‹ RITUEL DU DIOCESE DE BELLEYChapitre 13 sur 48 · XII. Quoiqu'il soit vrai de dire que le précepte · texte numérisé non relu

XII. Quoiqu'il soit vrai de dire que le précepte

de la sanctification du dimanche consiste prin«

cipalement à s'abstenir de travail et à assister

au saint sacrifice de la messe , il est vrai aussi

que ceux qui s'en tiennent là, ne sont pa9

exempts de faute (2). Pour remplir les inten-

tions de l'Ëglise 9 et se préserver des dangers

auxquels ils sont exposés pendant ces saints

jours 9 en se livrant aux amusemens et aux plai-*

sirs qui sont provoqués par le désœuvrement ,

les fidèles doivent être empressés de se rendre à

vêpres 9 au catéchisme et au salut 9 visiter les

pauvres et les malades 9 instruire les ignorans 1

faire des lectures en famille 9 et toutes les bonnes

œuvres dont l'occasion se présente.

Les pasteurs doivent employer ces jours-là

ous les moyens que le zèle suggère pour nourrir la piété des fidèles 9 et surtout pour empêcher les jeunes personnes de se livrer à la dissipa-

(I) Voyez les auteurs cités, ibid ^ mais particulièrement les Conférences (V Angers, — (2; Voyez Benoît XIV, Instit. 43 , n. 14 ; — les Confércikccs d'Angers ,. — le Catéchisme de Mo/Upeîlier, 2.^ partie, scct. 3, cbap. 5.

tioii , aux promenades suspectes 5 aux danses ^ etc^ Les confréries , les instructions , les lectures de piété , le chant des cantiques remplissent parfaitement ces objets dans plusieurs paroisses > et produisent des fruits admirables ; mais ea indiquant ces moyens^, nous ne dérogeons point au conseil que nous avons donné plusieurs fois aux pasteurs, de faire des instructions courtes^ «t de ne pas prolonger les offices divins de manière à lasser les fidèles : tous ces exercices doivent être combinés de telle sorte que chacun ait la liberté, d'y rester ou de se retirer.

XIII. La manière de sanctifier les fêtes d'obligation est la même que celle que nous venons d'indiquer pour la sanctification des dimanches.

XIY. Nous défendons expressément d'annoncer les fêtes supprimées comme d'obligation ; nous désirons même qu'on avertisse les fidèles qu'ils ont la liberté de travailler, et qu'ils feraient beaucoup mieux de vaquer au travail ces jours-là^ que de se livrer à des amusemens criminels ou dangereux. Il faut néanmoins les exhorter k assister au saint sacrifice de la messe : il sérail même à propos qu'elle fût dite à l'heure la plus convenable pour qu'ils pussent s'y rendre.

XV. Les fêtes conservéeset qui se célèbrent pendant la semaine 9 sont Noël^ l'Ascension , l'As- SQmption et la Toussaint. La fête de la Cir-

concision est conservée comme fêle de famille , à cause du premier jour de Tan ; la messe n'est pas d'obligation ; mais les pasteurs doivent engager les fidèles à y assister, pour consacrer « Dieu les prémices de leur année ; et comme les travaux sont suspendus ces jours-ià , nous permettons aux pasteurs de chanter la messe et les vêpres. Nous le permettons aussi pour la fêle des Rois ou TEpiphanie.

La Fête-Dieu, la fêle de saint Pierre et^de saint Paul, la fête patronale du diocèse et celle de chaque paroisse sont renvoyées au dimanche.

La Conception et la Nativité de la sainte Vierge , l'Incarnattou de N. S. , la Présentation au temple , les fêtes de saint Jean-Baptiste , de saint Etienne et de saint Jean Tévangéliste ; les lundis de Pâques et de la Pentecôte qui étaient chômés autrefois , ne le sont plus. Il n'y a pas du moins obligation de cesser le travail : mais on ne peut que louer l'usage de certaines paroissesqui chôment le lendemain de Noël et de Pâques», afin de faciliter l'approche des sacremens à ce» deux époques. Les pasteurs pourraient chanter la messe et les vêpres ces jours-là, si les fidèles moor traient de l'empressement à y assister.

