RIS ET CROQU'IS
lants dans des moules préparés, et se transforme en un ustensile bombé et reluisant. C'est l’industrie à laquelle Gérin-Lajoie rêva durant quelques jours, mais, pour l'écrivain, les minuties du métier n'auraient été que secondaires ; l'intérêt principal se serait concentré sur l'entourage : un intérieur franchement canadien. Quelles belles scènes, un observateur comme Gérin-Lajoie nous aurait fait admirer, quelles naïves légendes son talent de conteur nous aurait transmises de la bouche même de l’aïeul racontant à la veillée : ses impressions de jeunesse, ses souvenirs d’autrefois ! La vie paisible de la campagne n'aurait pas eu de secrets pour l’auteur de /ean Rivard, mais ce projet, comme beaucoup d’autres :
du monde où les plus belle choses Ont le pire destin,
ne fut pas exécuté. On y a peut-être perdu beaucoup, mais consolons-nous en songeant, que les
peintures trop exactes, trop réalistes, ravissent
souvent au paysage l’auréole qui illumine sa beau
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forme nduselques lu mét prinun inbelles ie nous les son s de la veillée :
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té, en lui enlevant son charme principal : le prisme poétique.
Gérin-Lajoie fut aussi l’un des fondateurs et l'un des directeurs des Soirées Canadiennes et du Foyer Canadien : revues qui se partagèrent la publication de son œuvre principale: /ean ÆRivard que Ze Monde, de Paris, ne tarda pas à reproduire.
C’est le 4 août 1882, jour anniversaire de sa naissance, que mourut à Ottawa, cet écrivain que tout regrettent, ce patriote dont le nom passera à la postérité avec une réputation intacte, car, si quelqu'un a souillé sa plume, ce n’est pas lui : chrétien fervent, il n’a jamais eu honte de proclamer hautement ses croyances religieuses.
Quand les principaux personnages d’une œuvre d'imagination proclament la sublimité de la loi divine ; quand un Jean Rivard ne craint point de lire l’Zmitation de Jésus-Christ, au sein même de la forêt ; quand plus tard, au faîte des honneurs, ce héros défricheur ne fait rien en matière religieuse, sans consulter préalablement l’au-
torité ecclésiastique : on peut s’écrier avec raison que l’auteur d’un tel ouvrage est un véritable croyant.
Antoine Gérin-Lajoie a donc consacré toute sa vie au culte de la plus noble de nos devises : Religion, Famille et Patrie, (x) et l’on peut dire queses œuvres ont toujours eu pour but de montrer que son patriotisme savait apprécier les nobles accents de cette strophe
bien connue:
Tous les jours, l’Europe se vante, Des chefs-d’œuvre de ses auteurs Comme elle, ce pays enfante Journaux, poètes, orateurs ;
En vain le préjugé nous crie :
Cédez le pas au monde ancier ; Moi, je préfère ma patrie, Avant tout, je suis Canadien !
(1) Ceux qui désireraient connaître plus intimement M. A. Gérin-Lajoie, peuvent lire avec truit, la biographie de ce dernier, par M. l’’abbé H. R, Casgrain (Œuvres complètes, Tome II, Biographies canadiennes, pg. 431, ed. 1885) Cette biographie, la plus complète jusqu'ici offre au lecteur l’insigne avantage de pouvoir parcourir une grande partie des Mémoires de Gérin-Lajoie,
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Depuis longtemps, Gérin-Lajoie déplorait le triste sort des nombreux fils de cultivateurs, qui quittaient leurs foyers pour aller faire profiter les pays voisins, des ressources de leurs bras robustes. Il eut un jour une idée lumineuse, patriotique. Il écrivit un magnifique plaidoyer en faveur de la colonisation. Ce plaidoyer, c'est Jean Rivard, car, on ne saurait donner le nom de roman à un livre qui repose sur des faits réels, et dont le héros réunit en lui seul, les admirables qualités que l’on retrouve chez certains agriculteurs nommés à la suite de /ean Rivard, Economiste, dans le Foyer Canadien. C'est, d’ailleurs, ce que Gérin-Lajoie avouait lui-même dans son introduction :
‘“ Jeunes et belles citadines qui ne rêvez que modes, bals et conquêtes amoureuses ; jeunes élégants qui parcourez, joyeux et sans soucis, le cercle des plaisirs mondains, il va sans dire que
cette histoire n’est pas pour vous... Ce n’est
pas un roman que j'écris, et, si quelqu'un est à la recherche d'aventures merveilleuses, duels, meurtres, suicides ou d’intrigues d’amour tant
soit peu compliquées, je lui conseille amicale-
ment de s'adresser ailleurs.”
