UNE FLAMME
Chasseurs pris par la nuit, chasseurs lourds do gibier. Nous rentrons au pays par un môme sentier.
— Mais là bas quelle flamme brille?...
L'un de nous, fermier, dit : « — Au sommet du coteau
C'est Lucas, le berger gardien de mon troupeau, Dont le feu de sarment pétille. »»
Un marguillier répond : « — Voisin, sans vous Tacher, C'est la lune qui frappe au faite du clocher Notre coq perché sur l'aiguille. »
Le maire de l'endroit poursuit : « — C'est un brûlot; C'est un brandon d'émeute, un signal de complot. Ça, gendarmes, qu'on les fusille! »
« — Erreur, mes bons messieurs, reprend un magister; Hegardez-le marcher, c'est le grand Jupiter : L'astre errant à vos yeux scintille. »
Moi tout bas à mon cœur j'ai dit : — C'est un flambeau, C'est la cire qui brûle au balcon du château, Dans les mains de la jeune fille.
Le nocturne fanal, complice de l'amour, Annonce au gai chasseur qu'on l'attend au retour. Minuit sonnant, près de la grille.