‹ RITUEL DU DIOCESE DE BELLEYChapitre 2 sur 48 · TI MANDEMENT · texte numérisé non relu

TI MANDEMENT

les vertus seront toujours présentes à notre souvenir (I), vous pensiez qu*un Recueil d'Instructions et d'Ordonnances écpiivalent à celui qui fut publié dans le diocèse de Valence en 1823, pourrait vous être utile et vous servir de règle dans les devoirs que tous avez à remplir. Plusieurs causes nous ont empêché de nous rendre plus tôt à vos vœux, qui étaient aussi les nôtres. Le diocèse de Belley n'ayant été rétabli qu'en 1822 (2) , il a fallu d'abord y former des établissemens diocésains , organiser un grand nombre de paroisses, faire la visite de toutes, leur procurer des missions, établir les retraites et les conférences ecclésiastiques , créer ou ranimer des associations religieuses pour l'instruction de la jeunesse , et pour exciter la ferveur dans les paroisses , provoquer des réparations et même la reconstruction de plusieurs églises et surtout d'un grand nombre de clochers qui avaient été horriblement mutilés dans nos contrées , pendant nos mal-

(i) M8^ De La Tourettc, ëvêque de Valence, dont nous avons été grand-vicaire pendant plusieurs années.

(a) Le diocèse de Belley remonte à la plus haute antiquité : il était d'abord placé à Nyon , dans le canton de Vaud en Suisse ; mais ce pays ayant été ravagé par les Boureùignons , vers l'an 400 , Tévêque , appelé Audax, Tint se réfugiera Belley, où ses successeurs ont constamment siégé. Ce diocèse ne se composait , avant la révolution , que de 96 paroisses , dont le tiers environ fut réuni à Cliambéry, un autre tiers à Grenoble, et le reste ail diocèse de Lyon à l'époque du concordat de 180f. Pie VII a rétabli cet évê du' par sa bulle du II juin 1817, et dciînitivement par sa bulle (lu 6 octobre 1822. Le St. -Père lui attribue toutes les paroisses du département de l'Ain , d*où il résulte que ce diocèse se compose maintenant de 400 paroisses, dont à peine 30 faisaient partie de l'ancien diocèse de Belley, le reste appartenait aux diocèses de St.-Clande, d'Annecy, de Mâcou , «t la grande majorité à la métropole de Lyou,

MAKDEMEirT. Tif

liciin(I). Il fallait, par des réglemens particuliers et des lettres circulaires , faire Tessai de ce qui était ntile et possible , dans les circonstances , pour le séparer de ce qoi ne fêtait pas ; il fallait étudier la tradition et les usages de Fantiqne et vénérable église de Lyon , dont le diocèse de Belley était un démembrenlent, et dont la litburgie que Boos suivons (2) diâfère en plusieurs points de celle des autres diocèses , et parait remonter jusqu'aux temps apostoliques.

Nous nous sommes occupé jusqu'ici , sans interraption , de tous ces objets , et grftces soient rendues à l'auteur de tout bien qui a daigné répandre ses bénédictions sur nos travaux , nous ne l'avons pai fait sans* fruit. Nous avoDS aujourd'hui un clergé nombreux, dont les membres rivalisent de zèle dans l'accomplissement de leurs deroirs; les fidèles ont reçu avec joie la semence évangélique , et ont fait de grands sacrifices pour relever eo peu de temps les ruines du sanctuaire.

Il ne nous reste maintenaut qu'à consolider et à fortifier de si heureuses dispositions ; or, c'est <;e que nous allons faire en vous livrant, dans ce nouveau Rituel, le fruit de nos veilles et de notre expérience.

Nous disons de notre expérience , N. T. C. F. , parce que nous avons exercé nous-méme , pendant plusieurs années , le saint ministère , que nous avons été à portée de connaître les difficultés les plus embarrassantes qu'on

(i) Plus de 4^0 clochers ont été abattus dans le diocèse de Belley pendant le temps révolutionnaire.

(a) Cette lithurgie était établie dans le dioéèse de Belley quand nous y sommes arrivé, et c'est pour cela qac nous avons'fait imprimer un Manuel des cérémonies lyonnaises , qui est en circulation , et qu'on peut regardés comme faisant partie du présent Rituel.

Tltl MAKDBMENT.

y rencontre , et le besoin qu'on éprouve d'avoir sons la main des décisions claires et précises qu'il faudrait quelquefois chercher dans plusieurs volumes , qu'on n'a pas le temp3 de parcourir et que même souvent oit n'a pas à sa disposition.

C'est donc pour éviter beaucoup de peine et la perte d'un temps considérable à nos chers Goopérateurs , que nous avons recueilli une foule d'observations et de décisions pratiques dans le !.<'' volume de ce Rituel. Nous le divisons en quatre parties , qui renferment des instructions et ordonnances , I." sur l'administration générale du diocèse; 2.° sur l'administration des paroisses; 3.° sur Tadministration des sac»emens; 4.*> sur l'administration temporelle et les objets matériels qui servent au culte divin.

