Le clergé régulier
i5. Le clergé séculier;
i4.'' L'officiant , qui sera en chape (2), accom«
(1) Quand cette confrérie est en costome , et qa*on fait la procession du saint Sacrement, elle a le pas sur les pénitens et antres confréries. Benott XIV, //xj^. 105, n. 83. Cette observation du savant Pontife fait voir qu'il ne méprisait rien de ce qni pouvait contribuer à Tordre qui doit régner dans le service divin.
(2) Le jour de la Fête -Dieu le célébrant est en chasuble , même lorsque la procession se fait après vêpres. Manuel des cérém. , 4.e part. , ch. 12.
pagné d'un diacre et d'un sous-diacre^ autant qu'il sera possible , ou de deux chapiers.
i5/ Les magistrats et les principaux habitans du lieu ;
16** Les hommes et les femmes qui n'appartiennent pas aux associations dont nous avons parlé.
Les confréries et autres associations 5 les corps religieux et le clergé des paroisses qui auront une croix ^ tourneront le crucifix en dedans^ c'est-à dire du côté du célébrant ; il n'y aura que la croix de la cathédrale à Belley, et celle de laj>rincipale paroisse ailleurs 5 dont le crucifix sera toujours tourné du côté vers lequel se dirige. la' procession (1).
SECTION V
Des Cantù/ttes. ' .
L'usage des cantiques religieux est aussi ancien que le mopde. Dans les premiers siècles le souvenir
(I) Mao. des cérëm. rom. des processions , art. 12 , ii.*> 3| 3.** — Quand les processions sont longues, on peut placer de distance en distance des ecclé8Îastiq[ue8 chargés de maintenir Tordre et de diriger la marche. Ds pourraient convenir de certains signes qui leur serviraient à correspondre entre eux , afin de faire aller plus vite ou plus lentement, et de faire arrêter ou avancer à propos. Voy. le Man. des cérém. de Lyon , 4.e part* , ch. 12, n.o ï.
des ëvènemens les plus remarquables se con8er« yait dans les cantiques qui se chantaient les jours de fête ou en famille y et soutenaient le peuple de Dieu dans les sentimens de la plus vive reconnaissance envers lui ( i ). Les deux cantiques de Moise 5 celui de Débora y celui de la mère de Sa* muel 9 celui de Judith y la plupart des psaumes ,
ont été destinés à cette fin y et nous offrent des monumens aussi admirables que* touchans • des événemens à Toccasion desquels ils ont été composée.
Dans les prçmiers siècles de TEglise les hérétiques ont' employé le chant des cantiques en langue vulgaire pour disséminer leurs \Brreurs (2); et nous pensons que c'est un moyen facile et très-efficace d'instruire de la religion et d'inspirer des sentimens de piété.
Il y a quelques années que la France fut téaïoin d'un spectacle qui l'étonna; c'était d'en*-, tendre des régimens entiers chanter des cantiques pendant la sainte messe (5); officiers et soldat» 5 toutes les voix se réunissaient et se confondaient
(1) Voyez Mœurs des IsraMites ^ n. 15; — Discoure sur V Histoire universelle de Bossuet, 1,^ paTt.% ch« 3.
(2) Hist. ecclés. de Fleury, liv. 10, n. 36.
(3) C'étaient des régimens allemands ; en I8I5.
en présence de rEternel. Cette manière d'assister à la sainte messe convient parfaitement à des hommes qui sont sous les armes : c'est aussi celle qui convient le mieux aux gens de la campagne^ qui ne savent pas lire ni méditer (i).
En conséquence nous approuvons et nous recommandons l'usage établi dans les petites paroisses 9 de chanter des cantiques pendant la sainte messe. Nous approuvons l'usage de chanter un cantique au moment de l'élévation ; nous approuvons l'usage de chanter des cantiques pendant la communion et la bénédiction du saint Sacrement; etc.
Nous recommandons de ne faire chanter que des cantiques bien choisis , instructifs et pleins de piété. Les cantiques sur le symbole , sur les sacremens , sur les commandemens de Dieu et de l'Eglise, forment un catéchisme facile à retenir^ et qui rappelle ce que les Chrétiens doivent croire et pratiquer.
Les cantiques sur l'histoire de l'ancien et da nouveau testament et sur la vie des saints , lais-
(I) Voy. l'hist. des missions du Paraguai , dans les Leur, édif, on dans Berault-Bercastelj fftst, de l* Eglise, liv. 84.
sent des souvenirs pleins d'intérêt. Qaelleconsola" tion pour un pasteur d'entendre les échos retentir du chant des cantiques pendant le temps des tra* vaux de la campagne et le soir dans les veillées I Mais c'est une expérience faite qu'on ne s'attache aux cantiques qu'autant qu'on a eu occasion d'en chanter à l'église à la suite des retraites, des missions, des premières communions, etc. Il est donc très-utile de nourrir et d'entretenir cette pieuse pratique.
