LES ÉVENTAILS
Plusieurs petites filles forment un rond assises sur des chaises; une autre se tient debout au milieu d'elles^ et le dialogue suivant s'engage ;
JEUX BT FORMUL&TTHS lyE JBUX I47
-^ Jt 'viens da marché.
— Qji'avcz-vous acheté ?
•— Un éventail (à ce moi^ les enfants agitent [leur main droite en guise d'éventail),
— Je viens du marché.
— Qji'avez-vous acheté ?
— Deux éventails (il remuent les deux mains
\en même temjs).
On remue successivement les deux mains et un pied, les deux mains et les deux pieds> les deux mains, les deux pieds et la tête, les deux mains, les deux pieds, la tète et la langue, en disant : troiSy quatre, cinq^ six éventails. Tout cela doit se débiter très-sérieusement, sous peine de gages.
Sein^et-Oisi,
X8. — KADAXB AMGOT
La sodété se forme en cerde. Celui qui dirige le jeu annonce qu'il va faire le rédt lamentable de diâérents accidents que la pauvre madame Ângot a essuyés. Puis il entre en matière. Il brode le mieux qu'il peut son histoire; et, à chaque aventure, il suppose qu'il est survenu une infirmité à son héroïne, et que toutes ces infirmités lui ont mis successivement en mouvement quelque partie du corps : d'abord, c'est un branlement de tête, puis un clignement d'yeux, puis
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^un tournement de bouche, puis un remuement du bras droit, ainsi de suite jusqu'au remuement des pieds. A chaque infirmité qu'annonce le directeur du jeu, il imite le mouvement qu'elle a produit chez son héroïne, et chaque persontîe est obligée de faire comme lui, sous peine de donner un gage. Ces tètes, ces bras, ces jambes qui s'agitent par gradation, ces bouches de travers, ces yeux clignotants, tout cela produit un effet très-comique. Enfin la pauvre madame Angot ne saurait résister à tant de maux ; son historien la fait mourir, et il invite la société à lui faire des obsèques dignes de sa célébrité. Les mouvements cessent; on fait un demi-tour à droite; le directeur du jeu donne le signal du départ ; et chacim tenant son siège à deux mains, le traîne autour de la chambre en suivant son voisin, jusqu'à ce que tout le monde se retrouve à sa place. On conçoit que si ces funérailles n'ont pas beaucoup de pompe, elles sont au moins trèsbruyantes.
Manuel des sorciers^ suivi des Petits jeux de soàéH. Paris, 1820, m-12.