SCÈNE XIV
Lés MÊMES, M. RONDEAU.
M. RONDEAU, accourant.
Arrêtez... arrêtez... Jean... Jean... mon sau-
merite tt
veur.. mon sauveur |! / 77 cherche vainement à les séparer.)
JEAN
Il ainsulté Pégase |
M. SONNET
Il m'a traité d’insolent !
JEAN
Il a dit que Pégase avait volé !
M. SONNET
Il a dit que les poëtes étaient tous des menteurs !
M. RONDEAU, cherchant toujours à les séparer.
Jean... Jean, arrête donc !.…
JEAN et M. SoNNET, continuant à croiser et ensemible.
Je veux qu’il fasse amende honorable. qu’il s'excuse... que le sang coule... qu'il morde la poussière !.…
t à les JEAN, afleint au bras.
Aïe, aïe... mon bras, mon bras. (77 échappe le balai et se laisse tomber sur une chaise.) Ah!
M. RONDEAU
C’est bon pour toi. Il fallait m’écouter. M.
Sonnet, excusez-le. Il est prompt, et quand on
touche à ses amours, il ne se contient plus. ( Z’é-
treignant un instant.) Ah, M. Sonnet, que je
vous suis reconnaissant ! Vous êtes mon bon
ange, vous m'avez sauvé la vie! Eugénie va
avoir son chou de ruban. Elle avait oublié de
A ct me donner la couleur, et j'avais oublié la préposition. C’est entendu, je vous garde à diner ;
éparer. vous resterez avec moi, demain, après-demain, aussi longtemps que vous voudrez. Vous com-
poserez des sonnets en l’honneur d’Eugénie, de
r et en- Pégase, du chou-ruban. Je les paierai leur pesant d’or. Venez que je vous introduise à ma
… qu’il femme. (//s sortent.)
orde la JEAN, se levant.
p Ouf ! quel soulagement ! C’est fini, enfin ; voilà
ee à ee nm mtrmediatptntttintittltile dote
le chou-ruban trouvé et bien trouvé. Il était temps : encore une matinée semblable, et je n’avais plus ma tête sur mes épaules. Mon maître m'a blessé deux fois à la partie sensible, Me Pothier a failli me tuer en renversant ma chaise, enfin, encore un peu que ce grand escogriffe de poète me désarticulait le bras, avec son méchant rondin.. Et M. Rondeau en a-t-il fait des simagrées? Pour un bout de ruban, ma foi, c’est bien trop de cérémonies : courir chez l’épicier, chez le boucher, chez le fruitier, chez le confiseur, chez le pharmacien; requérir les services d’un notaire ; consulter un poète, lui créer une pension viagère. Que de folies...que de folies !... Que serace donc quand il faudra à madame : un fichu, une robe, un chapeau? Cette fois, je suppose, il faudra le médecin, quelques avocats, un huissier, un juge, un détachement de volontaires. Ah!
petit Jean, sors vite d’ici, ils ont failli te
tuer aujourd’hui, demain ils trouveront le moyen de te pendre, et si jamais il te prend fantaisie de
goûter au mariage, sois prudent, mon vieux:
| était
je n’a-
maître le, Me chaise, riffe de 1échant > simaest bien chez le ur, Chez ‘un nopension Due serahu, une e, il fauuissier, es. Ah!
all te : moyen aisie de
vieux :
c’est une Canadienne qu’il te faut, pas une Canadienne qui singe les grandes demoiselles de Paris, et passe son temps à gober des mouches ou à bayer aux corneilles, mais une vraie Canadienne qui sache tout faire, et qui ait le bras solice. Ah! si mon maître m'avait écouté, au lieu de s’arracher les cheveux comme il l’a fait depuis le matin, il chanterait encore dans une lune de miel perpétuelle :
Vive la Canadienne, Vole mon cœur vole, Vive la Canadienne Et ses jolis yeux doux!