Le jeûne de la veille de saint Jean-Baptiste est supprimé ; mais celui de la veille de saint Pierre et saint Paul est d'obligation, et doit être

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observé le samedi qui précède le dimanche où la fête est célébrée.

XVI. Nous recommandons aux pasteurs d'ex* pliquer aux fidèles l'objet des principales fêtes ^ même de celles qui sont supprimées; c'est un des moyens les plus efficaces pour instruire leurs, paroissiens et pour ranimer la piété (i).

TITRE III

Des Offices divins.

Les offices divins, le chant et les cérémonies religieuses sont les moyens indiqués par r£glise pour sanctifier comme il faut les dimanches et les fêtes; ce sont aussi les moyens les plus efficaces pour inspiccr au peuple l'amour de la religion, et même pour l'entretenir des devoirs qu'elle nous impose. Les pasteurs doivent donner tous leurs soins à cette partie de leur ministère.

(I) On trouvera dans le Catéchisme de Montpellier et dans le Catéchisme lûstorique y dogmatique et moral des J'étcs principales , par Meusy, des notions utiles et succinctes. On lira aussi avec fruit la F'ie des Sfun^Si traduite de l'angluis; V Année chrétienne de Croiset ou celle de Grifiet; le Traité historique et dogmatique des fêtes j etc.

Tout le monde sait la vive impression que fit sur Yalens la vue de saint Basile à l'autel (1)9 et tous les jours nous apprenons que nos frères séparés témoignent leurs regrels de ne pouvoir pas prendre part aux processions et aux autres cérémonies religieuses de l'Église catholique (2). Mettoùs à profit cette heureuse disposition ; mais souvenous-nous que les cérémonies ne parlent au cœur que lorsqu'elles sont inspirées et dirigées par le cœur et par l'esprit de piété.

SECTION PRëMKËRE.

Régies générales sur tes Offices divins»

Les pasteurs rappelleront de temps en tempi aux fidèles les avantages précieux qui sont attachés aux prières faites en commun dans 1* église et en union avec tous les fidèles catholiques du monde chrétien, ou plutôt en union avec l'É-^ glise militante 9 souffrante et triomphante, puis* qu'il est de foi que ces trois Églises n'en forment qu'une, dont J. G. est le chef, et dont les membres sont sur la terre ^ dans le purgatoire

(I) Voy. le Dictionnaire historique de Feller, art. yalens, — (2) Voy. le même Dictionnaire , art. *yaiâr« TnaSse et art* Scheuchser , tous les deux protestans»

(no)

oo dans le ciel , mais toa)Oors unis spiiitaelleuient par les liens de la charité et par une commanion admirable de mérites et de grâces. Il laat leur bien incalquer que c'est cette union , appelée communion des saints, qui rend les prières faites en commun dans l'église plus efficaces et plus agréables à Dieu. (i).

IL Que les pasteurs soient très--exacts à faire les offices publics à des heures fixes et déterminées de concert avec l'archiprêtre dont ils dépendent. Cette heure une fois fixée ne doit point être changée , si ce n'est pour des raisons graves qui auront été exposées à l'archiprêtre et approuvées par lui , et dont il nous rendra compte.

L'heure des offices des petites paroisses limitrophes devrait être combinée de manière que les personnes qui n'auraient pas pu assister à la messe ou à vêpres dans une paroisse , pussent aller dans une autre.

S'il arrivait quelques difficultés sur l'heure où les offices se célébreraient , nos archiprêtres nous en instruiront 9 afin que nous puissions statuer ce qui convient.

Dans les paroisses où il y a deux messes y l'heure

(I) Voyez le Catéchisme de Belley, 2.« part. lec. XIX ; — celui de Montpellier; pari. L", sect. 2, cbap.3; $ 3»

doit être choisie de manière que les personnetf de la campagne qui n'ont pas pu assister à la première , puissent assister à la seconde 9 ce qui suppose un intervalle au moins de deux heures. Lorsqu'il n'y a qu'une messe, il faut aussi placer les vêpres à une heure convenable pour que lea personnes qui ont gardé la maison pendant la messe 9 puissent aller à vêpres.

