LES HEURES
Funèbre? non. Quelle caresse Vaut le sommeil sans lendemain?
Vienne Theure, pâle maîtresse Qu'(jn espère jamais en vain !
Elle viendra, consolatrice, Tarir la source des remords :
Nulle passion tentatrice Ne trouble le repos des morts.
Ces heures, pleines d'espérance, De terreur ou de volupté, Ne sont pourtant qu'une apparence, Un rêve sans réalité.
LES HEURES. Sg
Le temps, l'espace : vain mirage, Mots creux auxquels rien ne répond; Bruit de la vague sur la plage, Du caillou dans le puits profond !
Avec le mètre et Theure, infime, L'homme prétend jauger les mers Dont l'infini creuse l'abîme.
Qui pour flots ont des univers !
Sonnez, sonnez, Heures futiles.
Mensonge par l'homme inventé!
Résonnez ! vos sons inutiles Se perdent dans l'éternité.
SyEVA 31 A TER AMORUM
A Madame***
Pu m'as persécuté toujours dans ta colère ;
Tu n'as pas pardonné, O Vénus ! qu'au grand art, à l'étude sévère
Mon cœur se fût donné;
ICt tu m'as mis au flanc la chimère éternelle
De ridéal rêvé :
L'amour pur comme l'eau des lacs, profond comme elle,
Que je n'ai pas trouvé.
SyEVA MATfJR AMORUM.
Qui sait? pour vivre lieureux dans les bras de la feniir
Et protégé par toi, Fille des flots aniers ! peut-être au fond de l'âme
Faut-il avoir la toi,
Ne pas chercher un cœur pareil au sien, qui batte Toujours à l'unisson,
Se contenter de la poupée, et quand on gratte- Rire en vovant le son ;
Croire quand même, alors que Tetironté mensonge Vient nous crever les yeux,
Prendre pour vérité ce qui n'est qu'un vain songe Et l'enfer pour les cieux;
Oublier tout, ne voir que la femme en ce monde, j
Se coucher sur le seuil Et sous un pied vainqueur jusqu'en la boue immonde
Abattre son orgueil.