SCÈNE TROISIEME. i
BOTRIOCEPHALE. *
Et le tien; quel est-il?
A L E c T o N, évasivement.
Nymphe des bois.
Charme-moi. Fais entendre un peu ta grosse voix, Chante !
BOTRIOCEPHALE.
Dans le gosier j'ai là comme une arête Qui, si je veux chanter, à tout instant m'arrête; Et la chèvre Amalthée est comme un rossignol Auprès de moi.
Pour me distraire, attrape au vol Des papillons... ou danse en jouant de la flûte!
BOTRIOCEPHALE .
Danser! je ne saurais; à chaque pas je bute.
Je le veux! danse !
BOTRIOCEPHALE.
Mais je n'ai jamais dansé ' Je ne sais pas danser!
126 BOTRIOCEPHALE.
ALECTON
Mon cher Botriocéphale, en invoquant la divine Terpsichore, Jeune comme tu Tes, tu peux apprendre encore L'art de la danse; il n'est que la première fois Qui coûte ! mais si tu refuses, dans les bois Je prends ma course et fuis jusqu'à perte d'haleine; Tu ne me joindras pas, courant conime Silène Quand il est ivre; et tu feras en vain des vœux Pour me revoir. Adieu pour toujours!
BOTRIOCEPHALE.
Tu le veux!
// danse. Alecton qui le contemple avec une admiration croissante, arrive peu à peu à une exaltation extraordinaire.
ALECTON. à part.
Ah ! pourquoi l'ai-je fait danser?... je suis perdue! A connaître l'amour serais-je descendue?
Quel émoi! quel trouble! et quelle insolite ardeur Me dévore ! je brûle !
Avec passion.
Ah ! c'est trop de laideur!