Nous pensons néanmoins que les cantiques ne peuvent produire tout leur effet, qu'autant que les pasteurs les expliquent de temps en temps ^ et en font apercevoir le sens.
Un cantique nouveau fait quelquefois événement dans une paroisse, et réveille l'attention et la dévotion ; maïs on ne doit le faire chanter à l'église que lorsqu'il est approuvé par l'Ordî" naire , à moins qu'il n'ait été pris dans un livre imprimé avec approbation (i).
(I) On trouve au séminaire de Brou un Recueil de cantiques t impdmé pour les missions du diocèse, et un autre recueil assez considérable , dans lequel les airs sont notés en plain-chant figuré ; en sorte que les ecclésias* tiques qui savent le chant | peuvent apprendre les airs avec facilité.
L'introduction des cantiques ne doit en aucune tnanière rien faire changer au chant des offices en langue latine , et nous regarderions commo très-coupable un pasteur qui voudrait substituer les cantiques aux vêpres ou à quelque autre ofâpe prescrit.
SECTION VI
•Sur* tes traductions des livres liturgiques.
Nos frères séparés se sont plaints quelquefois; de ce que nous chantions les offices dans une langue que la plupart des fidèles ne comprenaient point. Ce prétex4;é a plus d'apparence que de réalité , et ils fournissent eux-mêmes une preuve bien fr.appante de la sagesse de l'Eglise dans la conduite 'qu'elle tient sur ce point de discipline. Les psaumes de Marot^ en vers français ^ qu'ils ont adoptés dans leur lithurgie^ sont devenus inintelligibles à cause des changemens opérés dans la langue frai^çaise , dans l'espace de trois siècles (i); les Protestans sont donc dans la nécessité^ ou de changer de temps en temps la tra-
(I) Voy. le Traité des saints mystères, t. 2, dj5* sert. I.'*, D.o 4.
duction de lenrs psaumes^ ce qui présente beau* coup d'inconvéniens ; surtout à cause des personnes qui ne savent pas lire ; ou d'employer un langage plein d'expressions peu conveUfàbles^ et que souvent on ne comprend plus. Au reste > pour être conséquens, les protestans devraient , dans leur liturgie, adopter la laugue vulgaire de t^us les pays ; ils devraicftit même adopter le jargon de chaque contrée 5 ce qui présente plus d'inconvéniens encore.
La langue latine, dont nous nous servons, étant fixe, est une image de l'invariabilité de notre doctrine; elle couvre nos saints mystères d'un voile auguste, qui commande le respect. Mais ce t^ui achève de dissiper les reproches qui nous sont faits par les protestans, c'est la facilité laissée aux catholiques d'avoir des traductions , qui mettent à leur portée toutes les prières de l'offîcô divin : ces traductions varient avec la langue , sans ôteraux divins offices l'immutabilité qui doi^ être un des caractères de la religion catholique et apostolique.
Nous recommandons néanmoins aux pasteurs de veiller avec soin sur les traductions des offices divins qui se répandent dans leurs paroisses ; il en est qui ont été faites par des hommes dont la foi est suspecte , et qui introduisent des erreurs condamnées par l'Ëglise. Il faut détourner les
fidèles de la lecture de ces ouvrages; il faut même en exiger quelquefois le sacrifice (i).
Ce que nous disons de la traduction des livres liturgiques , nous le disons de plusieurs autres livres de piëtë , et même de la traduction de la Bible. On en fait circuler dans les campagnes qu'on livre k vil prix, qu'on donne même quelquefois pour rien , et dont le texte est évident ment altéré. Or, à quels dangers ne sont pas exposés ceux et celles à qui de pareils livres tombent entre les mains ? Que de doutes ne peuton pas leur suggérer, en leur faisant lire des passages qui se trouvent en opposition avec le dogme catholique? Un pasteur fidèle, et qui aime son troupeau , doit le détourner de ces pâturages infects , fût-il obligé pour cela de faire des sacrifices en substituant de bons livres à ceux qu'il est obligé en conscience de signaler comme mau« vab, et de retirer des mains des fidèles. Tous les prêtres qui ont l'expérience du ministère, s'accordent à dire que les divers livres dont nous venons de parler font le plus grand mal , et qu'ils anéantissent la religion, en paraissant exiger
(I) L* Année clirdtrcnne de Letonmeux, qui est trèsrépandue, a été condamnée à Rome, par Innocent XII, en 1695.
des dispositions si parfaites pour s'approcher de la sainte communion , qu'ils en éloignent tout le monde (i).
TITRE IV
Du Jeûne et de VAhstinence.