Jean Rivaurd n'est donc pas un de ces récits fantaisistes et énervants où l’on voit les passions, à leur paroxysme, se heurter avec bruit, comme les vagues d’une mer tumultueuse, c’est plutôt une esquisse fidèle de la vie énergique et laborieuse d’un jeune défricheur car adien, vie uniforme et paisible comme un petit lac au fond des bois.
Jean Rivard est un type, le type de ces hardis pionniers qui ne craignent point de s’enfoncer dans les forêts vierges, de s'attaquer à leur arbres géants, de rabattre la fierté de leurs cimes orgueilleuses, d’habituer leurs branches élancées à devenir utiles, en s’effaçant pour se transformer en habitations rustiques, en villages florissants, puis en opulentes cités, après avoir laissé leurs panaches verdoyants se bercer si longtemps, o1sifs dans l’espace.
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Le livre de Gérin-Lajoie est presque une épopée. Jean Rivard n'est-il pas un héros par sa force et par sa constance? Doter sa patrie de nouveaux établissements, en frayant un chemin à la civilisation, est-elle une entreprise sans grandeur, et toutes les actions qui émaillent ce récit national, ne concourent-elles pas à la réalisation de cette belle entreprise ? N'y a-t-il pas des personnages principaux et secondaires ; Jean Rivard n'est-il pas l’âme du récit ?
Il y a deux phases, nettement définies, dans la vie de Jean Rivard : la phase du défricheur et celle de l’'économiste. Voyons d’abord la première, et faisans connaissance avec les personnages que l’on y rencontre. Nous connaissions déjà Jean Rivard de nom, mais Gérin-Lajoie va nous le faire connaître plus intimement :
“ A l’époque où se passent les faits qu’on va lire, il approchait de la vingtaine. C'était un beau jeune homme brun, de taille moyenne. Sa figure mâle et ferme, son épaisse chevelure, ses larges et fortes épaules, mais surtout des yeux
noirs, étincelants, dans lesquels on lisait une in-
domptable force de volonté, tout cela joint à une âme ardente, à un cœur chaud et à beaucoup d'intelligence, faisait de Jean Rivard un caractère remarquable et véritablement attachant. Trois mois passés au sein d’une grande cité, entre les mains d’un tailleur à la mode, d’un coiffeur, d’un bottier, d’un maître de danse et un peu de fréquentation de ce qu'on est convenu d'appeler le grand monde, en eussent fait un élégant, un fashionable, un dandy, un cavalier dont les plus belles jeunes filles eussent raff: 6.”
Après Jean Rivard, vient Pierre Gagnon, son intendant, son compagnon de solitude : “ un de ces hommes d’une gaîté intarissable, qui conservent leur bonne humeur dans les circonstances les plus difficiles. Il s’endormait le soir en badinant et se levait le matin en chantant. Il savait par cœur tontes les chansons du pays, depuis la Claire fontaine et Par derrière chez ma tante jusqu'aux chansons modernes et les chantait à qui voulait l'entendre, souvent même sans qu’on
ne inint à beau- -d un attarande , d’un ise et onveait un ivalier ff. 6.” n, son un de onsertances badisavait puis la tante ntait à
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l'y invitât... Il pouvait de plus raconter toutes les histoires de loups-garous et de revenants qui se transmettent d’une génération à l’autre parmi les populations des campagnes. Il récitait sans en omettre une syllabe, l’éloge funèbre de Michel Morin, bedeau de l’église de Beauséjour, le contrat de mariage entre Jean Couché debout et Jacqueline Doucette etc. et nombre d’autres pièces et contes conservés jusqu’à ce jour, dans la mémoire des enfants du peuple.”