III. On doit tenir dans les offices comme dans les instructions le juste milieu entre cette longueur qui produit le dégoût 9 excite les murmu* res, surtout pendant les grandes chaleurs ou les grands froids , ou lorsque les travaux sont pressens ; et cette précipitation indécente qui ôte à une action si sainte toute sa majesté et ne permet pas aux fidèles de satisfaire leur dévotion (1).

IV. Pour donner plus de solennité au culte ^ surtout dans les petites paroisses 9 où il n'y a qu'un prêtre 9 nous ordonnons à tous les pasteurs de choisir parmi les jeunes gens , ou parmi les hommes faits 9 ceux qui (mt le plus de zèle et de piété 9 jfour faire chantres 9 thuriféraires 9 céroféraires9etc. La confrérie du saint Sacrement

( I ) Voy. le canon de prime du lundi de la troisième semaine après Pâ(pieS; et V Imitation de J, C, , Uv. 4; chap. 10) n. 7.

(lia)

fournira partout des sujets propres à ces divers emplois (i).

y. Les pasteurs prendront tous les moyens de persuasion, de prudence et de sagesse , pour que, pendant les offices divins et les instructions, tout le monde soit dans l'église et s'y tienne dans le recueillement ; mais nous leur défendons expressément de sortir en habits sacerdotaux, et même en surplis , pour faire entrer dans l'église ceux qui restent à la porte , ou qui sont dans les cabarets ou ailleurs.

YI. Nous approuvons et recommandons l'usage établi dans certaines paroisses de séparer les honunes des femmes ; c'est l'esprit de la primitive Église, où les hommes occupaient le côté de l'évaiigile , et les femmes le côté de l'épitre. Quant aux jeunes gens, il serait bon de les faire entrer daps le chœur, afin de les surveiller plus aisément.

y II. Il doit y avoir dans toutes les églises paroissiales un Missel, un Antiphonaire , un Graduel, (2) un Processionnel selon le rit de

(1) Voyez Man. des cérém. De la Grand-Messe dans les petites églises, ch. 2.

(2) On a fait une édition abrégée du Graduel et de rAntiphonaire; en deux volumes in-folio ; ijjal reufermenl

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Lyon. S'il y avait encore quelques paroisses où cette liturgie ne fût pas suivie , nous ordonnons aux pasteurs de s'y conformer au plustôt , pour établir plus d'uniformité dans le chant ^ les cérémonies et l'administration des sacremens. Nous ordonnons à tous les prêtres de se servir du Manuel des cérémonies imprimé pour le diocèse. On se servira aussi du Rituel qui forme le deuxième volume du présent ouvrage pour l'administration des sacremens et pour toutes les prières publiques.

YIII. On ne pourra faire aucune prière solennelle pour les nécessités publiques ^ ou en action de grâces pour un événement quelconque , ni faire des processions , donner la bénédiction du saint Sacrement, sans notre permission expresse^ quand on croira nécessaire de faire des prières pour obtenir la pluie ou le beau temps on nous fera demander l'autorisation par nos archiprêtres qui se concerteront avec leurs confrères voisins.

IX. Nous défendons expressément toute cérémonie religieuse pendant la nuit , sauf l'offîce et la messe de la veille de Noèl.

les messes et les vêpres du dimanche et de toates les principales fêtes de l'année ; il serait à désirer que toutes les paroisses en eussent un exemplaire.

( ii4) SECTION n.

De ta Messe de paroisse et des Vêpres.

Il n'esl aucun point de discipline plus expressément marqué dans les anciens moniimens de l'Église, et plus religieusement observé pendant les treize premiers siècles, que celui de l'assistance à la messe de paroisse , appelée aussi la messe du prône.

Il faut remonter jusqu'aux premiers jours du christianisme pour trouver l'origine de cette sainte pratique, si reconamandable par son antiquité.

Saint Justin, qui vivait vers le milieu du second siècle, s'exprime ainsi dans sa seconde Apologie de la Religion chrétienne, adressée aux empereurs payeus : a Le jour dy soleil (c'est

» ainsi que les payons nommaient le premier » jour de la semaine, que nous appelons di- » manche) tous ceux qui sont daps les villes et V à la campagne , s'assemblent dans un même ' » lieu : on y fait une lecture des livres des apô- » très ou des prophètes ; ensuite celui qui pré- » side fait une instruction pour exhorter le peu- » pie à imiter de si belles choses. Après, nous » nous levons pour faire nos prières en corn- » mun, lesquelles étant finies, on offre le pain,

» le vin et l'eau. Le prélat fait la prière et Tac* > tion de grâces y et le peuple répond amen on » ainsi soU-il » (i); ce qui exprime la part qu'il prenait aux prières et aux cérémonies.

