A M. GABRIEL FAURE
Des accords savoureux, inouïs, téméraires, Semant un vague effroi,
Apportant un écho des surhumaines sphères, Inconnus avant toi.
Mais l'essaim de mes vers, tourbillonnant, farouche.
Sur elle s'abattra.
Obstruant les tuvaux; le sens deviendra louche
Des sons quelle émettra ;
Puis, Jouet inutile entre tes mains d'athlète,
La flûte se taira.
O vengeance terrible et dont l'ingrat poète
Le premier gémira !
Car. pour lui, le retour de la rose ingénue Après l'hiver méchant,
Après un jour brûlant la fraîcheur revenue Ne valent pas ton chant!