LE DÉLAISSÉ
J*étais un jour dans un jardin Où fleurissait un beau jasmin ; £n se penchant sur mon chemin La blanche fleur avec tendresse Me dit : Prends-moi pour ta maîtresse!
Une maîtresse !
Hélas, hélas!
Pauvre garçon, je a'en ai pas!
Un joyeux chantre du matin Vint s*abattre près du jasmin Et dit en son joli latin :
Écoute cet air de tendresse, Afin d'en charmer ta maîtresse !
Une maîtresse !
Hélas, hélas!
Pauvre garçon, je n'en ai pas!
Doux rossignol et blanc jasmin, Pour un plus fortuné destin Conservez votre baume tin Et vos chauts d'amoureuse ivresse ; Pour moi, je n'ai plus de maîtresse !
Âh ! ma maîtresse !
Hélas, hélas !
Le ciel ne me le rendra pas.
Entendu dans les Vosges.