Nommons encore : M. l’abbé Leblanc, curé de Grandpré, M. Lacasse et le père Latour, qui rempliront successivement le rôle de Mentor auprès du jeune héros, puis enfin admirons, comme un coin de ciel bleu sur un horizon assombri: une fraîche figure de jeune fille, jolie blonde de dix-sept ans, aux joues roses et aux grands yeux bleus : Marie Louise Routier, qui plus tard, sous le nom de Mn® Jean Rivard contribuera pour beaucoup, à la merveilleuse prospérité de l’époux de son choix.
Les principaux personnages nous étant maintenant connus, résumons rapidement les faits.
Par suite de circonstances imprévues, Jean Rivard, l'aîné d’une nombreuse famille, demeurant dans une paroiïsse de la vallée du lac St.
Pierre, avait dû quitter le collège en rhétorique.
Anxieux de venir en aide à sa famille au plus tôt, et de se créer une position quelconque, il avait songé à étudier le droit, mais, sur les représentations de M. l'abbé Leblanc, qui lui fit une peinture peu flatteuse des avocats, et lui démoncra l’imprudence qu’il yaurait à courir deux lièvres durant sa cléricature : d’être à la fois étudiant et instituteur—on ne parlait pas encore des sténographes —il se décida à embrasser la carrière agricole. N'ayant que cinquante louis pour tout héritage, mais fort de la devise: Labor improbus omnia vincit, il obtint cent acres de terre dans le canton de Bristol et s’engagea résolument, la hache du défricheur sur l'épaule, dans les sombres profondeurs des bois, avec Pierre Gagnon, dont il s'était assuré les services.
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Alors commencent les travaux du défrichement; les arbres de la forêt tombent les uns après les autres, sous les coups répétés d’un acier infatigable, qui ne cesse de saper leurs troncs aux rugueuses nervures qu’à l'hiver, pour recommencer la même tâche ardue au premier souffle de la brise printanière.
Mais que faisaient nos défricheurs durant la froide saison ; comment Jean Rivard, frais émoulu du collège, et se rappelant encore les heures bruyantes et animées de la récréation, pouvaitil s’habituer à cet insolement, sans transition ? comment Pierre Gagnon pouvait-il se résoudre à raconter ses histoires drôlatiques aux pièces superposées et mal jointes de leur habitation provisoire, quaud :il entendait le hêtre gémir sous le givre qui emprisonnait ses branches et la rafale entonner son lugubre refrain ?
Chassons nos inquiétudes. Jean Rivard avait son talisman contre l’ennui : il écrivait un journal de ses opérations et de ses pensées intimes, ou bien lisait, le dimanche : quelques passages de
CS
l’Zmitation de Jésus-Christ, la semaine : V'Æistoire populaire de Napoléon 7, les aventures de Don Quichotte de la Manche ou celles de Xobinson Crusoé. Pierre Gagnon raffolait de ces lectures et les écoutait avec une attention qui frisait l’extase.
L’ennui, toutefois, remportait bien des petites victoires morales, mais pas souvent, et le dimanche seulement, car, en ce jour de repos, Jean Rivard s’oubliait, et laissait sa pensée s'envoler au loin vers sa famille, vers son village natal, où l’imagination lui faisait voir ses amis d’enfance, promenant leurs blondes dans leurs belles carrioles ; il regrettait alors les petites veillées chez le père Routier, et surtout, l'office divin et le prône de son curé.
