JEU DU BATONCHAU
Dans ce jeu, quatre garçons, dont deux armés chacun d’une palette de bois, se placent à une certaine distance et font de leur côté une petite fosse dans la terre, en ligne directe. Les deux autres ont un petit bâton d'environ huit centimètres, aminci par les deux bouts; ils le jettent aux deux autres, qui doivent le renvoyer avec leurs palettes. S'ils ne l’atteignent pas, il doivent toucher leurs palettes dans la fosse. Tandis que les autres courent après la bille, ceux qui l’ont chassée courent à la fosse l’un de l’autre, avant que les deux porteurs de bille aient pu y revenir avec leur batonchau, pour le mettré dans la fosse. Lorsqu'ils ont fait ce jeu deux ou trois fois,
tandis que les autres courent de nouveau après le balonchau, ils mettent leurs palettes en croix au milieu du jeu, courent à la fosse l’un de l’autre et vont ensuite bien vite chercher leurs palettes et retournent à leur place. Après cela, ils recommencent à chasser et à renvoyer le ba/onchau; cette fois, si l’autre l’a ramassé et l’a placé dans le trou avant que les porteurs de palette soient revenus à leur place, c’est à eux à prendre les palettes; sinon, après les palettes croisées, les billes sont chassées de nouveau, et les autres sont obligés d’aller les ramasser et de les jeter avec la main contre la palette de leur adversaire, qui est placée sur la fosse en présentant le côté large; s’il ne l’atteint pas, la bille est renvoyée une seconde fois, et on continue le même exercice. La bille, à cette seconde fois, doit être jetée contre la palette qui ne présente plus que son champ; s’il n’est pas assez adroit pour l’atteindre, il perd la partie. Alors on cache le bafonchau; le perdant est obligé de le chercher et de le trouver. Pendant cette recherche, il est suivi pat les gagnants et par une partie des spectateurs, qui le frappent avec leurs mouchoirs noués, ce qui s’appelle sabouler, jusqu’à ce qu’il l’ait trouvé. Les poursuivants ont l'attention de dire prand feu ou petit feu lorsque le cherchant s'approche ou s’éloigne de l’endroit où le batonchau est caché. La partie s’anime par
des redoublements de coups de mouchoirs, lorsque celui qui cherche est près de la cachette, — A ce jeu a succédé le jeu de la guiche, qui est moins compliqué.
Hécart, Dict. rouchi-français, 1833,