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SI JEUNESSE SAVAIT, SI VIEILLESSE POUVAIT

Si jeunesse savait ce que vaut la jeunes»;, tomme les jeunes gens aimeraient leur maîtresse

Et comme ils fouleraient, au £re de la saison, Les plumes de l'alcôve et les fleurs du gazon !

so

Les cavaliers épris, les compagnes jalouses

Passeraient le printemps à courir les pelouses,

Et l'hiver à fêter, sous les triples rideaux,

Le Champagne à la glace et l'amour aux flambeaux :

Et l'on appellerait le plus digne d'envie

L'amant de belle humeur el de joyeuse vie

Qui changerait la table et le lit en autels,

Pour y traiter en dieux tous ses péchés mortels.

Si vieillesse pouvait réparer la vieillesse, Comme elle reviendrait aux jours de la jeunesse ! Et comme les vieillards, rivaux de leurs enfants, Déclineraient l'honneur d'avoir des cheveux blancs î Alors on les verrait, ces nouveaux jeunes hommes, Sur les plus fiers coursiers paraître aux hippodromes, Avaler à longs traits les grands vins généreux; Et les rois du festin ce seraient toujours eux. Eux, toujours les premiers à provoquer l'ivresse.

Coupe en main porteraient des toasts à la sagesse Et le plus sape alors serait le mieux appris En amour comme à table à tenir les paris.

Si jeunesse savait ce que vaut la jeunesse; Si vieillesse pouvait réparer la vieillesse; Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait.

Que de fronts couronnés sur des lits de duvet!

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