‹ Ris et croquis [microforme]Chapitre 3 sur 76 · AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AU LECTEUR

contrerez, parfois, un rire presque moqueur, souvent imperceptible : un rés donc, puis, ce que les artistes nomment poétiquement croquis, et que nous traduisons, dans le langage ordinaire, par le mot ébauche.

C'est tout un monde d’ébauches que j'évoque : ébauches littéraires,ébauches critiques, ébauches mondaines ; ébauches, en un mot, telles qu’en peut commettre un auteur qui compte se dérober aux traits des puristes par trop exigeants, en prétextant sa jeunesse et son inexpérience.

Voilà pourquoi je me hâte de livrer au public ces feuillets incolores, alors que la brise est encore favorable, et que l'étoile du cinquième lustre n'est pas encore venu scintiller au ciel de mes années, pour me prévenir que mes fredaines littéraires seront désormais inexcusables.

Puisse le temps me permettre de donner, plus tard, à quelques ébauches de ce recueil, le cadre plus séduisant et mieux agencé du roman de mœurs.

En attendant, j'ai appris que vous n’aviez plus

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AU LECTEUR 7 sommeil, lecteur ; que les rêves roses ne venaient plus voltiger capricieusement autour de votre oreiller blanc, et que vous songiez à remuer ciel et terre, pour découvrir un soporifique quelconque.

Ce soporifique, il est tout trouvé.

C'est mon livre.

Essayez-le seulement, et je suis si certain de l'efficacité de cette pilule d'un nouveau genre,

que je ne vous dis pas adieu, mais au revoir !

Cs M. DUCHARME.

Montréal, le rer septembre 1888.

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