II. Nous défendons également, sous peine
(I) On trouvera des détails essentiels sur cette matière dans le Rituel de Toulon, sur le premier commande* ment de Dieu , mais surtout dans les conférences d^ Angers y t. I : on y trouvera aussi des règles de conduite utiles — (2) Ceux qui font tourner la baguette pour décou^TÎr des sources ou des mines, ne sont point compris dans cette défense , mais nous pen« sons qu'il est à propos de les éloigner de cette pratique i dont l'eiercice n'est pas sans danger pour le salut. — (3) Dieu, dans rÉcriture, déclare qu'ils sont dignes de mort. Lévit. 20, v. 27; Deut. 13, v. 7 ; !.•' des RoîJ 28, ▼. 0 i 4 des Rois 23 , t. 24. Les canons pénùentîauXf recueillis par saint Charles , les condamnent à 7 ans de pénitence. Voyez aussi le code pénal, art. 479 et 480.
d'excommunication, la pratique mensongère ^ superstitieuse et criminelle de quelques personnes qui disent connaître l'état des âmes qui sont dans le purgatoire, et ordonnent en conséquence des aumônes, des prières , etc. : nous nous réser-» vons l'absolution delà faute qu'elles commettent. '
III. Nous défendons de la manière la plus expresse le recours à toutes ces espèces de devins^ quelque bonne que paraisse l'intention des personnes* qui consultent sérieusement , nous regardons leur faute comme grave, et nous nous en réservons Tabsolution (i).
IV. Nous défendons à tous les prêtres de notre diocèse de recevoir les honoraires de messes et même les aumônes qu'ils savent positivement avoir été ordonnées ou conseillées par ces imposteurs.
y. Nous défendons à tous les ecclésiastiques de notre diocèse de faire des exorcismes pour chasser les démons, sans y être autorisés par nous.
(I) Cette défense est souvent réitérée dans l'Ecritare, comme on peat le voir, Lévit. 19» r. 31, et 20, v. 6; Deat. 28, t. II et 12 ; Jérémie 27, v. 9, 10, etc. Les canons pénitentiàux , recueiUis par saint Charles, Condamnent à cinq ans de pénitence ceux qui consultent les devins.
TItfeE IX.
De l * Instruction religieuse.
L'obligation imposée aux pasteurs d'instruire leur troupeau est si souvent et si clairement énoncée dans le saint Concile dé Trente (i) ^ et dans tous les mônumens ecclésiastiques (a) ; les avantages qui résultent de l'accomplissement de ce devoir, sont si évidens et si consolans; rigno* rance de la religion a eu des suites si funestes^ qu'il ne peut pas s'élever le moindre doute sur l'importance de cette obligation. Mais ce n'est pas assez de la connaître , il faut la remplir j et on chercherait vainement des prétextes plausibles pour s'en dispenser. Est-il possible qu'il se trouve des pasteurs qui restent plusieurs mois , plusieurs années sans faire d'instruction dans leur paroisse ? Nous espérons n'en avoir jamais
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(I) Ses8. 5, c,2, de Reformatione } Sess. 22, c. 8, de Sacrifm missœ ; Sess. 24> c. 4 et c. 7. — (2) Voyes les conférences d^ Angers , t. 18 ; —^ le Pastoral de Limogée , t. 2 , titre 2 / ch. I et suiv. : — les canôDS de prime de la 4.^ semaine après Pâques , et ceux des lundi, mardi et mercredi après le dimanche de la sainte Trinité,
la preuve dans le diocèse^ et nous rappelons i nos archiprêtres qu'ils seraient responsables devant Dieu de tous les maux qui résulteraient de leur négligence» s'ils ne nous avertissaient pas lorsque les pasteurs de leur arrondissement restent quelque temps sans annoncer ou faire annoncer la parole de Dieu dans leur église.
I. Ne craignons pas de le répéter, tous les dimanches les pasteurs sont obligés (i) de faire une instruction , appelée prône 9 à la messe de paroisse » sur l'évangile ou sur quelque sujet particulier, ou même sur le catéchisme.
Nous recommandons que cette instruction soit courte, bien préparée, appropriée aux besoins delà paroisse, et faite en chaire plutôt que de l'autel.
C'est surtout à l'approche des grandes solennités qu'on doit redoubler de zèle pour s'acquitter de cette obligation importante ; il y a des pasteurs qui font une instruction ou une lecture le soir dans l'église, quelques jours avant les gran* des fêtes : lious ne pouvons qu'applaudir à cette pratique.
