STROPHES
LA LIBELLULE
Près de l'étang, sur la prèle Vole, agaçant le désir.
La Libellule au corps frêle Qu'on voudrait en vain saisir.
Est-ce une chimère, un rêve
Que traverse un rayon d'or?
Tout à coup elle fait trêve
A son lumineux essor.
LA LIBELLULE
Elle part, clic se pose, Apparaît dans un éclair Et fuit, dédaignant la rose Pour le lotus froid et clair.
A la fois puissante et libre.
Sœur du vent, fille du ciel.
Son aile frissonne et vibre Comme le luth d'Ariel.
Fugitive, transparente.
Faite d'azur et de nuit.
Elle semble une àme errante Sur Teau qui dans l'ombre luit.
Radieuse elle se joue 'Sur les lotus entr'ouverts.
Comme un baiser sur la joue De la Naiade aux veux verts.
LA LIBELLULE
Que cherche-t-elle? une proie.
Sa devise est : cruauté.
Le carnage met en joie Son implacable beauté.