‹ Rimes familières (volume 2)Chapitre 30 sur 31 · SCÈNE TROISIEME. i · texte numérisé non relu

SCÈNE TROISIEME. i

BOTRIOCEPHALE. *

Et le tien; quel est-il?

A L E c T o N, évasivement.

Nymphe des bois.

Charme-moi. Fais entendre un peu ta grosse voix, Chante !

BOTRIOCEPHALE.

Dans le gosier j'ai là comme une arête Qui, si je veux chanter, à tout instant m'arrête; Et la chèvre Amalthée est comme un rossignol Auprès de moi.

Pour me distraire, attrape au vol Des papillons... ou danse en jouant de la flûte!

BOTRIOCEPHALE .

Danser! je ne saurais; à chaque pas je bute.

Je le veux! danse !

BOTRIOCEPHALE.

Mais je n'ai jamais dansé ' Je ne sais pas danser!

126 BOTRIOCEPHALE.

ALECTON

Mon cher Botriocéphale, en invoquant la divine Terpsichore, Jeune comme tu Tes, tu peux apprendre encore L'art de la danse; il n'est que la première fois Qui coûte ! mais si tu refuses, dans les bois Je prends ma course et fuis jusqu'à perte d'haleine; Tu ne me joindras pas, courant conime Silène Quand il est ivre; et tu feras en vain des vœux Pour me revoir. Adieu pour toujours!

BOTRIOCEPHALE.

Tu le veux!

// danse. Alecton qui le contemple avec une admiration croissante, arrive peu à peu à une exaltation extraordinaire.

ALECTON. à part.

Ah ! pourquoi l'ai-je fait danser?... je suis perdue! A connaître l'amour serais-je descendue?

Quel émoi! quel trouble! et quelle insolite ardeur Me dévore ! je brûle !

Avec passion.

Ah ! c'est trop de laideur!

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