Les commandemens du jeûne et de l'abstinence sont si négligés aujourd'hui , qu'on serait tenté de croire que la plupart des catholiques les regardent comme abolis. Les pasteurs doivent don instruire de temps en temps les fidèles de ces deux obligations 9 leur en expliquer les avanta« ges^ leur faire apprécier les fautes dont ils se
(I) Cet effet a été souvent produit par des ouvrages très-répabdus ; l'un est intitulé : Entretiens avec Jésus^ christ dans le très-saint Sacrement > par un bénédictin de Saint^Maur ; l'autre est intitulé : Instructions sur les dis» positions aux sacremens de pénitence et d* eucharistie f et€»f dédié à Mj^^ la duchesse de Longueville, Cette dédicace est à remarquer pour ne pas confondre cet ouvrage avec celui de M. Tabbé Clément sur le même objet, et qui est très-bon. Les premières éditions du catéchisme de Montpellier renferment aussi quelcjues propositions peu exactes; aussi quand nous citons cet ouvrage , nous désirons qu'on se serve de l'édition donnée par M. de Charency , qui a rectifié les premières , données par M. de Colbert.
rendent coupables en les violant^ et les raisons qui dispensent de les observer (i).
SECTION 1.'
De V Abstinence,
I. L'obligation de s^abstenir d'alimens gras 5 certains jours , est rigoureuse ^ et on pèche niortelleitient quand on y manque sans raison légitime y c'est-à-dire quand il n'y a pas impossibilité morale de l'observer ou dispense des supérieurs (a).
II. La permission de manger de la viande les jours défendus^ est accordée par nous ou par le pasteur de la paroisse.
III. Cette permission ne ■ doit être accordée que pour des raisons graves (3) ; la plupart de
(1) Od trouvera dans le Catéchisme de Montpellier ^ des détails fort essentiels sur cette matière, 2.e part., •ect. 14, chap. 6. Il faut se procurer surtout réditiou qui est en latin , où Ton trouve en entier les passages de l'Ecriture , des Pères , et autres auteurs ecclésiastiques; elle est intitulée Tnstitutiones cat/iolicaf, en 2 vol. in-folio, on 6 vol. in-4.<>
(2) C'est le sentiment unanime des théologiens : autrefois l'absolution de ce péché était réservée à l'évéque dans le diocèse de Valence, et elle l'est encore dans plusieurs autres diocèses.
(3) Pour tenir le juste milieu entre la sévérité qui refuse tout, et le relâchement qui accorde tout, il faut se
celles qu'on allègue pour l'obtenir, sont très* suspectes, et n'ont dé fondement que dans l'affai]!>lissement de la foi : néanmoins c'est ixu% pas-, teurs à les apprécier, en observant qu'ils sont juges de ees raisons ; qu'ils doivent les examiner comme pour toute autre dispense , et qu'ils ne peuvent pas dire d'une manière vague : Je vous dispense si vous en avez besoin (i).
IV. Ceux' qui obtiennent la permission de manger de la viande , doivent compenser l'inobservation de ce précepte par quelque œuVre de piété , et surtout par la prière et par l'olTrande plusa§siduè de leur travail ,. s'ils sont pauvres^ ; s'ils ont de la fortune , ils doivent ajouter l'aumône à la prière (2).
■ Il ———I II. Il ai I II I u.iMia
rappelçr les principes relatifs à l'obligation qu'imposât les lois ecclésiastiques : on les trouvera eiposés d'une manière précise et lumineuse dans la Théologie d* Antoine j tract. <£e Le gibus j cap. 2, quser. ^: An tex humana potest obligare cum magno nocumento ?
(1) Voy. le Rituel de Toulon^ sur le 6.e précepte de l'église; — les Conférences d* Angers ^ sur les cas réservés, t. 6, I.'^* confer. , 3.e quest. ; — Billuard, de tent' peritntiâ, ôisseri, 2, art. 2 et 3: on y trouvera des détails intéressans.
(2) C'est pour rappeler cette obligation, que , dans la plupart des diocèses de France ; on prescrit une aumône
V. On ne peut en conscience user delà permission de faire gras, qu'autant que les motifs qu'on a donnés pour obtenir la dispense, sont vrais.
YI. Quoiqu'on ait la permission pour soi, on ne peut pas en conscience donner à manger en gras dans sa maison aux étrangers, à moins qu'on ne soit assuré qu'ils en ont besoin : on ne peut pas non plus manger en gras au cabaret dans le lieu de sa résidence, à cause du scandale (i).
VII. Les aubergistes ne peuvent pas en conscience servir en gras les étrangers qui ne le demandent pas ; ce serait évidemment leur fournir l'occasion de pécher. Quand les étrangers demandent à faire gras, les aubergistes ne sont pas obligés de s'informer des raisons qu'ils ont.
