Ma chanson est dite, Ma langue en est quitte
Mon sabot est de bois, Ma langue n’en est pas.
Ma soupe est mangée, La tienne est restée.
Mon plat est lavé, Le tien est cassé.
Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard.
(1) Cette formulette peut servir pour danser des rondes.
s5-. — Je sais bien un nid de lièvre, Où le lièvre y est et n’y est pas.
Le matin quand'il se lève, Il emporte son lit et ses draps.
Loiret, Comm. par M. L. Beauviliard.
56. — C’est demain la Saint-Martin (war. : la Mon cousin. [Saint-Crépin) Les cordonniers se frisent, Ma cousine, Pour aller voir catin (var. : mamselle Mon cousin, [Catin) Qui a ch... dans sa chemise, Ma cousine, Qui a ch... dans sa chemise.
57- — Bonjour, ma cousine, Bonjour, mon cousin, Vous portez-vous bien ?
J'aime la galette, Savez-vous comment ?
Quand elle est bien faite Et qu’il y a du beurre dedans.
Boulogne-sur-Mer. Comm. par M. E. Deseille,
$8. — Marie-Jeanne à locques S’en va-t-à la danse, .
Monsieur Delog'tier L'invite à danser.
Dansez, dansez, Marie-Jeanne à loques, Dansez, dansez, Monsieur Deloq'tier.
Boulonnais. Comm. par M. E. Deseille,
59. :— Jeannette — qui pette, Comme une trompette, Son cul répond
Comme un chaudron.
Haute-Saône.
60. — a) Dans une église où j'ai été, Une vieille femme y a pété; Je lui ai dit : vieille péteuse, N'’êtes-vous donc pas honteuse, De péter devant mon doux Jésus, Je vous ferai coudre le cu.
— Pardonnez à la vieillesse (1) Qui n’peut plus serrer les fesses,
(x) Dans le département de l’Yonne, la formulette se termine ainsi :
Devant Jésus, si j'ai pété, De tout mon cœur j’en suis fâchée; Il faut excuser la vieillesse, Je ne peux plus serrer les fesses; Excusez-moi, mon doux Jésus, Excusez-moi, je n°’ péterai plus.
Pardonnez-moi, mon doux Jésus, Ne me faites pas coudre le cu.
Pays messin.
b) — Y a pôta devant Jésus Y en aira le cul cousu.
— Oh! mé mère ne le cousà pas, N'fates ran que de le faufila.
Franche-Comté. Firmin Maillard, Quand j'étais petit.
c) — J'ai paté devant Jésus.
— T’y en erai le cul coudu.
— Non, maman, ne me le couda pas, Ne fates ran que le faufila.
Mantôche (Haute-Saône).
61. — Pomme dironde — marquée, dorée, Prenez la lune — faites-la tourner, Tout au l’entour — du Marteroy, Trottez cadet.
Laas (Loiret). Comm. par M. L. Beauvillard,
62. — a) Pain d'épice — ma nourrice, Carcaillos — tournez-moi le dos (1).
Normandie, (x) Cette formulette, ainsi que les suivantes, se chantent dans
des jeux enfantins très-variés; on s’en sert aussi pour danser des rondes,
b) Pain d'épice — organice, Permission — tire le canon.
Meurthe-et-Moselle. Comm. par M. H. Gérard.
c) Païn bénit — vert de gris, Permission — tire le canon.
Morbihan.
d) Marchand d’argalisse — ma nourrice, En mettant le pain au four Vive l’amour.
Deux-Sèvres. Comm. par M. L. Desaivre,
e) Marchand d’argalisse — ma nourrice, Pistolet — tire li boudet.
Deux-Sévres. Comm. par M. L. Desaivre,
f) Pain d'épice — à la mère Maurice, Mon enfant — est en nourrice À la patte — d’une écrevisse.
On l’y porte — un pain mollet Sans compter — qu'il a tout mangé, Piste, piste, pistolet (1).
Yonne.
(1) Variante des deux derniers vers :
Ma grand’mère — passez par là Tournez le bras — nous y voilà.
g) Pain d'épice — à la gargarisse, Mon enfant — est en nourrice A la queue — d’une écrevisse; Pain au riz — pain au lait Tire mon pistolet.
Loiret; Eure-et-Loir. Comm. par M. J. Poquet.
h) Pain d'épice — gargarisse, Mon compère'— ma commère, Saint Simon — tournez la maison.
Eure-et-Loir.
63. — En allant au bois J'ai perdu mon soulier Mon sabot — tourne larigot.
Ille-et-Vilaine. Comm. par M. A. Orain.
64. — a) Mon papa est cordonnier Ma maman est demoiselle, Ma petite sœur — fait de la dentelle, Tire la ficelle.
Saône-et-Loire.
b) A la tresse — carmitresse, Au roi des rois — tourne-toi, Mon père était cordonnier.
Ma mère était demoiselle, Tire la ficelle (1).
Haute-Saône.
c) Quand mon père était savetier Il faisait des souliers Pour les demoiselles de Paris Tirelibouli (2).
Meurthe-ei-Moselle. Comm. par M. H. Gérard.
6$. — a) Les raisins sont bon marché Quatre-vingt pour un denier, Celle-ci, celle-là Mademoiselle, tournez-vous par là.
Creuse.
b) Bottes d’oignon à bon marché Cinq ou six pour un denier, Je les vends ci, je les vends ça Mademoiselle, tournez-vous par là.
Loiret. Comm. par M. J. Poquet.
(x) Tout en récitant cette formulette, on fait passer de droite à gauche et de gauche à droite, et en croisant les bras, un enfant dont on tient les deux mairs.
(2) Cette formulette est chantée par deux enfants qui se tiennent par les deux mains, les bras entrelacés, En disant #irelibouli, ils font volte-face.
c) Bottes d’oignon à bon marché Cinq ou six pour un denier, Caderi, cadera Ma grand’mère tournez-vous là.
Loiret. Comm. par M. L. Beauvillard.
66, — a) J'ai des poules à vendre.
— Comment sont-elles tes poules ?
— Elles sont vertes et rouges, Un peu blanches par dessous.
Tournez-vous, mamzell Chouchou.
Eure.
b) J'ai des poules (war. : des pommes) à
[vendre,
Des noires (var. : des rouges) et des
[blanches,
À quatre sous, à cinq sous (var. :
[quatre, quatre pour un sou) Mad’moiselle, retournez-vous.
c) J'ai des pommes à vendre, Des rouges et des blanches, Et des vertes par dessus, Mademoiselle, tournez votre fichu.
Yonne; Loiret; Eure-et-Loir. Comm. par M. J. Poquet.
d) Des fourchett’s à vendre Mon gendre ; Quelle couleur sont-ils — mon'ami, Elles sont rouges et blanches Tourne ton petit bonnet blanc.
Seine-et-Oise.
e) J'ai des cuillers à vendre Mon gendre.
De quell couleur elles sont Mon ami.
Elles sont noires — tourne-toi Mon p'tit bonnet noir.
67. — Las carbetos (1), las carbetos Sou sul fioc Rebiro te, Margot.
Castres. Couzinié, Dict. patois-frinçais.
Castres, 1847.
68. — Ridondaine — passez par la plaine, Les souris — passez par ici.
Morbihan.
(1) Carbeto, chevrette, ustensile que l’on suspend à la crémaillère pour soutenir les pots, etc. — Cette formulette est ré- ‘ citée par des enfants qui se tiennent par les mains, puis se retournent brusquement. '