Le printemps arrive enfin avec ses brises tièdes, ses ondes bleu de ciel, ses feuilles vertes et ses chantres ailés ; les défricheurs se remettent à l’œuvre, et, quand vint l'heure de la semence, Jean Rivard put ensemercer quinze arpents de
terre. Enhardis j ar le nob'e exemple du jeune
Histoires de Robines lecqui fri-
petites dimans, Jean envoler atal, où nfance, LS carris chez le le prône
ises tièertes et Lettent à emence, bents de u jeune
pionnier, de nouveaux colons viennent se fixer dans le canton de Bristol.
La première moisson de Jean Rivard est abondante, et encouragé par ses premiers succès, il passe un nouvel hiver dans le canton de Bristol. La moisson de la deuxième année dépasse son attente, il a déjà économisé cinq cent louis ; une corvée lui assure une habitation confortable, un grand événement approche, la question du mariage se pose et se résout, et Jean Rivard en épousant Marie-Louise Routier ferme le livre du Défricheur pour ouvrir celui de l'Économiste.
L'horizon du Défricheur était rembruni. On n'y voyait que des grands arbres: des frênes blancs, des hêtres’à l'écorce grisâtre, des merisiers, des sapins gigantesques couvrant, de leurs bras immenses, de vaste domaines sans culture. Il n’y avait point'de clairières, point d'habitations coquettes pour égayer le sombre paysage des bois |
L'horizon de l'Évonomiste est beaucoup plus attrayant. On voit une éclaircie de trente à qua-
rante acres, et au milieu, une blanche maisonnette à l'apparence proprette et gaie, où Jean Rivard et Louise voient leur lune de miel se renouveler sans cesse. La suite des événements introduit sur la scène de nouveaux personnages. Saluons d’abord Octave Doucet, condisciple de Jean Rivard, et le premier curé de la mission de Rivardville : à
‘ Ce qui le distinguait surtout, c'était sa nature franche et sympathique... Personne n'était mieux fait pour consoler les malheureux ; aussi
avait-il constamment dans sa chambre de pau-
vres affligés qui venaient lui raconter leurs cha-
grins et chercher des remèdes à leurs maux.
Jamais il ne rébutait personne ; au contraire, c'était avec le doux nom d’ami, de frère, d’enfant, de père, qu’il accueillait tous ceux qui s’adressaient à lui...”
Il n'avait qu'un défaut. Il fumait. Jean Rivard lui faisait en vain des remontrances à ce sujet. Le bon Octave Doucet faisait carême durant deux ou trois jours, puis, la quatrième jour-
onnetin kRirenousintroes, Saple de ion de e a natun’était aussi e paus chamaux.
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an Ris à ce
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ne jour-
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née, la pipe se retrouvait et ses bonnes résolutions s'enfuyaient, vaincues par les spirales de fumée victorieuses. Gardons-nous bien de sympathiser avec Gendreau, surnommé le ?/aideux, un personnage que l’on rencontre partout, mais sous des noms différents: “l'esprit de contradiction incarnée, le génie de l'opposition en chair et en os,.. Il avait gaspillé en procès un héritage qui eût suffi à le rendre indépendant sous le rapport de la fortune... Contrecarrer les desseins d’autrui, dénaturer les meilleures intentions, nuire à la réussite des projets les plus utiles, s’agiter, crier, tempêter chaque fois qu'il s'agissait de quelqu'un ou de quelque chose, telle semblait être sa mission. Dans la paroisse où il demaurait avant d’émigrer à Bristol, il avait été pendant vingt ans en guerre avec ses voisins, pour des questions de bornage, de découvert, de cours d'eau, pour de prétendus dommages causés par des animaux ou des volailles et pour mille autres réclamations que son esprit fertile se plaisait à
inventer, ..?
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On devine aisément que l’arrivée d’un tel personnage, dans le canton de Bristol, n’était guère rassurante pour Jean Rivard et l'avenir saura le prouver.