YIII. Il y a obligation de faire maigre tous les vendredis et samedis de l'année, les trois jours des Rogations, et toutes les fois que le jeûne est prescrit.
en faveur da séminaire à ceux qui demandent la permission de faire gras en carême.
(I) L'oubli des devoirs qu'impose la religion est à son comble sur tont ceci , particulièrement dans les paroisses mixtes : c'est aux pasteurs à y ramener par un zèle aussi ferme qu'éclairé.
SECTION IL Du Jeûne en général,
I. De l'aveu de tous les théologiens ^ on pèche mortellement toutes les fois qu'on viole les lois du jeûne sans raison légitime ^ après avoir atteint rage de 21 ans accomplis.
II. On se fait illusion sur le jeûne comme sur Tabstinence : s'il faut en croire plusieurs méde-> cins anciens et modernes '^ la loi du jeûne y sur* tout pendant le carême , est extrêmement utile à la santé (1). Le régime^ la modération dans la quantité des alimens^ sont toujours le premier conseil qu'on donne aux personnes valétudi* naires^ et l'expérience ne dément en aucune manière cette conduite ^ puisque c'est dans les communautés les plus austères que l'on trouve les tempéramens les plus forts. Les lois dé l'Eglise ne serviraient donc qu'à faciliter et sanctifier des privations qui sont nécessaires et commandées
(I) Voyez le docteur Lom , hollandais , de SarUtate tuendà ; — Voyez aussi une note très détaillée sur cet objet dans le t. 13 de la Vie des Saints , traduite de rabglais, traité 5, sur le jeûne du carême, chap. 3 , et le traité historique et dogmatique des fêtes ^ etc.; p^ M. r., t. I.", p. 268.
par la triste conditipii où nous nous trouvons dans notre exil.
III. Les raisons qui dispensent du jeûne, sont rage (quand on. n'a pas 21 ans accomplis), les infirmités, les travaux pénibles, la pauvreté, quand elle est telle qu'on est dans l'impossibilité de {aire un repas suffisant dans la journée pour se soutenir.
IV. C'est d'après l'avis d'un médecin religieux et de son confesseur qu'on peut mettre quelques adoucissemens au jeûne.
y. Quand on ne peut pas pratiquer le jeûne en entier, tm doit se rapprocher des intentions de l'Eglise autant qu'il est possible , en ne s'accordant que les soulagemens nécessaires pour ne pas compromettre sa santé : ainsi lorsqu'on peut jeûner en faisant gras , on doit le faire ; quand on peut faire maigre et qu'on ne peut pas supporter le jeûne, il faut faire maigre. Dans tous les cas, il faut, les jours de jeûne, éviter les repas somptueux , les cabarets, les parties de plaisir, etc. ; en un mot il faut se rappeler qu'on peut être dispensé du jeûne ^ mais qu'on ne l'est point de faire pénitence.
VL II y a obligation de jeûner les trois jours des Quatre-temps , la veille de quelques grandes fêtes, et tous les jours du Carême, excepté le di^ manche.
SECTION III
Sur l* Ahsiinence du Vendredi et du Samedi ; sur les Vigiles ou Veilles de fête,
La pénitence est un des moyens les plus effi* eaees et leiS plus agréables à Dieu pour se disposer à la prière ^ et obtenir les grâces que noua demandons (i). C'est par ce motif que l'Église prescrit l'abstinence le vendredi et le samedi , et que la plupart des communautés religieuses jeû^ nent ces jours-là. Son intention est de rappeler aux fidèles les souffrances et la sépulture de Jé« sus-Christ : elle a aussi l'intention de les disposer par là à célébrer comme il faut le saint jour de dimanche. C'est par le même motif que l'Égliso prescrit de jeûner la veille de certaines fêtes qui sont les plus solennelles de l'année. Ce jour a retenu le nom de vigile, parce que les fidèles se rendaient aux dffîces de la nuit, comme on le fait encore la veille de Noël.
Autrefois on jeûnait la veille de tous les apôtres et de plusieurs autres fêtes. Aujourd'hui il n'y a de conservé que le jeûne de la veille de la
(I) Voyez le traité S, ch. 2 du I3.« vol. de la Vie des Saints, traduite de l'anglais»
Pentecôte ; des fêtes de Saint Pierre et de Saint Paul^ de l'Assomption, de la Toussaint et de
Noël.
Comme on ne jeûne jamais les jours de di« manche, quand une fête est renvoyée au lundi le jeûne se fait le samedi précédent.
Le jeûne de la veille de Saint Pierre et de Saint Paul est toujours renvoyé au samedi qui précède le dimanche où on célèbre la fête.
