L'ORÉADE
J'ai perdu le repos, nymphes des montagnes !
mes chères compagnes, Plaignez, plaignez mes maux :
J'ai perdu le repos !
Hélas ! je l'ai perdu
Le jour où sous les ombres
De nos grands chênes sombres
Uu jeune homme inconnu Habiter est venu.
Ce n'est point un grossier Coureur de jeunes filles, Un rôdeur de charmilles, Un méchant chevrier, Un chasseur meurtrier.
C'est un rêveur pieux, Au front pâle et modeste :
Une grâce céleste Réside dans ses yeux Toujours levés atix cieux.
Je ne sais quoi de doux Attire sur sa trace :
Partout devant sa face Les sapins et les houx Soudain s'inclinent tous.
Les oiseaux par essaim Descendent du feuillage, Et la biche sauvage Vient manger dans sa main L'herbe dont elle a faim.
Comme Toiseau, la fleur Et la biche légère, Vers ce doux solitaire Par un charme vainqueur S'est envolé mon cœur.
J'ai perdu le repos, nymphes des montagnes !
mes chères compagnes, Plaignez, plaignez mes maux J'ai perdu le repos !
CHANSON DE MOSGIirS
Henriette aime Julien Qui n^aime que Cornélie, Cornélie aime Adrien Qui ne voit que Rosalie ; Et chaque jeune amoureux Haïssant le cœur qui Taimc Subit la haine, lui-même, Du bel objet de ses feux :
Et tous soDt loin d'être heureux.
Touché des larmes amères Que versent tant d'yeux charmants, Je dis à tous les amants Pleins des ardeurs printanières : Ah ! que de telles misères Vous soient bons enseignements !
Au jeu d'amour, jeu suprême, Les cœurs durs ont du malheur ; Enfants, aimez qui vous aime :
C'est la chance de bonheur.
L'ADEILLK
Dis moi, dis-moi, petite abeille, Où donc t'en vas-tu si matin?
Aucune cime encor vermeille Ne brille sur le mont voisin.
F^es petites lleurs parfumées Dans les buissons dorment, hélas !
Toutes encore bien fermées.
Le corps penché, la tète en bas.
Et toi, tu fatigues ton aile, Déjà tu te mets en cheniin :
Dis-moi, dis-moi, ma chère belle, Où donc t'en vas-tu si matin?
Chercher du miel. — Ah! prends haleine.
Ne t'épuise pas k courir ; Car je vais t' apprendre où sans peine Tu pourras toujours en cueillir.
Tu connais bien celle que j'aime, Ma Juliette aux si beaux veux ; Ses lèvres ont un charme extrême, Une douceur digne des cieux :
Va donc sur sa bouche vermeille Cueillir le baume des amours ; C'est le miel divin, chère abeille !
Suce-le bien, suce toujours.
Imité do Sicilien Meii.