L'Église n*a jamais cessé d'inviter les fidèles â se rendre dans leur paroisse pour y assister i la messe principale où se font l'instruction , les prières , les publications de bans y l'annonce des jours de fête , de jeûne et d'abstinence 5 etc. (2)

Les pasteurs sont obligés de dire la messe ce jour-là pour les besoins de la paroisse : il est donc de Ifntérêt de chacun d'unir ses prières à celles de son pasteur ^ afin d^en tirer plus de fruit. Les instructions qu'on y reçoit sont plus appropriées aux besoins de la paroisse y et sont accompagnées de plus abondantes bénédictions^ parce que celui qui les fait, a une mission plus particulière pour annoncer la parole de Dieu.

Toutes ces considérations si confornàes à l'esprit de l'Église, doivent engager les fidèles à se rendre assidus à la messe de paroisse ; et conmie

' I iiiiji..i

(I) Apologie 2.^ de saint Justin , vers la fin. Ce beau passage se U*oave plus ^u long dans le Bréviaire Ljonnois , au 2-"^' nocturne du dimanche dans l'octave de la Fête-Dîcu. — (2) Voy. le Concile de Trente, sess, a4 , cap', 4 ) de Rcform, , et sess, 22 , cap, 8 , de sacnjîcio Missœi et les Assemblées du clergé d<; 1635, 1645, 165^

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il est impossible à toutes les personnes de h même maison d'y assister à la fois, nous re^ commandons aux cfae£s de famille d*y envoyer alternativement leurs enfans et leurs domestiques , de manière que tous puissent participer, autant qu'il est possible , aux avantages précieux qui sont attachés à cette messe.

En conséquence y

I. Nous ordonnons à tous les curés, desservans de succursale et de chapelle vicariale de faire tous les dimanches les prières du prône et une instruction sur l'évangile, ou sur le catéchisme, ou sur quelque sujet particulier, à la messe principale, dite messe de paroisse* Cette ordonnnance est sous peine de suspense pour les pastejrs qui resteraient trois dimanches sans faire ou faire faire ladite instruction.

II. Nous défendons à tous les prêtres qui sont dans notre diocèse de prêcher ou laisser prêcher dans aucune église , sous quelque prétexte que ce soit , pendant la messe du prône et même une heure auparavant.

III. Nous défendons a toutes les confré ries et réunions quelconques de fidèles, de chanter des offices ou de faire d'autres exercices de piété pendant la messe du prône ou même demi-heure avant qu'elle commence , le tout sous peine d'interdit pour l'association et

pour la cbapéûo où se ferait Vexetc\ft«.

IV. Nous défendons à tous les sacrîstaîns et à tous les prêtres de sonner ou laisser sonner «ncune messe une heure avant la messe de paroisse.

Cette ordonnance regarde notre cathédrale comme toutes les autres églises du diocèse. On ne sonnera également aucune messe particulière 5 dans aucune église , avant la fin de l'instruction qui se fait à la messe de paroisse.

y. Nous recommandons aux pasteurs de chanter la messe tous les dimanches autant qu'il leur sera possible, et s'ils restaient plusieurs dimanches sans le faire 9 nous exigeons qu'ils en disent les motifs à nos archiprêtres ou k nous. Par suite de cette recommandation , nous les engageons de nouveau à former des chantres et des lévites, qui leur seront d'une grande utilité pour faire les cérémonies.

YI. Nous défendons sous peine de suspense à tous les pasteurs de faire faire diacres ou sous-dtacres à des laies ; nous permettons cependant aux jeunes gens qui portent habituellement la soutane, et qui savent bien les cérémonies, de chanter l'épitre et de faire sous-diacres, sans néanmoins prendre le manipule, ni mettre l'eau dans le calice à l'offertoire .

VU. Nous ordonnons que les vêpres soient ohantées dans toutes les paroisses tous les di-

f ii8)

«lanches et toutes les fêtes chômées, dans l'après-midi.