Notre intention n'est pas et ne pouvait pas être de donner un cours de théologie et d'administration , qui dispensât d'étudier ailleurs les questions que nous traitons; au contraire, après avoir donné, en peu de mots, la solution des difficultés et des cas de conscience embarrassans qui se présentent, il nous arrive souvent de faire connaître les auteurs où l'on pourra trouver le développement de nos réponses. Nous indiquons de préférence ceux que les ecclésiastiques sont plus à portée de se procurer, et qui , pour l'ordinaire , ont servi de base aux questions que nous proposons chaque année pour les conférences ecclésiastiques.

Qu'on saisisse donc bien notre pensée; non seulement cet ouvrage ne doit pas dispenser d'étudier et de faire des recherches , mais il est au contraire destiné à faire voir aux ecclésiastiques que ce n'ast que par une étude approfondie de la religion, de l'Siiatoire ecclésiai-

M ANDEMEifT. IZ

tiqoe, do droit canonique , de la tbéologîe dogmatique et ■onle , qa'on peat se mettre au niveau dea connaialaacefl nécessaires pour remplir l'auguste mission que MBS avons reçue du Ciel.

Parmi les auteurs que nous avons cités on distinguera , tai» doute , saint Charles-Borromée , qu'on peut regarder comme le restaurateur de la discipline ecclésiastique, dans ks Actes de Milan ; saint François de Sales , dont la sagesse , la modération et la piété , ont laissé dans toutes les paroisses de Pancien diocèse d'Annecy, des traditions ^ paraissent ineffiiçables (I); le savant Benoit XIV, dont les ouvrages jocdssent dans l'Eglise d'une si grande aotorité , m^me en ne le considérant que comme théologien. San traité de synodo diœcesanà, sta Institutions ou instructions pastorales sont parfaitement adaptées aux sujets divers que nous traitons, et nous n'avons pas manqué de les citer aussi souvent que nous l'avons pu, à l'appui des décisions que nous avons données.

Après les saints et savans auteurs dont nous venons de parier, il ne sera pas difficile de s'apercevoir que Boas citons avec une espèce de complaisance les ouvrages du bienheureux Ligori ; mais il est' aisé de justifier cette prédilection , I.^ sa théologie est une des plus complètes que nous connaissions sous le rapport de la morale pratique ; comme elle est récente , elle renferme l>eaacoup de choses qui ne peuvent se trouver dans aucune théologie antérieure; 2.<* cette théologie est peu coûteuse , parce que les éditions en sont très-multipUées depuis quelque temps , ce qui fait qu'on peut se la procurer

(i) Le diocèse actnrl de Bcllcy renferme plus de do paroisses de raucicn diocèse d'Annecy, dans le8()ucUes OD conserve encore le souvenir des visites pa&tOT8kV«ft Jti'i/j' a faites.

X MANDEMEÏTT.

avec facilité; 3.* rameur a travaillé pendant plusiettff années dans le saint ministère ^ et surtout dans les mis-» sions, en sorte qu'il parle toujours par expérience et avec un ton de piété , de charité et de modération qui va au cofnir ; 4<* Lîgori est un saint béatifié et qui sera bientôt canonisé ; or, il est consolant de penser qu*on peut se sanctifier et sanctifier les autres , en se conformant aux règles de conduite qu'il a adoptées et suivies ; 5.^ ses ouvrages ont été examinés avec soin par une congrégation qui a déclaré , par décret du 14 mai 1803 , approuvé par Sa Sainteté le 18 du même mois, qu'il n'y avait rien d'opposé aux règles de la morale et de la doctrine catholique , avantage précieux qu'on ne rencontre dans aucun livre récent de théologie ou de piété. Malgré toutes ces observations , on aurait tort de penser que nous conseillons d'adopter aveuglément tons les sentimens du B. Ligori ; il a pu se tromper et il avoue Ini-méme qu'il s'est trompé sur quelques articles, qu'il a rectifiés dans les dernières éditions. D'ailleurs | il peut y avoir dans le royaume de Naplea , où il a écrit y des opinions particulières ou des usages autorisés parla coutume qu'il ne serait pas permis de suivre en France. H faut donc invoquer et respecter le B. Lîgori comme un Saint ; mais il faut examiner et peser ses raisons , t% ensuite décider selon sa conscience et sa propre con» viction.

Ce que nous disons du B. Ligori , nous le disons , à plus forte raison , des sentimens que nous avens adoptés sur certaines matières : lorsqu'il s'iagit de questions relatives à la discipline ecclésiastique, nous avions le droit , sans doute, de faire des ordonnances et de lier la conacience des ecclésiastiques et des fidèles, et nous l'avons ^ait quelquefois , en observant nèimmouks de uft^xonoucer

Page 1