‹ Rimes légères: chansons et odelettesChapitre 8 sur 45 · TOAST AU PRINTEMPS · texte numérisé non relu

TOAST AU PRINTEMPS

GHAZEL.

Voici venir le temps des roses, Pour célébrer ces douces choses, Allons ! qu'on m'apporte du vin !

Peut-on voir quand naissent les roses Un verre droit sans qu'il soit plein !

Je hais par-dessus toutes choses Les fî^MX airs de rifçidilé,

L'hypocrisie aux lèvres closes Affectant la sobriété ; Mais j'aime que l'humanilé Suive le mouvement des choses, Qu'un cœur épanche sa gaieté Quand nature est en liberté :

Buvons ! voici le temps des roses !

Inspiré d'Hafiz.

CIEL ET GCEUK

Voyez, ami, combien le ciel est grand !

Mon œil est las d'en parcourir les cimes Car il contient plus d'étoiles sublimes Que de cailloux les bords de l'Océan.

Oui, je le vois, c'est l'immensité même; Eh bien ! ce ciel si vaste, dans mon sein Tout en entier tiendra le jour divin Où votre cœur m'aura dit : Je vous aime.

Pensée de Bettine.

LE PETIT DORMEUI^

Dans le bois sombre en arrivani Nous vîmes sur Therbe un en fan i

Qui reposait à l'aise :

11 était nud, il était beau, Ailé comme un petit oiseau,

Rose comme une fraise.

Nous finies cercle autour de lui Et nous radmirâmes sans bruit

Pour respecter son somme ; Mais Thisbé, cœur malicieux, Sur le sein de Tenfant heureux

Fit rouler une pomme.

Soudain le dormeur frémissant S'éveille, et sur pied se dressant

Nous regarde en colère ; Puis, avisant dans le troupeau Celle qui ricanait tout haut

De sa douleur amère :

« Méchante, pourquoi nV éveiller Et surtout ton cœur égayer

De ma peine profonde ?

Sache-le bien, je suis T Amour :

Quiconque m'éveille, à son tour.

Ne dort plus on ce monde. »

Il dti et, des ailes battant, Reprit vers le ciel scintillant

Sa course fugitive; Et nous, en folâtrant, du bois Nous sortîmes ; mais cette fois

Thisbé marchait pensive.

LA FUITE INTÉIIESSÉE

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