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actuel. On ne peut donc pas dire que ces docteurs se
soient volontairement et opiniâtrement enfermés dans un passé disparu ; c'est à la fois pour instruire et pour moraliser les Juifs de leur temps qu'ils écri-
paient leur somme talmudique.
Je citerai; parmi beaucoup d'autres, les articles
suivants du traité VIT, qui font nettement ressortir la tendance juive a séparer la personne de l’idolätre
de l’idée païenne, pour respecter l’une en flétrissant
l’autre :
Chap: 124, art. 9 et sa glose ; art. 24 èt sa’glose ;
| art: 25 :
Chap. 125, art. 4 et sa glose ; art. 9 ;
Chap. 126, art: 4;
Chap: 129, art. 14 ;
Chap. 132, art: 7 et glose ;
Chap. 133, art. 4et 6 ;
Vour- aussi traité VIII, chap. 149, art. 4.
Qu'on lise dans le traité VIII (!) ce qu'étaient les principes et les mœurs des idolätres parmi lesquels vécurent nos ancêtres ; qu'on voie ensuite (2) la façon
dont nos docteurs ont prescrit de traiter ces hommes
(£) Chap. 453, art. 4, art. 2, art. 3 ét ses glosés, art. 4. Chap. 154, art 1 et 2. Chap. 155, art. 1. Chap. 157, art. 1 et glose.
Oh st arts 6 art, 12, art. 13.
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sans foi ni loi, et l’on sera saisi d’admiration pour les rabbins du Talmud et leurs successeurs. |
Ces docteurs Juifs, qu'on a st souvent représentés comme des égoistes et des sectaires, parce qu'uls n'avaient pas voulu plier devant la force brutale, ni pactiser avec l'erreur, ces docteurs étaient des hommes pleins de mansuëtude, qui rendaient le bien pour le. mal. Le Judaisme, qu'on a accusé de S’être confiné dans un farouche isolement, parce qu’il avait voulu conserver pure une doctrine qui est le patrimoine de l'Humanité, le Judaïsme est une religion de douceur et de sage tolérance, en même temps que de fermeté et d'intransigeante personnalité. |
St Balaam s’est écrié : « Ce peuple vit solitaire, ul ne se confondra point avec les nations » (Nombres, XXII, 9), c'était afin que, dix siècles plus tard, un autre prophète, Isaie, pût annoncer ainsi l'ère de la Fraternité universelle :
C Un peuple ne tirera plus l'épée contre un autre peuple et on n'apprendra plus l’art de la guerre » (11, 4).
€ Tous ceux qui observent le sabbat et ne le pro- « fjanent point, qui persévèrent dans mon alliance, « Je les aménerai sur ma montagne sainte » je les «€ comblerai de joie dans ma maison de prières ;
€ leurs holocaustes et leurs sacrifices seront les bien-
« 10 de prières pour toutes les nations. »
$ de Lo rite
Armand LIPMAN.
# (4) Ceci est aussi vrai pour l’homme de science que pour à croyant. Peu importe € en effet que la mission d° Israël
| d'inéotables conséquences, notre D et notre litté- | rature.
12 pe, N
+ LU mA‘, * EF PAL 2 (rs ra QE L # EL FN
à Beaucoup de mes lecteurs ont pu croire, et mon 3 silence semblait leur donner raison, que j'avais abandonné ma traduction du Rüuel du Judaïsme. Après à une interruption de deux années entre la publication * des quatre premiers tomes et celle des cinquième et #3 sixième, je livre aujourd’hui au public, après une inter- É ruption de huit années, cette fois, la traduction des tomes V1 et VIIL.
un J'ai à m’excuser de ces deux interruptions auprès
n. personnes qui, dès le premier jour, ont eu la bonté de s'intéresser à l’œuvre, soit par une louable curiosité scientifique, soit par le désir de connaître enfin et de juger avece impartialité ce Code tant décrié par des ignorants ou des malveillants. La première fois, mon avail fut interrompu, ainsi que je l’ai dit dans mon tome V, par la maladie de mon collaborateur, feu Jean de Pavly. Je donnai seul les tomes V et VI, et ce travail ù très long pour moi, qui étais encore peu Re
; que comme on peut aimer une langue maternelle, poétique et belle, j'avais d’autre part à cramdre onstamment de voir mon idée mal rendue en français. Je continuai néanmoins ma tâche; le plaisir de
remuer ces antiques lois que j'avais appris à connaître . dès ma prime jeunesse, la fierté que j’éprouvais en constatant leur finesse, leur générosité, leur large portée. sociale, me dédommageaient de ma peine. J’entassai les manuscrits, les voyant et les revoyant de temps en temps, et espérant toujours les mettre sous presse d’un moment à l’autre. Malheureusement, je tardai trop, puisque j’eus la grande douleur de perdre notre vénéré Grand Rabbin de France, feu Zadoc Kahn, que tout le Judaïsme français a pleuré, qui m'honorait de son amitié, et qui soutint mon œuvre jusqu’au dernier moment, de toutes ses forces morales et de son aide matérielle, | Cette mort me laissa longtemps désemparé ; mais n’était-1l pas de mon devoir d'achever l’œuvre commencée ? Je devais à mes coreligionnaires et à une multitude de chrétiens français, auxquels leur esprit d'équité et leur libéralisme interdisent de mettre l'Israélite et son culte au ban de la société, de prouver, par la simple traduction littérale du Rituel du Judaïsme que notre Code est pur comme le eristal. Que ce Code, que Renan, par une aberration que je ne peux concevoir venant d’un si grand esprit, n’a pas craint d'appeler le « Gode de sang » (dans Le Christianisme), È 1 peut être l’orgueil du peuple qui l’a conçu. * 114 La demande de plusieurs érudits et enfin le pros- pectus détaillé d’un livre (Le Judaïsme dévoilé ou le Talmud traduit d Eisenmenger, par Alex.- Victor Petot) qui me fut envoyé de Biarritz par un ami, livre que je ne puis qualifier que d'œuvre de haine et de men-
songe, coupa court à tout atermoiement. Je voulus
que la continuation de la traduction du Rituel servit en quelque sorte de réponse à ce factum.
Qu'il me soit permis de rendre ici hommage à
M. le Commandant A. Lipman, dont les intéressants
articles pleins de verve et de vérité font les délices
des lecteurs des Archives 1sraélites, et qui a bien voulu
revoir les présents traités au point de vue de la langue française. Je lui suis reconnaissant, et de Pamitié qu'il n’a témoignée en assumant ce travail, et du service qu’il a rendu au Æituel en facilitant sa lecture au public français.
Je remercie vivement M. le Grand Rabbin de France, Alfred Lévy, de l’accueil si aimable qu’il m'a fait le 5 avril dernier et de l’encourageant concours qu’il eut la bonté de m’offrir sans même me laisser la peine de le solliciter. Je remercie également MM. le Grand Rabbin de Paris, J.-H. Dreyfuss et M. le Di. recteur du Séminaire Israélite, Joseph Lehmann.
Et maintenant je m'adresse à MM. les Présidents et à MM. les Membres du Consistoire central et du Consistoire de Paris, ainsi qu'à mes collègues et à
mes coreligionnaires, leur demandant de bien vouloir
me prêter leur concours pour me permettre de couvrir les frais d'impression, dont une partie déjà se trouve couverte par la générosité de M. le baron Edmond de Rothschild.
J’ose espérer que cet appel sera entendu, ma situation de fortune ne me permettant malheureusement d'offrir que mon seul labeur à la noble cause de la
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