TOAST AU PRINTEMPS
GHAZEL.
Voici venir le temps des roses, Pour célébrer ces douces choses, Allons ! qu'on m'apporte du vin !
Peut-on voir quand naissent les roses Un verre droit sans qu'il soit plein !
Je hais par-dessus toutes choses Les fî^MX airs de rifçidilé,
L'hypocrisie aux lèvres closes Affectant la sobriété ; Mais j'aime que l'humanilé Suive le mouvement des choses, Qu'un cœur épanche sa gaieté Quand nature est en liberté :
Buvons ! voici le temps des roses !
Inspiré d'Hafiz.
CIEL ET GCEUK
Voyez, ami, combien le ciel est grand !
Mon œil est las d'en parcourir les cimes Car il contient plus d'étoiles sublimes Que de cailloux les bords de l'Océan.
Oui, je le vois, c'est l'immensité même; Eh bien ! ce ciel si vaste, dans mon sein Tout en entier tiendra le jour divin Où votre cœur m'aura dit : Je vous aime.
Pensée de Bettine.
LE PETIT DORMEUI^
Dans le bois sombre en arrivani Nous vîmes sur Therbe un en fan i
Qui reposait à l'aise :
11 était nud, il était beau, Ailé comme un petit oiseau,
Rose comme une fraise.
Nous finies cercle autour de lui Et nous radmirâmes sans bruit
Pour respecter son somme ; Mais Thisbé, cœur malicieux, Sur le sein de Tenfant heureux
Fit rouler une pomme.
Soudain le dormeur frémissant S'éveille, et sur pied se dressant
Nous regarde en colère ; Puis, avisant dans le troupeau Celle qui ricanait tout haut
De sa douleur amère :
« Méchante, pourquoi nV éveiller Et surtout ton cœur égayer
De ma peine profonde ?
Sache-le bien, je suis T Amour :
Quiconque m'éveille, à son tour.
Ne dort plus on ce monde. »
Il dti et, des ailes battant, Reprit vers le ciel scintillant
Sa course fugitive; Et nous, en folâtrant, du bois Nous sortîmes ; mais cette fois
Thisbé marchait pensive.
LA FUITE INTÉIIESSÉE