YIII. Nous défendons à toutes les confréries de pénîtens et du saint Sacrement, ou autres, de chanter les vêpres et autres offices pendant les vêpres de la paroisse : notre intention est au contraire , que toutes les confréries assistent aux offices de la paroisse ; et nous interdirions celles qui s'écarteraient de cette règle sans une autorisation expresse de notre part.

IX. Nous défendons de chanter les vêpres immédiatement après la messe sans une autorisation particulière de nos archiprêtres, à qui on en aura exposé les raisons, et qui nous en rendront compte dans le procès-verbal de la visite qu'ils sont chargés de faire.

Nous leur recommandons de se rendre difficiles à accorder cette autorisation , afin que les fidèles étant convoqués deux fois à l'église, ceux qui ne seront pas venus à la messe le matin, puissent assister à vêpres et au salut le soir. On aura peut-être de la peine à établir cet usage dans certaines paroisses qui ont été négligées ; mais avec du zèle et de la foi , de quoi ne vient-on pas à bout ?

SECTION III

lie tEau éénitc et des autres Sacramentaux.

L'aspersion de l'eau bénite sur Tautel 9 le clergé et le peuple^ est ' une sainte et ancienne cérémonie qui fait partie de la messe paroissiale. Saint Cyprien (i), saint Cyrille (a) 9 l'auteur des Constitutions apostoliques (5) font mention de l'eau bénite , et il n'e^t point d'objet de piété dont l'usage soit plus fréquent et plus répandu. Lorsqu'on fait l'aspersion on chante le premier verset du psaume 5o, Miserere, pour faire entrer les fidèles dans un esprit de componction^ disposition la plus propre à retirer le fruit convenable , tant du divin sacrifice que des prières qu'on y joint ^ et des avis et instructions qu'on y reçoit. L'aspersion de l'eau bénite est aussi destinée à mettre en fuite les démons qui nous suivent partout , selon l'Ecriture (4) 9 et qui viennent autour des fidèles dans le lieu saint, pour les porter à la dissipation, et les empêcher de mettre à profit les grâces attachées à la célébration des saints mystères. On se pri« verait par conséquent d'un grand avantage, si on ne venait à la messe qu'après l'aspersion.

MMMhl

(I) Epist, tzad Januarium. — (2) ctUcch, 3. — (3) Liv. D, ch. 20. — (4) Job, I, v. 7 ; — I.« de S. Pierre, 8, V. 8; — S. Luc, II| V. 4| — aux £pbés^ 6| v. II.

laquelle étant faite par un prêtre spécialement député de l'Église , a plus d'efficacité que celle que Ton fait soi-même en prenant de Teaa bénite, lorsqu'on entre dans Téglise.

I. Nous reconunandons aux pasteurs de faire Teau bénite , comme il est marqué dans le missel et le manuel des cérémonies, et nous leur ordonnons de faire l'aspersion tous les diman^ cbes , dans l'église , avant de conunencer la messe.

II. Les curés auront soin de renouveler Teau bénite qui est placée à l'entrée de l'église. Ils pourvoiront à ce qu'elle soit toujours propre et décente ; à cet effet ib jetteront dans la piscine ou dans le cimetière le reste de l'ancien ne, et essuyèrent le bénitier avec une éponge ou un linge fort.

III. Ils exhorteront les fidèles à avoir chez eux de l'eau bénite, et à en faire usage. Pour les y engager ils leur expliqueront ce qu'elle signifie , les effets miraculeux qu'elle a opérés , et les avantages que l'Église en attend encore , en vertu des prières qu'elle fait (i).

(I) Voyez le catéchisme de Montpellier^ 3.* part. , sect. 2 , chap. 8 , J 10. — Voyez aussi le livre iotitulé : Histoires clioisies, ou. Livre d* exemples tirés de VEcrituTê, des Saints Pères, de9 auteurs ecclésiastûfues, etc.

( lîl )

IT. Les sacramentaux ont tant de liaison avec tout ce qui tient au culte divin ^ que nous croyons devoir en rappeler ici l'usage et les' fruits. Nous recommandons aux pasteurs d'en instruire les fidèles,* qui n'ont là-dessus que des notions bien vagues et bien impar^ faites (i).

y. On entend par sacramentaux certains objets bénits , certaines prières , certaines cérémonies qui '.effacent les péchés véniels, et produisent une grâce particulière en faveur de ceux qui en font usage avec foi, et sur-toùt avec une douleur sincère de. leurs péchés.