SECTION IV
Des Quatre^ temps»
Le jeûne des Quatre-temps présente un si (rand intérêt aux fidèles, il est si religieux et si moral, que les pasteurs ne sauraient trop rappeler et développer la fin que l'Église s'est proposée en l'instituant. Qu'on expose donc aux fidèles la nécessité de consacrer à Dieu par la pénitence les quatre saisons de l'année ; qu'on les engage u jeûner et à prier pour attirer sur les fruits de la terre les bénédictions du ciel , et obtenir la grâce d'en faire un saint usage, quand ils ont été recueillis. Mais qu'on leur rappelle surtout la nécessité de jeûner et de prier pour obtenir de saints prêtres, puisque c'est pendant la semaine des Quatre- temps que se font les or-
( »47) dinations (i). Les pasteurs qui seront pénétrés de ces pensées ^ prêcheront d'exeifiple , et seront ingénieux à trouver des moyens d'exciter daps les autres les sentîmens dont ils sont animés. Une messe dite avec un peu plus d'appareil ces jours-là» et une invitation faite aux personnes pieuses d'approcher des sacremens , entreraient parfaitement dans l'esprit de rÉ]g;lise.
I. Les Quatre-temps imposent l'obligation de faire maigre et de jeûner le mercredi^ le vendredi et le samedi de la semaine où ils tombent^
II. Les premiers Quatre-temps sont «la première semaine du Carême, et il n'est pas douteux que ceux qui manquent au jeûne un de ces trois jours , se rendent coupables d'une faute plus grave 9 à cause des deux préceptes qui concourent. ^
III. Les seconds Quatre-temps tombent pendant l'octave de la Pentecôte 9 et comme c^est le samedi de cette semaine que se fait la plus nombreuse ordination dans le diocèse de Belley et presque partout, c'est particulièrement cette se-
■ Il fc 111 Ml
(I) Voyez les canons de prime du 3.* dimanche de l'Aven t et les saivans ; le Catéchisme de Mnsy\ celui de '^Montpellier 't le 13. " vol. de la Vie des Saints^ traduite de l'anglais , et le traité historique et dogmati({ue des fêtes, ^9S AL F.
( 148 ) maine qu'oïl doit prier pour les ordinands; c'est aussi le temps où les récoltes courent le plus de danger 5 ce qui doit nous déterminer à faire des prières pour demander à Dieu qu'elles soient préservées.
ÏV. Les troisièmes Quatre-temps commen* cent le mercredi qui suit le 14 de septembre. C'est le temps des retraites pastorales ; nouveau motif de prier pour le clergé.
y. Les quatrièmes Quatre temps tombent la troisième semaine de l'Avent^ et servent tout à la fois de préparation à la fête de Noël et de moyen pour obtenir de Dieu la grâce de faire ^ pendant l'hiver, un saint usage des fruits de la terre qu'on a recueillis dans les saisons précédentes.
Les instructions des pasteurs pourraient être analogues à ces diverses circonstances et à ces diverses intentions de l'Église (1).
TITRE V
Sur l'Avenu
Eb temps de l'Avent est particulièrement destiné à préparer les fidèles à célébrer comme il
(I) Voj. le Rituel de Toulon , 3 vol, et la Méthode de direct. 2 vol.
( i49 ) faut la fête de Noël. Autrefois les fidèles jeûnaient pendant l'A vent comme on le fait pendant le Carême (i)^ et aujourd'hui cet usage subsiste encore dans plusieurs communautés religietises. C'est par ce motif qu'on multipliait les instructions, et que les prédicateurs faisaient une station pendant l'Avent comme pendant le Carême II est impossible de rétablir entièrement ces saints et pieux usages , si étroitemer.t liés avec les principes de la foi; mais nous devons nous en rapprocher autant qu'il est possible, et en conserver les restes précieux.
En conséquence,
I. Nous désirerions qu'on fît la prière tous les soirs, et une instruction ou une lecture de piété dans toutes les églises paroissiales, pendant le temps de l'Avent, sauf le samedi.
II. Nous invitons les pasteurs des grandes paroisses à prêcher , ou fa're prêcher tous les dimanches de l'Avent, à vêpres, autant qu'il sera possible, ou du moins à faire une instruction ana« logue au grand mystère qui doit terminer ce saint temps ; mystère qui intéresse si vivement tous
(I) Benoit XIV, Instit. II, n. 5. — Traité historiq, et dogmat. des priscip. fêtes, t. I«er
les cœurs susceptibles de reconnaissance envets Dieu.
III. Nous maintenons Tusage de dire une messe à minuit le jour de Noël. Nous recommandons de ne pas dire de messes simultanées pendant la messe de minuit dans la même église, mais plus particulièrement encore pendant la grand'messe.
IV. En approuvant l'usage si ancien et si intéressant de chanter des noëb dans les. familles et même dans l'église , nous recommandons de ne pas chanter dans Téglise ceux qui pourraient distraire du recueillement religieux que la grandeur du mystère doit inspirer.
