobo, Carañ, Carafo, Du triage, Du coco.

Celui sur lequel le mot coco venait à tomber était pris, alors il disait :

« L’alouette pihuit à mon collet ; les derniers pris la diront-i? » |

Les autres répondaient en se sauvant : « Oui»!

Le chat courait après eux, et le dialogue suivant s’engageait entre lui et le premier qu’il arrêtait :

— D'où es-tu?

— De Nantes,

— Où sont-i tes frères ?

— En champ.

— Ide (aide) ma à les prendre.

Et tous les deux couraient après les autres, et ainsi de suite jusqu’au dernier qui, à son tour, recommençait l’oranbas : « Du bibi, du bobo, etc. »

Comm. par M. A. Orain.

2. — a) Uni — un 1 — ma tante Michel, — des raves — des choux — des raisins doux. — Ne passez pas dans mon jardin; — ne cueillez pas — mon romarin — ni ma violette, — mistouflette. — Mistouflette — à vêpres — qui chante comme les prêtres, — pimpon d’or — chapeau d’épinette, — la plus belle — ira dehors.

Seine-et-Oise.

D) Un i — un 1 — ma tante Michel — des pois cornus. — C’est à Pâques, Noël, — à la Saint-Jean d'été — un p'tit prêtre dans sa chapelle — allume son petit feu — pour chauffer — les pieds de — Dieu.

Paris.

€) Un i — un 1 — ma tante Michel, — des pois cornus, — des fèves nouvelles, — des raisins doux — monsieur Patou. — Où sont tes oies? — À la corne d’un bois. — Si j'y vas — j'en tuerai trois — avec mon grand vrillon, —

vrillelle de bois.

Loiret; Eure-et-Loir.

4) Uni — un 1 — ma tante Michel, — des pois cornus, — des fèves nouvelles, — des raisins doux — pour nous tortous — à la mi-août.

Eure-et-Loir.

e) Uni, un 1: — ma tante Michel — des pois cornus — des fèves nouvelles — du raisin doux — dans le bachou — pour nous tertous.

Seine-et-Oise. Comm. par M. Leclerc,

: f) Un i— un 1 — ma tante Michel — des raves — des choux — des raisins doux — pour y goûter (var.: pour agoûter) — Marie Pérou — chou ! (var. : hors chou.)

g) Un i — un in — gazin, gazelle, — du pied, du jonc, — caqui bourdon. TE

Franche-Comté.

h) Un i — un 1 — cazi, cazelle, — du pied, du jonc — coquille — bourdon. — Un jour, un loup — sortant d’un bois, — tout habillé de gris, — de vert, — leva la queue en l'air, — fit un gros pet — pour qui? — Pour toi. — Retire-

toi, — chandelle de bois.

Saône-et-Loire.

î) Un i — un I — gazin, gazelle. — Un jour un loup -— passant par un désert, — leva la queue en l'air, — fit un gros pet — pour qui? — Pour toi. — Retire-toi — dans ta cabane de bois.

Lyon.

j) Un loup — passant par un désert, — la queue levée, — les jambes en l'air, — la cariboti, — la caribota — sera pour toi.

Finistere.

k) Un loup — passat — sur un — luzer — la cuio — lébado — lou tioul — duber — zigo — Zago — quitto -—- ta plaço.

Bas-Quercy. Comm. par M. J. Daymard.

4) Un i — un 1 — beribon — beribelle — six candis — six candelles — six boyards — trou.

Franche-Comte.

mi) Uni — uni — perroni — perronelle — Jean des bœufs — décambeu — simouna — révéilla — troumpa.

Côte-d'Or.

n) Uni — un o — de pique et de beau — cinq sabots —- de carabots — de pin en pin —

pique le marin.

Franche-Comté.

0) Un — deux — trois — pique de bois — au caraba — de saint Sablat, — de pique en pique — pique la bourrique.