YI. Les sacramentaux ne produisent point la grâce par eux-mêmes comme les sacremens, et, selon l'e^ression des théologiens, ex opère ojferato; ils la produisent à raison 'des bonnes dispositions qu'ils inspirent; mais cette grâce est plus efficace et plus abopdante qu'elle • ne le serait si on faisait d'autres bonnes œuvres, et cette vertu leur vient des promesses de Dieu consignées dans les divines écritures, ou des prières de l'Église , qui les a institués et sanctifiés: or les prières de l'Église sont toujours plus

(I) Ceci peut servir de développement à ce qui est dit dans le Ctdtéchisme sur là communion des saints «

efficaces et plus agréables à Dieu , parce qu'elle ne £ciit qu'un même corps avec les saints qni sont dans le ciel^ et avec J. C, le saint des saints.

VU. On divise les sacramentaux en plusieurs classes différentes (i)^ comprises dans ce vers latin :

Or ans, tinctuê, edens, confessns, dans,

henedicens, y III. Or ans. Toutes les prières faites dans nos temples ; lorsqu'ils sont bénits^ mais surtout quand ib sont consacrés par TÉvëque 5 toutes les prières faites au nom de l'Église et en union avec elie^ comme la messe, les vêpres jj les cérémonies et les prières qui sont liées avec l'administration des sacremens, etc, ont plus d'efficacité que les prières qu'on fait dans sa maison ou en particulier.

L'oraison dominicale est aussi plus efficace que toute autre pnère (2)9 même quand on la récite en particulier : il en est de même de la prière faite en se frappant la poitrine y à l'exemple du publicain (3). Le Sacrosanctœ,

(I) Voy. la Somme de saint ThomaSf 3.* part. , quest. 87, art '8; — la théologie de Sylviuty t. 4, quest. 87, art. 3 ; — Ze Vhre Tliéopliile Reynaud, t. 16. (2) S. Avg., Enchir.f «ap. 7L — (3) Id., Epist. 108.

qu'on dit à la fin de l'office ^ est particulièrement "d^fstiné à obtenir la rémission des fautes qu'on a commises en disant l'office (i).

IX. Tinctus. L'eau bénite a, comme nous Façons dit » une vertu particulière pour effacer les fautes journalières , pour éloigner Tesprit tentateur ^ et augmenter les grâces actuelles. On rapporte à ce genre l'imposition des cendres, qui se fait le premier jour du carême : on y rapporte aussi les onctions qui se font avec le» Saintes-Huiles.

X. Edens , s'entend du pain bénit , dont l'usage est très-ancien dans l'Église (2) et très- ré-, pandu dans les paroisses, mais qu'on pratique souvent avec peu de fruit, faute d'instruction ou d'attention. Pour que le pain bénit produise dans l'ame les grâces qui y sont attachées, il faut le manger avec respect et avec foi. Il n'est pas nécessaire cependant de le manger dans l'église, comme le disent quelques per<« sonnes peu instruites.

Nous autorisons et recommandons de distri* buer le pain bénit à la messe de paroisse par*

(I) Voy. Ferraris, BihUotheca canonica, etc, verb. /«dulgentia, art. 6> n. II. — (2) S. Aug. , €Ç\S\, ^V , «X libr. 2j de Peccat. merit,, cap. 25 •

tout où eei usage est établi ; mais les pasteurs doivieht expliquer aux fidèles l'origine et la fin de cette pieuse cérëmotaie(iJ.

XI. Confessits, C'est le Confiteor Deo omnipotenti, etc., quand on le d^t a^ commencement de la messe, à l'office de-pribié, ou à celui de compiles ; c'est aussi Tabsolution générale que donnie le prêtre avant la communion , et l'absoute du mercredi des Cendres et du Jeudi tf^nt^ dans les paroisses où elle se fait.