. y. L<^rsque la fête de Noël tombe un vendredi ou un samedi , on peut faire gras , selon la décision du Pape Honorius III ^ rapportée par Benoit XIV (i).
VI. Nous invitons les pasteurs à s'aider mu« tuellement pour les instructions et les confessions pendant l'A vent et vers les fêtes de Noël^ comme dans le temps pascal, et à faire tout ce qui sera en leur pouvoir pour réveiller la foi et la piété à cette époque (3).
(I) InsHt. 35 , n. 6. — (2) Voy. le I3,» vol. de la Fie des Saints f et le Traité JUstori^ue et dogmatique des yiâtM principcdes^
TITRE VI
Sur te Carême et la semaine sainte.
Tout le monde sait que le carême est destiné 1 nous disposer, par le jeûne, la prière et la pénitence, à célébrer comme il faut le plus grand mystère de la religion. Mais que de changement dans la manière de remplir les vues de TËglise , et même dans raccomplissen^eiit des devoirs qu'elle nous impose 1 C'est aux pasteurs fidèles à ressusciter la foi presque éteinte , et à mettre à profit les grandes leçons que la Providence vient de nous donner pendant la révolution . Devenons apôtres, et les fidèles qui nous sont confiés redeviendront chrétiens et catholiques comme dans les premiers siècles.
. I. Nous ordonnons à tous les pasteurs de faire la prière du soir et une instruction, ou une lecture de piété, tous les jours , excepté le samedi , pendant le Carême; ils ne pourront pas se dispenser de cet exercice pendant plusieurs jours , sans en avoir prévenu nos archiprêtres et leur en avoir exposé les raisons.
II. Nous permettons de donner la bénédiction du saint Sacrement tous les dimanches de Carême, mais nous désirons qu'il y ait un sermon a vêpres, oa du moins une instructioii , cp\ T:^xk^
Icra plus particulièrement sur les dispositions qu'il faut apporter à la réception des sacremens.
III. Le premier dimanche de carême, les pasteurs doivent commencer à rappeler aux fidèles l'obligation de la confession annuelle, et leur donner les avis nécessaires pour qu'ils puissent la faire avec plus de fruit , et se mieux pré-» parer à la^ communion pascale. Ils devraient même, dès ce jour, annoncer la confession des enfans, et la commencer au plus tôt.
IV. Tous les vendredis de Carême, nous dési-* rerions qu'on fit dans l'église , d'une manière solennelle , le Chemin de ta Croix, dont nous autoriserons rétablissement sur la demande des pasteurs.
V. Nous apprenons avec douleur que les offices de la semaine sainte sont peu fréquentés, et qu'on n'y met pas cet intérêt religieux qu'y portaient nos pères , et qui les déterminait à suspendre leurs travaux pendant quelques heures, pour entrer dans Tesprit de l'Eglise, et s'occuper du mystère auguste de la rédemption , en assistant aux offices (i).
(I) On trouvera des détails fort intéressans sur le devoir pascal et la semaine sainte , dans le 13. <^ vol. de la f^ie des Saints et dans le Traité historique et dogma- ^ue des Fàtesj et autres^ ouvrages dé\à indiqués.
TI. Nous recommandons aux pasteurs de céliébrer^ autant qu'il sera possible^ l'office des Ténèbres.
VU. C'est un saint usage que celui de visiter les églises Je Jeudi saint, mais il faut le faire avec recueillement. A l'égard des paroisses où il n'y a qu'une église, on pourrait faire une procession dans les rues, en chantant le Vexitta régis ou le Miserere, toujours dans l'intention de remuer les consciences des indifTé* rens et des impies.
YIII. Nous recommandons aux pasteurs de prêcher ou de faire prêcher la passion dant leur paroisse, dussent-ils la lire, pourvu que ce soit avec force, avec onction, avec ce ton de piété qui vient du cœur et ne manque jamais d'aller au cœur des autres. On n'est pas assez persuadé des heureuses impressions que produit dans l'ame le simple récit des souffrances de Notre-Seîgneur, accompagné de quelques réflexions uiorales, analogues aux dispositions de l'auditoire; qu'aucune paroisse ne soit privée d'entendre parler de cet intéressant sujet le jeudi au soir ou le vendredi; nous re» commandons à nos archiprêtres d'y tenir la main.
- IX. Le samedi-saint aucun pasteur ne doit se dispenser de la cérémonie du ieu boxxn^^M S*
t;ï de la bénédiction des fonts, de baptême. Tout le clergé et toutes les confréries doivent y assister , et il serait à propos qu'il n'y eût qu'une messe dans chaque église (i).