II. Quand on ne fait pas d'instruction après les prières du prône , et que les travaux ne sont pas pressaus, nous ordonitfons de lire l'Abrégé
(I) Voyez plus haut titre UI^ sec t. 2; n, I.
de la Doctrine chrétienue 9 qui est au coxnmen-* cernent du catéchisme et dans le second volume de cet ouvrage ; mais il faut le lire lentement , et en développer quelquefois le sens.
III. On remplit l'obligation de faire le prône en faisant un catéchisme raisonné pendant lamesse 9 et c'est même la manière d'instruire la plus efficace dans les petites paroisses ; ce-* pendant après cela on n'est pas dispensé de faire le catéchisme aux enfans le dimanche ou pendant la semaine.
lY. On remplit également cette obligation d'une nianière très-avantageuse en faisant des conférences à deux interlocuteurs , dont l'un placé au milieu de l'église fait les questions , et l'autre placé en chaire fait les réponses. Cette manière d'instruire pourrait surtout être employée à vêpres , comme plus propre à réveiller l'attention. Nous défendons expressément de faire proposer les questions par des laïques. Nous défendons également de se livrer à des plaisanteries peu convenables , qui feraient oublier au peuple la sainteté du lieu et faciliteraient la dissipation.
y. Nous recommandons aux >eunes prêtre^^ plus particulièrement d'écrire leurs instructions^ et de ne pas se livrer à une abondance souvent «térile et presque toujours peu mesurée dans
le fond et la forme. Nous lear recommandons d'apprendre par cœur ce qu'ils ont écrit, et de ne pas faire habituellement de simples lectures , du moins le dimanche.
YL Nous défendons à tous les prêtres de parler dans l'église d'objets temporels, mais surtout de ce qui serait relatif à leur traitement et autres objets de ce genre. Nous leur défendons aussi de lire les lois , ordonnaqces , arrêtés , proclamations, etc. de l'autorité civile, à moins qu'ils n'en reçoivent l'ordre de notre part.
VU. Nous défendons d'apostropher l'auditoire, de l'interroger pour en obtenir des réponses simultanées , de sortir le saint Sacrement y. de présenter le crucifix ( sauf le vendredi-saint } , ou de recourir à d'autres fnoyens qui ne sont pas usités , dans l'intention d'émouvoir l'auditoire et d'exciter sa sensibilité. Ces moyens sont utiles dans les missions, où les cœurs sont préparés depuis quelque temps à ;ces émotions; mais dans tout autre temps ils seraient inutiles et même dangereux. La fonction d'un pasteur est d'éclairer d'une manière douce et insinuante sur toutes les véritcs de la religion , d'en faire apercevoir les foudemens et les avantages , et non d'épouvanter sans cesse. Si nous entendions le tonnerre bien souvent, nous finirions par ne plus y faire attention ; il faut
réserver les grands mouvemens pour les occasions extraordinaires.
YIII. Nous défendons à tous les curés desservans et autres prêtres de s'élever contre les vices de manière à désigner quelque personne en particulier : cette conduite est contraire à la prudence et à la charité ; elle ferme souvent la porte au retour de certains pécheurs , qui s'aigrissent au lieu de se convertir.
IX. Ce que nous disons des pécheurs en général , nous le disons en particulier de nos frères séparés. Demandons souvent à Dieu leur conversion ; développons d'une manière claire et précise les vérités de la religion .et les fondemens de notre croyance comme catholiques; mais ne cherchons jamais à humilier des hommes qui sont quelquefois plus malheureux que cou* pables f et qui souvent ne sont retenus dans l'erreur que par respect humain ou par habitude. Le grand nombre de conversions (i) de Protestans qui s'opèrent en France , en Angleterre , en Allemagne et ailleurs , nous donne les plus grandes espérances d'en voir revenir un plus grand nombre encore ; mais gardons-pous
(I) Voyez UQ livre intitule Conversions remarquables de queît^ues Protestans. — Voy. zsiBsi^Ami de la' Re^ Ugion et du Roi, V Z2 , vu 813.
de mettre obstacle aux desseins miséricordieux de la Providence par un zèle mal réglé.
X. Nous défendons à tous les pasteurs de laisser prêcher les ecclésiastiques 9 même ceux qui sont diacres 9 sans une permission expresse de notre part. Nous défeudçns également de laisser prêcher des prêtres inconnus sans qu'ils y soient autorisés par nous. Cette autorisation est aussi nécessaire pour les stations de Carême et pour les missions , quoique les prédicateurs soient connus.