XII. Dans désigne l'aumône; mais sous ce nom il faut entendre , dit Ferraris (2J9 toutes les œuvres de miséricorde spirituelles et cor-» porelles. Ainsi , apprendre à prier Dieu / enseigner le catéchisme 9 visiter les malades ^ les pauvres^ les, prisonniers , consoler les affligés^ sont autant de bonnes œuvres, qui, outre leur mérite intrinsèque, eti ont un qui leur est communiqué par les prières de l'Église , et les promesses spéciales, *lsonsignées dans les divines écritures.

XIII. Benedicens. On entend par là, avant tout, la bénédiction- du saint Sacrement, en-

(I) Voy. Rituel de Toulon , t. T.«' — Catéch, de JHontp; part. 3, sect. 2, ch. 7. (2) Bihh canon», verb. Peccatum veniale^ n. 59*

stiite la bénédiction de l'Évêqae (i) et celle da prêtre quand il est en fonctions 9 par exemple à la fin de la messe y ou quand il donne la com-^ mnnion, etc. : 00 entend également tous les objets bénits ex officio, tels que les cierges, les rameaux , les ornemens sacerdotaux ^ les habits religieux, les scapulaires> les cordons, les croix, les médailles, etc.

On peut rapporter à l'article Benedicens le signe de la croix, soit parce que toutes les bénédictions se font par le signe de la croix , soit parce que c'esl en vertu des mérites de J. C. mort sur la croix que les bénédictions sont ef&caces ; aussi l'administration de tous les sacremens* est accompagnée du signe de la croix (2).

Cette pratique nous rapelle les mystères de la Sainte Trinité 'et de la rédemption qui ^ont le fondement du christianisme, et sous ce rapport c'est un symbole et un catéchisme pratique.

(1) La bénédiction des £véq[ues renferme toajours une grâce plus éminente, même lorsqu'ils ne sont pas en fonctions, et c'est sans doute de là qu'est venu le pieux usage de se mettre à genoux lorsqu'ils passent , même dans les mes; c'est aussi une des raisons pour lesquelles les prêtres ne bénissent ni l'encens, ni l'eau, ni aucun autre objet, en présence de l'Evêque.

(2) S. August. in Joannem et S. Gbrysost. in Matt. ; Hom. 54.

L'oMge du signe de la croix date de Torifine du christianisme ; Tertulien en parle comme d'une pratique très-usitée parmi les chrétiens (i). St. Cyrille de Jérusalem l'appelle le signe des fidcUs et la terreur des démons, et en recommande le fréquent usage (a). Origène 5 St. Basile, St. Ambroise, St. Ghrysostôme, St. Augustin, St. Ephrem, etc. tiennent le même langage. L'histoire ecclésiastique est remplie de faits qui prouvent Tutilité de cette pratique, et les grâces qui y sont attachées (5).

SECTION IV

Des Processions.

L'usage des processions a commencé dans l'Église presque aussitôt qu'on a eu la liberté de faire une profession ouverte du christianisme, comme nous l'apprenons de l'Histoire ecclésiastique et des éci-its des saints Pères (4).

Les pasteurs doivent apprendre aux fidèles que les processions ont été instituées pour

(I) Lib. de Coronàmilitum f cap. 3. ~ (2) Catéchèse 13. — (3) Voy. le Traité historique et dogmatique des fêtes, etc. , t. !.«»", ch. fi. — (4) Voyez le catéchisme de Montpellier t 3.« partie, scct. 2, ch. ?• — Gavanttis , Thésaurus sacror» rituum > p. 1 , ti^« 19. — Dictionnaire de Bcrgier; art. Procession,

rappeler certaines circonstances de la vie de Notre-Seigneur ; pouv leur fournir l'occasion de faire une profession ouverte de leur foi; pour reprocher aux chrétiens lâches ou indif* férens la négligence qu'ils mettent à s'occuper de l'affaire importante de leur salut; pour exciter dans l'esprit des pécheurs scandaleux de salataires remords; pour édifier et consoler les fidèles que des occupations pressantes retien* nent dans leur maison ; pour apaiser la [justice de Dieu, ou attirer les bénédictions du ciel sur les fruits de la terre, etc. : or toutes ces intentions supposent que lea processions sont faites avec beaucoup d'ordre et de décence , que chacun demeure à son rang , qu'il n'y a aucuu mélange du peuple avec le clergé, que les fenmnes sont séparées des hommes autant que cela se peut , et que tous s'unissent de cœur aux prières du clergé.