X. Le jour de Pâques est la solennité des solennités. Ce jour doit être marqué par 1^ joie toute divine que doit nous inspirer le triomphe de Jésus-Christ, et par la paix ce* leste que procure aux consciences l'accomplissement du devoir pascal. Heureux ceux qui auront pris les moyens nécessaires pour se la procurer! Heureux les pasteurs qui, par leur zèle,^ leurs sacrifices, leurs ferventes prières^ auront obtenu du ciel la conversion et le retour sincibre des brebis dispersées du troupeau de Jésus-Christ! Que les instructions de ce îpur soient courtes > mais toutes remplies de l'esprit du Sauveur.
XI. Nous parlerons ailleurs du devoir pascal, et des n]koyens à prendre pour le faire bien remplir.
(I) C'est ce qui est obsené presque partout, d'après Fcrraris , au mot Missœ sacrifie, , art. 5 , ii.*> 9 , qui cite une décision de Clément XI. L'usage contraire a préfàlu dans le diocèse de Lyon et quelques autres diocède Fraoce»
( i55 ) TITRE VIL ' Sut ta Cammémoralgon: des Morts.
II nous est sans doute impossible de parler do foulés les solennités de- l'Eglise et de Tesprit dans lequel on doit les célébrer.,
La commémoraison des morts, néanmoins, présente un ^nre d'intérêt si touchant et si propre à réveiller la piété , que nous croyons devoir en £aire une mention spéciale.
Qui pourrait n'être pas ému au souvenir de ce conunerce divin que la foi nous découvre exister entre les vivans et les morts? Quelle consolation de penser que nos parens , nos amis , ne sont pas entièrement peidu^ pour nous; qu'ils ^'occupent de notre bonheur , s'ils sont parfaitement heureux ; que nous pouvons encore leur élre utiles 9 s'ils n'ont pas entièrement satisfait à.* la justice de Dieu !
Le dogme du purgatoire est si raisonnable et si consolant , qu'on ne conçoit pas comment la doctrine qui lui est opposée ^ a pu trouver un seul partisan : aussi nous savons que beaucoup de prptestans prient pour les morts, et font même dire des messes pour les âmes du purgatoire, entraînés peut-être par la tradition ineffaçable de la doctrine catholique professée par \ewT% ^Ti^^«
( >5« ) ires ; peut-être aussi par cette théologie du sentiment qui a tant d'empire sur les âmes droites , et qui a sauvé du- naufrage tant de vérités fonda-* mentales , au milieu des superstitions du paganisme (i).
Mettons k profit de si heureuses dispositions, et ranimons parmi les fidèles une dévotion que nous pourrions regarder comme tenant à la tradition universelle du genre' humain, puisqu'il n'y a peut»être- aucune religion ancienne ou moderne qui, parlant du sort des âmes qui sont dans l'autre vie , n'ait admis un milieu entre le ciel et l'enfer (3).
(I) Les dogmes de'rexîsteiice de Dieu, de rimmortalité de l'ame, des peines et des récompenses de l'autre ▼ie, ainsi que les principes des vérités, morales ^ sont plus dans le cœur que dans l'esprit, et il est presque toujours plus aisé d'en faire revivre le sentiment que d'en faire comprendre la démonstration : c'est pour cela sans doute qu'on a dit avec .tant de raison que Tincrédulité commençait par le cœur > et qu'on a trouvé si juste et si profond ce mot du prophète : Dixit ùisipiens in corde suo : JSon est Deus, P. 13 et 52.
(?) Voyez Belîarmin, qui cite Platon, Virgile^ etc.
•— Voyez le Dictionnaire des cultes y art. Purgatoire et
art. Arax , qui est le purgatoire des Mahométans. —
Voyez aussi \es Entretiens pkilosophitfuès sur la réunio/%
^(ts diffërisrUes communion* chrétiennes ^ par le baron
Tous les jours Tëglise nous met dans la né-» eessité de nous rappeler le souvenir de lios frères défunts: à la sainte messe , à l'office, dans les grâces après le repas, etc., elle parle sans cesse k notre cœur en faveur des âmes du purgatoire 5 et nous invite à faire passer dans l'âme des fidèles les séntimens dont nous devons être pénétrés en disant ces paroles : Fidelium animœ per miserîcordianft Dei requiescant in pacé.
I. Tous les pasteurs doivent inviter les fidèles ^ d'une manière très-pressante , à assister au saint sacrifice de la messe le 2 novembre, jour de la Commémoraison des morts : cette messe était autrefois d'obligation , et l'est encore dans plusieurs diocèses. Nous ne renouvelons pas cette obligation , mais nous désirons que la foi , la piété , la reconnaissance tiennent lieu de précepte , et cela dépend du zèle des pasteurs.
^■»— ^— ■ mil I I ■ I I 1^——»
de Starck) ministre protestant , page 333; il cite plusieurs docteurs protestans qui admettent le purgatoire et la prière pour les morts. M. Dejou , autre ministre protestant j parle dans le même sens dans ses lettres sur ritalie.