Saône-et-Loire.

p) Uni — unô — carin — carô — dépie — dépô — € sens sabô — dé figo nouvelo — dé rèsen doux — egou — tan — tin — féyo — méyo — tan — tin — clou.

Dauphiné. La Tribune de Genève, 21 juin 1882 (article d’'E. Ritter).

g) Uni — uno — dé piquo — dé po — dé san — sabo — à la guerro — m'en baou — serbi —

moun pèro. — Moun pèro — m'a dit — pigeon — volez. | q Bas-Quercy. Comm. par J. Daymard.

r) Un clou — girou — carin — carou — dé pes — sima — caca — rica — feillo — meiïllo —

tanté — clou.

Bas-Quercy. Comm. par M. J. Daymard.

s) Un pomizo — cazin cazo — de Piarre — Simoun — cagaire — greiffoun.

Marseille. Régis de la Colombière. Les cris pop. de Marseille.

t) Emprô — Girod — carin — careau — Dupied — Bordeau — Simon — Joseph — des carquois — des ognons — fi — tan — don.

Suisse romande: La Tribune de Genève, 21 juin 1882 (article d'E. Ritter).

u) Uni — un a — cari — cara — soupière — bourdon — Joseph — Simon — cric — crac — sors de ta place.

Loiret.

v) Un i — une ette — catéchime — boulette — prout..

P Loiret.

x) Un i — un o — casi — caso — roco.

Lotret.

y) Une pomme — de Rome — six pieds — portant — l’anglais — tu l’es (1).

Seine-et-Marne. Comm. par M, Leclerc,

x) Une pomme — de Rome — carin — cari — six pieds — noreau — boreau — cocu — du son — son dix.

Loiret.

aa) Pomme — poire — lidou — lidoir — coquin — la ronde — cornichon.

Boulogne-sur-Mer.

ab) Un plomb —— lideron — formin — latin — gojort — la mort — bisson — Simon — Laurent

— va-t'en.

Loiret,

ac) Un plomb — bordon — Joseph — Simon — qui file la laine — le fin coton — pour en

sortir — compère Buisson.

Creuse.

ad) Un i — un 1 — ma tante Michel — qui file de la laine — du fin coton — tirez-vous donc.

Creuse.

(1) Pommer, c’est réciter cette formulette pour savoir qui y sera au jeu du chat.

ae) La pero gardano — que batte la lano — lou fiou — tortiou — la din — la dan — va-t-en.

Marseille. Régis de la Colombière.. Les cris populaires de Marseille.

af) Une pomme — dix graines — qui filent de la laine — en fin coton — mademoiselle —

retirez-vous donc.

Loiret.

ag) Une pomme — des graines — qui filent — de la laine — de fin coton — mon oncle Buisson — ma tante — la Bobine — alignez alignez — bourdonnez — clin clin — saucez — brutez —

va-t-en — te cacher.

Loiret.

ah) Une p’lotte de laine — pour ma tante Gobaine — défunt coton — mon père Bisson —- ma

tante Cath’rine — Gobine.

3. — a) Marguerite de Paris, Prêtez-moi vos souliers gris Pour aller au paradis ; Le paradis qu’on dit si beau, Qu'on y voit de petits oiseaux Qui cueillont la violette Pour porter à Jésus-Christ

Qui est dans la chapelle Qui allume ses quatre chandelles.

Pipotin, pipoteau, Saute dehô.

Saône-et-Loire.

b) Sainte Cath’rin’ en fleurs de lys, Prêtez-moi vos souyers gris Pour aller en paradis,

Paradis qu’i fait si beau,

Pour manger du pigeouneau, Pigeouneau et pigeounette.

Dans l’jardin de la violette, Saint’ Cath’rin’ quoique tu fais?

— Je ses au bord d’un fossé.

— Saint” Cath’rin’ va te cacher.

