‹ RisetteChapitre 17 sur 31 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

ÉVELINA

Allons, viens donc, il est très-glntil !

ANTONIN

Que vous êtes bonne, mademoiselle!... aussi bonne que jolie !

ÉVELINA, bas.

Dites donc, ce n'est pas pour lui faire de ces compliments que je vous l'ai ramenée.

ANTONIN, à part.

Cette fille m'agace.

RISETTE, très-simplement.

Je vous ai boudé, monsieur i^ntonin, j'ai eu tort!.. Vous m'avez demandé la main ce matin, c'est moi qui maintenant demande la vôtre.

ANTONIN

De grand cœur, mademoiselle.

ÉVELINA

Allons, mets-toi à table; veux-tu des côtelettes?

ANTONIN, a\ec empressement.

Où sont les côtelettes?

ÉVELINA

Tiens, il n'y en a plus ! c'est monsieur qui les aura mangées de fond en comble.

Moi, par exemple...

(ils s'asseyent à table.)

ÉVELINA

Tiens, voilà, du saucisson.

Merci ! un biscuit dans un verre de vin de Champagne. (a Éveiina.) Devine ce qui nous est arrivé aujourd'hui.

ÉVELINA

Dame ! cent mille livres de rente.

Peut-être! Une lettre d'Amérique.

ANTON IN, à part.

Fichtre!... (Haut.) Et cette lettre, vous l'avez?

Non ! Elle coûtait trois francs; la portière l'a refusée.

ÉVELINA

Ah! bah! encore une lettre pour demander de l'argent. La portière a bien fait.

Les lettres qui demandent de l'argent sont toujours affranchies. J'ai dit qu'on l'accepte quand elle reviendra... C'est peut-être une fortune qui nous tombe d'Amérique.

Je sais bien ce que je ferais si j'étais millionnaire !

ANTONIN

Ange, que feriez-vous?...

ÉVELINA

J'éclabousserais joliment tous ceux qui m'ont rendu la vie si dure ! Je n'irais plus qu'en coupé!... je ne boirais plus que du Champagne... j'aurais des laquais avec de grandes livrées...

ANTONIN

Et Gigonet, qu'en ferions-nous?

ÉVELINA

Oh ! mais je ne l'oublierais pas ! il serait mon concierge !

ANTONIN

Heureux Gigonet !

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