Il n'est pas inutile 4'obser\'er que ce sont les Protes* tans, et surtout les Anglais ; qui se sont le plus fortement prononcés contre réternlté des peines de l'enfer; c'est-à-4ire qu'après avoir nié Vexistence du purgatoire^ Us ont changé l'esfer en purgatoire.
II. On ne peut dire ce joor-là que des messes de morts, et l'usage est que chaque prêtre la dise pour les fidèles défunts.
IIL Ceux qui sont autorisés à biner dans une autre paroisse , pourront le faire également le jour des morts.
IV. Nous désirons que dans toutes les grandes paroisses on célèbre l'octave des morts, et nous accorderons Ja permission nie donner ta bénédiction du saint Sacrement tous les jours de l'octave, aux pasteurs qui la demanderont, mais à condition qu'il y aura une instruction ou une lecture analogue à la circonstance, et qu'on chantera le Liftera,
y. Dans les petites paroisses où cette octave ne pourrait pas être établie ,^ nous autoriserons encore à donner la bénédiction du saint Sacrement 4e jour des morts et le dimanche dans l'octave , si on le demande ; mais cette bénédiction sera aussi précédée par le chant du JAéera, et autant qu'il sera possible par une instruction.
Yi. Nous défendons de la manière la plus sévèie'de détour» er à d'autres usages / sous quelque piélexte que ce soit, le produit des quêtes qui ont été faites à l'intention de prier pour les morts. Cet argent doit être employé en honoraires de messes basses : on pourra néanmoins l'appliquer à des grand'messes^ si c'est l'usage ,
mais au taux marqué dans le titre relatif au casuel.
TITRE VIII
Sur les Superstitions»
En invitant les pasteurs à prendre tous lei moyens possibles pour ranimer la piété 9 nou» ne devons pas leur dissioHiler les abus qui se mêlent dans les pratiques les plus saintes , et la facilité avec laquelle les fidèles peu instruits se précipitent dans des superstitions condamnables. Un pasteur éclairé et vigilant saura contenir son peuple dans ce juste milieu où se trou« vent la vérité et la vertu. Malheur à ceux qui^ payant un tribut coupable au siècle impie où nous vivons , rejetteraient ou mépriseraient des pratiques de dévotion qui sont approuvées par l'église , ou des doctrines qui sont fondées sur les principes de la foi, et sur des faits consignés dans l'évangile et dans les monumens les plus respectables de l'Histoire ecclésiastique (1;! Mal-
f I) L'ÎDteTvention du démon dans les choses bumaines est si clairement marquée dans l'Ecriture, et notamment dans l'£vangile , qu'il n'est pas possible d'en douter sans se rendre coupable. Cette interrention avarié
henr également à ceux qui 9 par négligence ^ paf ignorance 9 et peut-être par intérêt 9 entretiendraient ou laisseraient subsister des pratiques su-
selon les siècles et seloni les pays^ et il serait aisé de démooirer que l'église catholique l'a poursuivie et proscrite sous toutes les formes. C'est là le fondement des exorcismes , des aspersions , des encensemens et de beaucoup d'autres pratiques respectables , auxquelles on ne fait plus assez d'attention. Voy. les Œuvre^de Bossuet, édit. de Lebel, t. 8, p. 522, t. 10, p. 13; t. 12^ p. 120; »- VHist, des Superstitions , par le P. le Brun , en 4 v. « •— le Dictionn. de Bergter, art. Démon et Démoniaque f — - La Dissertation de dom Calmât sur les bons et les mauvais Anges , et celle sur les Possessions et les Ob^ sessions. On trouve dans la Théologie de Collet, en 7 Tol. , t. 2 , pag. 435 , à la fin du traité de la Religion , un fait très remarquable arrivé à un missionnaire de la Chine , qui était originaire de Romans. Mais l'ouvTage qui renferme les notions les plus profondes et les plus lumineuses sur cette matière , c'est celui de Benoit XIV, intitulé De servorum Dei Beatijicatione et beatorum Can nonisatione , lib. 3 , cap. 50; n. 9, et cap. 51 , n. I et seq. Quand on voit ce savant et judicieux Pontife traiter ces questions avec autant de gravité et de sagesse, qui ne s'étonnerait de la légèreté avec laquelle quelques personnes se permettent d'en parler !
perstitieuses qui avilissent la religion et sont ojh posées à la foi et à la morale (i).
I. Nous défendons , sous peine d'excommunication 9 de faire tourner la baguette divinatoire (2) ; d'employer des œufs ^ des cartes , des miroirs 5 des cribles, des herbes, ou tout autre moyen superstitieux pour connaître l'avenir, pour découvrir des voleurs ou des trésors cachés, pour faire connaître la bonne ou mauvaise fortune, etc.; et nous nous réservons l'absolution de ceux et celles qui se rendent coupables de pareils crimes (3).