‹ Rimes et jeux de le̕nfanceChapitre 2 sur 196 · II AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

II AVANT-PROPOS

Les problèmes que cette science nouvelle soulève sont d'une telle complexité, que les plus savants en ces matières se sont généralement abstenus d'en proposer la solution.

De toutes les parties du Folklore, celle dont on débrouillera le plus difficilement les origines est la Littérature des Rimes et Jeux que les enfants se transmettent depuis les temps les plus reculés, qui est la seule qui les amuse, la seule qui convienne à leur dévdopfkment mental, et qui diffère si complètement de ce qut nos pédagogues utilitaires veulent à toute force leur enseigner.

On ne se rendra compte de la genèse de la tradition enfantine que quand chaque peuple aura recueilli et classé la sienne, La France a, jusqu'à présent, apporté peu de matériaux à cet édifice de V avenir; en publiant ce volume bien incomplet, nous avons voulu simplement attirer V attention che^ nous sur ce genre de recherches, et les faciliter en présentant un essai de classification.

Notre livre sera sans doute bien accueilli des savants qui étudient la démopsychologie, mais nous croyons pouvoir arriver aussi à un public beaucoup plus nombreux; nous voulons parler de toutes les personnes cultivées qui se souviennent d'avoir été jeunes, et qui ne retrouveront pas sans émotion les phrases au balancement sonore et cadencé, au sens va^ue et inachevé, qui les ont charmées au temps

AVANT-PROPOS ÎIl

lointain de leur enfance, car, comme Va dit un poète messin, proche parent du collectionneur de ces rimeites :

Est-il une rive Oà jamais n'arrive La rumeur plaintive Des jours écoulés ? (i)

Eug. Rolland.

Avril (gentil) 1883.

(i) Adolphe Rolland, Souvenirs. Meii^ 18)6.

BERCEUSES

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