I. Nous défendons aux pasteurs de faire aucune procession sans en avoir, obtenu de nous une permission expresse, sauf les processions indiquées dans le Processionnel ou dans nos circulaires, et que nous allons rappeler ici.

II. Dans les paroisses où l'usage en est établi, on pourra faire, tous les premiers dimanches du mois , la procession en l'honneur de la sainte Vierge , sous le vocable de Notre-Dame du Ro-

mre. ydiat laquelle oo chaiitaaA 4r la saûile Tttr^. Celle pioccawB à il messe ou à vêpres , «eloo rusjge

m. 5oi» aotoriAons de même la da sÂBt Sacrement le 5.** dimaBebe éi iUns llotériear de Të^ise, partoat m en rst établi. Les pënitens et les confinbci dn S2âiit Sacrement doivent y asôsler, dais , les flambeaax , elc/

IV. Les trois jours qui précèdent Vi de.!Notre-Seis;near9 appelés joon de Ro§éUUms, on ieia la procession poiar la conservalioa des fruits de la terre 9 où Fon chantera les iftanî^ des saints. On fera de même le jour de saint Marc 9 25 arril^ dans les paroisses où Tosa^ en est établi. Nous apprenons avec peine qoe ces processions sont peu suivies dans 'Certaines paroi^Ms , quoiqu'elles présentent un grand inléiet aux fîd^lcs. Nous invitons les pasteurs à mettre tout en œuvre |Kiur réveiller la dévotion de leurs paroissiens sur ce point , et à nous instruire des moyens qu'il y aurait à prendre pour y contribuer. Nous réitérons l'invitation aux confréries des péiiitens 9 du saint Sacrement et autres^ de s'y rendre exactement.

V. 11 y a procession le dimanche des Rameanx, le Jour et l'octave de la Fcle-Dieu, et le jour de TAssomption de la sainte Vierge. On Ta fait

4 wuri àÉM quelques paroisses le four de TAscen^- ^èîon^ et le jour de la fête du Saint-Rosaire^ qui esL|^ premier dimanche d'octobre.

TI. De toutes ces processions la plus solenil^lle» et celle à laquelle tous les pasteurs Aoiyent attacher le plus d'importance ^ c'est celle de la Fête-Dieu. Nous les engageons i ne rien négliger pour donner à cette solennité, qu'on peut regarder comme le triomphe de Jésus-Christ 5 et pour laquelle il est facile d*enflanuner* le zèle des fidèles ^ tout l'éclat dont elle est susceptible. Nous apprendrions avec la plus grande peine que, par la faute de quelques pasteurs , cette procession fût sans appareil, qu'on négligeât de faire des reposoirs^ ou qu.'on les fît d'une manière peu convenable* Nous défendons avec saint François de Sales (i) que personne y assiste en habits extraordinaires; ce qui regarde m^eme les enfans qu'bn habillle quelquefois d'une manière ridicule e||ndécente^ Nous défendons aussi qu'on expose dans les lieux où passe la procession , aucun tableau lascif, ou des tapisseries indécentes, sous prétexte de parer les rues et les maisons (a).

(1) Gonstit. Synod, I part., tit. 2, ch. 7.

(2) Rituel de Lyon, I.^« part, des Processions,

Yn. Dans beaneoup de paroisses on est dans l'usage de faire une procession tous les dimanches, depuis la fête de l'invention de la sainte Croix, le 3 de mai, jusqu'à la fête de l'exaltation de la sainte Croix ^ qui est le 14 septembre : on pourra continuer à la faire comme auparavant ; mais nous ne la prescrivons pas pour les paroisses où elle n'est pas d'usage.

y III. Nous désirerions que toutes les personnes du sexe assistassent aux processions, voilées ^ selon la recommandation de Saint Paul (1} et l'ancienne pratique de l'Eglise; cependant nous ne le prescrivons pas.

IX. L'ordre des processions sera ainsi établi 9 autant qu'on pourra, eu égard à la population et aux usages des paroisses.

1.* Les instituteurs, avec leurs enfans; 2,* Les frères des écoles chrétiennes, aussi avec leurs^fans ;

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