Le mouvement colonisateur inauguré dans les
pages de /ean Rivard, Défricheur, s'accentue davantage dans celles de /ean ÆRivard, Economiste. Les colons arrivent de tous côtés, les habitations sortent de terre comme par enchantement, on construit des moulins à farine et à scie, une église est érigée, et bientôt le canton de Bristol donne naissance au joli village de Rivardville, La population se multipliant, on organise un gouvernement municipal régulier et Jean Rivard est élu maire de son village, puis commissaire d'école, puis enfin député à la législature. Il eut bien parfois des luttes à soutenir contre Gendreau et ses satellites qui jettèrent feu et flamme lorsqu'il fut question de choisir le site du temple divin, puis d'établir des écoles, époque où Gendreau réussit malheureusement à supplanter Jean Rivard, comme commissaire pour
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quelque temps, mais, grâce à l'appui de Gustave Doucet, curé de Rivardville, et 4 la faveur populaire qui revint plus fidèle qu“ jamais au jeune fondateur, il put surmonter tous les obstacles et mener à bonne fin ses sages réformes en fait d'agriculture, d'éducation, etc.
Un fait qui prouve bien la popularité dont jouissait Jean Rivard dans son village, c’est son élection comme député. Son adversaire, jeune avocat plein d’astuce et d'habileté, qui avait jeté l'or à pleines mains pour se faire élire, n'avait eu qu’une voix dans Rivardville, celle de Gendreau le Plaideux. Son mandat expiré, Jean Rivard dégoûté de la vie parlementaire et des tactiques équivoques et déloyales des députés en général, qui ne se laissaient guider que par l’esprit de parti, ne brigua plus les suffrages et se retira dans la vie privée, malgré les vives exhortations de ses électeurs.
Tels sont les faits qui expliquent comment, quinze ans après, nous retrouvons Jean Rivard
dans un vaste logement à deux étages, bâti en
briques, entouré d’un beau parterre de gazon et de fleurs, où le jeune défricheur d'autrefois se repose de ses fatigues auprès de sa femme et de sa petite famille, partageant son temps entre la culture et l'étude, la pratique et la théorie,
‘“ Je vis à ma gauche, dit l’auteur, dans le récit d’une halte qu’il fit au village de Jean Rivard, le joli village de Rivardville, qu'on aurait pu sans arrogance décorer du nom de ville. Il se composait de plus d’une centaine de maisons éparses sur une dizaine de rues d’une régularité parfaite. Un grand nombre d’arbres plantés le long des rues et autour des habitations donnaient à la localité une apparence de fraîcheur et de gaieté.”
‘ On voyait tout le monde, hommes, femmes, jeunes gens, aller et venir, des voitures chargées se croisaient en tous sens ; il y avait enfin dans dans toutes les rues, le travail, l’industrie, que l'on ne rencontre que dans les grandes cités commerciales.”
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le réivard, ait pu , je 1a150N5 rularité ntés le naient et de
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glise, superbe bâtiment en pierre, et la maison d'école, assez spacieuse pour mériter le nom de collège ou de couvent...”
En un mot, tout indiquait un village des plus florissants, et ce magnifique résultat, on le devait en grande partie à Jean Rivard, qui n'avait rien négligé pour faire de tout le canton, une paroisse modèle sous tous les rapports, et il y avait réussi au-delà de tout espoir attribuant son succès au choix d'un fonds de terre d’une excellente qualité, à une forte santé, au travail, à une surveillance attentive basée sur l’ordre et sur l’économie, enfin à l'habitude de tenir un journal et un registre de ses recettes et de ses dépenses.
Nous pouvons ajouter avec Gérin-Lajoie, que Mme Rivard contribua aussi beaucoup à la prospérité du fondateur de Rivardville, par les soins affectueux qu’elle lui prodigua, par ses heureuses qualités du cœur et de l'esprit, par ses talents et par son industrie :
“I fallait voir, dit Gérin-Lajoie, cette petite femme proprette, active, industrieuse, aller et
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