Bourges (Cher). Formulette recueillie en 1857 par M. de Laugardière, dans Poesus pop. de la France, mss. de la Bibl. nat., t. 11, feuillet 268.

c) Un, deux, trois, quatre, Les enfants du père Agathe, Font des boules de papier gris Pour aller dans le paradis.

Dans le paradis il fait bon Pour manger des pigeolons ; Pigeolons, pigeolettes Dans la rue des violettes.

Notre Seigneur passant par là, À dit : que faites-vous la ?

— Je garde mes petits moutons Qui me disent la raison.

AMD, d,

N... allez-vous cacher.

Poitcu. Comm. par M. L. Desaivre,

d) Une, deux, trois Du bois; Quatre, cinq, six Du buis; Sept, huit, neuf Du bœuf; La reine vous demande Pour aller en France, Porter le pain bénit, À la messe de minuit; Prêtez-moi vos souliers gris Pour aller dans le paradis; Le paradis est si joli, Qu’on y voit des pigeons d’or Habillés comme une princesse; Cesse, cesse.

Loiret.

4. — a) S'il vient un prêtre, Donnez-lui une chaise ; S'il vient un enfant de chœur, Donnez-lui du pain, du beurre; [démon), S'il vient un gros larron (var.: un gros Donnez-lui cent coups de bâton.

La cuiller se casse,

: L'enfant se trépasse.

Seine-et-Oise.

b) Une pomme rouge Qui vient de Toulouse.

Saint Pierre, saint Paul, Gardez bien notre maison.

S'il vient un pauvre, Faites-lui l’aumône ; S'il vient un capucin, Donnez-lui un verre de vin.

S’il vient la p'tite Jeannette, Donnez-lui un coup de baguette; S'il vient le p’tit bossu, Flanquez-lui vot pied au cul.

Loiret. Comm. par M. J. Poquet.

c) Un petit chien pendu, Tirez-lui la queue, Il vous mordra.

Son grand-père est à la chasse Avec son bonnet de coton; S’il vient un beau monsieur, Donnez-lui un chapeau bleu; S'il vient un enfant de chœur, Donnez-lui du pain, du beurre ; S'il vient un marmouset, Trempez-lui la tête dans le lait.

Boulogne-sur-Mer. Comm. par M. E. Deseille.

Une formulette analogue aux précédentes servait au commencement de ce siècle en Sologne, d’incantation : (1) « Le dimanche des brandons, les Solognots vont le soir, armés de brandons de paille enflammée, tout à l’entour de leurs blés,

criant :

Branlons, brüûlez, Par les vignes et par les prés.

Sortez, petits mulots, des blés ; Allez-vous-en dans les bois, fouiller ; S'il vient un prêtre, Donnez-lui ses guêtres, S'il vient un capucin, Donnez-lui un quart de pain ; S'il vient un grand larron, Donnez-lui cent coups de bâton.

Branlons, brülez, etc.

Legier, Traditions et usages de la Sologne (dans les Memoires de l’Academie celtique, t. 1, p. 210).

Ah! la belle pomme rouge Que Dieu nous envoie

Sur un petit plat d'argent! Saint Pierre, saint Simon, Gardez bien notre maison, Car nous allons à la campagne Prier Dieu pour cette femme

(x) Je crois que beaucoup de formulettes enfantines sont d'anciennes incantations.

Qui a eu un petit fils Qui s’appelle Jésus-Christ.

La cuiller qui casse, L'enfant qui trépasse; Taisez-vous, madame, Vous en aurez un autre A la Pentecôte.

Les souliers de maroquin Serviront à Jacobin, Jacobin qui file,

La grosse aiguille

Qui peigne sa fille

Au coin d’un rocher.

Compère, vous mentez.

Finistère. Comm. par M. L. F. Sauvé.

Ban ban ! — qui est mort à Landévan ?

C’est la femme à l’intendant

Qui s’est accouchée d’un bel enfant.

On la porté baptiser

Sur le dos de l’écuyer;

L’écuyer se lasse,

L'enfant se trépasse.

