SCÈNE DEUXIÈME
Me revêt de splendeur. — La Furie Alecton, Noire comme la nuit, sèche comme un bâton, Serait méconnaissable à l'œil le plus sagace ; Elle est Nymphe de pied en cap, Nymphe de race!
— Lasse à la fin de faire endurer des tourments Aux morts, je veux aussi tourmenter les vivants, Et l'amour malheureux est leur plus grand supplice ! C'est pourquoi j'ai voulu la beauté. — Mon caprice A fait rire Pluton sur son trône de jais.
— Je te donne congé, m'a-t-il dit. Va-t'en! mais Crains les jeunes amants dont la fierté superbe Fleurira sur tes pas comme chardons dans l'herbe! Qu'un seul prenne un baiser sur ton joli menton Et la Nymphe aussitôt redevient Alecton.
— Un baiser! et pourquoi le laisserais-je prendre? Parce que je suis belle, en serai-je plus tendre?
Je méprise l'amour : son charme tant vanté Me semble fade ainsi que l'eau du froid Léthé. Des feux s'allumeront aux rayons de ma face. Mais ils ne fondront pas mon cœur : il est de glace A jamais...
BOTRIOCKPHAI.E.