Madame se met à crier,

Monsieur veut la consoler :

Consolez-vous, Madame,

Vous en aurez un autre

À la Pentecôte

Qui s’appellera Jacobin,

Aura des souliers de maroquin, — Ban ban!

Morbihan.

6. — a) Une poule sur un mur — qui picotait du pain dur — picoti — picota — lève la queue (var.: vire la queue) — et puis t'en vas (1) (var.: va-t’en de là. Autre var.: alouette, va-t'en là-bas).

Seine.

b) Une poule sur un mur — qui picotait du pain dur — picoti — picota, — lève ta cotte et

puis t’en vas — par ce petit chemin là — et non

par celui-là.

Différents départements.

c) Un p'tit coq sur un mur — qui picote du pain dur, — picotin, — marjolain, — prends ta femme — et va-t-au vin.

Geuêve et Haute-Savoie. L’Intermediaire du 15 février 1866.

d) C'est une aiguille, — piquette, — qui piquait du pain blanc — piquant — lève la queue

— puis elle s’en va.

Morbihan.

Fe — Belle pomme d’or — à la rivière (var. :

à la république) — il n’y a qu’un Dieu — qui

(x) Dans le Finistère on ajoute: Par la porte de Saint-Denis — que voici et que voilà. À Lille la formulette se termine ainsi : Prends ta patte et puis t’en vas.

gouverne (var.: qui existe o4 qui reste) — en France — pour Dieu (var. : adieu) — mes amis — la guerre est finie — belle pomme d’or — sortira dehors (1).

Différents départements.

8. — Au clair de la lune — trois petits lapins — qui mangeaient des prunes — comme trois petits coquins, — la pipe à la bouche, — le verre à la main, — en disant : Mesdames, — versezmoi du vin — tout plein.

9. — Ron, ron, ron, — la fricassée au mouton, — pour un, — pour deux, pour trois... etc. — pour douze. — Ma blouse est déchirée, — je vais la raccommoder — avec une aiguille percée — et du beau petit fil bleu.

Paris.

10. — Ran plan plan, — j'ai perdu mes gants, — ma baguette d’or, — mon flacon d'argent. — Saint Antoine — demandait à boire; — son petit cochon — demande du son; — sa petite fille — joue de la béquille ; — son petit garçon — joue du violon.

Boulogne-sur-Mer, Comm. par M. E. Deseille,

(x) Fin de la formulette dans le Loiret : Sortira au delors —avec son p'tit cheval d’or; — au dedans — avec son p'tit cheval d’argent.

11. — Trois petits prêtres (var.: princes) sortant du paradis, — la bouche (var.: bouteille) pleine — jusqu’à demain midi, — clarinette, — clarinette, — mes souliers sont des lunettes, — poire, — pomme, — pêche, — abricot, — il y en a une de trop (var.: j'en ai de trop).

Paris.

12. — Une, deux, trois, quatre, — les moulins s’ont voulu battre ; — îls ont dit: — Si jte rattrape, — j'te mènerai à Saint-Val'ry — pour attraper des p'tites souris.

Boulogne-sur-Mer. Comm. par M. E. Deseille,

13. — Un, — demi-deux, — demi-trois, — demi-quatre, — coup de canif m'a voulu battre ; — je l'ai voulu battre aussi; — coup d’canif

s’en est enfui — par la porte de Saint-Denis (var. : par la porte que voici. Autre var.: par la porte du petit bossu).

Paris et environs.

14. — Une — deux — trois — quatre — Jacobé voulait me battre; — il ma battu, — il m'a rossé, —:il m'a jeté dans un fossé, — les grenouilles m'ont mangé — les crapauds m'ont achevé.

Brioude (Haute-Loire). Comm. par M. P. Le Blanc.

15. — Un, — deux, — trois, — quatre, — cinq, — six, — sept, — huit, — neuf, — dix, — petit Félix.

Paris.

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