LA MORALE ÉGYPTIENNE
LEÇON PROIESSKK A L'ÉCOLE DU LOIVRE
Chacun des grands peuples de l'antiquité a eu, pour ainsi dire, sa mission dans le monde : et la mission particulière du peuple égyptien ne nous apparaît pas la moins noble dans l'histoire des origines de cette civilisation dont s'enorgueillissent les temps modernes.
Cette histoire se présente à nous tripartite.
Aux Babyloniens revient sans conteste le mérite d'avoir créé le droit commercial : avec uno intelligence merveilleuse de toutes les questions d'intérêts, d'affaires, de tranformation, d'utilisation des valeurs diverses ; avec une intuition surprenante des principes fondamentaux de l'économie politique.
Chez les Grecs, la pensée humaine a pris une ampleur admirable. La poésie ouvre ses ailes et charme par ses chants divins. L'éloquence n'est plus seulement l'accent spontané d'un cœur ému: elle devient un art que l'on cultive, et je dirais presque une science. La philosophie, donnant corps à Tabstraction, proclame le règne de l'idée, le culte du beau.
Mais le droit, en prenant ce mot dans son acception la plus haute ; la morale, ses applicîilions aux rapports des hommes entre eux ; l'organisation équitable de l'état des personnes el de ses conséquences; la science de Tàme humaine et de ses destinées: voilà quelle fut par excellence, dans l'éducation de l'humanité, la part de ce peuple égyptien infiniment plus ancien que les Grecs.
1. CetU' loooii a été prononcée In il ddceinbrc 1888. Elle a été envoyée aussitôt après à riuipriuierie. Une 3* épreuvr du 2 février où toutes les corrections avaient été exécutées et qui est par conséquent identique au tirage actuel a été communiquée de suite à notre illustre philosophe M. Ravaissou. Quelque temps après M. Ravaisson ni*a prévenu que, sans doute sur sa demande, ce sujet venait d'être désigné par rAcadéuiie des sciences morales et politique, pour le concours de cette année. Il espérait me voir concourir pour ce prix. Jo lui ai répondu que n'ayant d ailleurs jamais pris part à aucun concours académique dans aucune secttou de l'Institut et ayant été choisi pouf juge à deux reprisi--! par l.\cadémie des Lincei pour le grand prix royal de dix mille francs, je ne croyais pas devoir concourir dans un cas ou je développais le sujet qui venait de m'être emprunté, depuis le commencement de l'année scolaire dans un cours public comme professeur à l'Ecole du Louvre. Pour la même raison je crois hou de ne rien changer à ma leemi d'ouverture et de réserver pour un autre travail tout ce que j'j' ajouté dans mes leçons suivante*.
Aussi, à rOrient comme à rOccident, chez les prophètes juifs comme chez les historiens, les poètes et les philosophes de la Grèce, existait-il la même admiration, presque sans limite, des sages de l'Egypte. Ce sont les sages d'Egypte auxquels Isaïe ne trouve à opposer que la sagesse de Jehova. C'est chez eux que Pythagore, Solon, Platon, les plus illustres par leur sagesse d'entre les Hellènes, sont allés se former d'abord en qualité de disciples, suivant les récits de leur temps. Et nous avons eu l'occasion de démontrer souvent que ces dires dos anciens sont confirmés par les documents les plus récemment découverts, et que, par exemple, nous savons maintenant avec certitude que Solon a calqué heaucoup de lois d'Athènes sur (•(^Ues d'Egypte.
Dans ce qui a persisté jusqu'à nous, la morale, surtout, est, telle que nous la comprenons, tout entière, originaire de l'Egypte.
Chose curieuse ! on peut même dire que, tandis que chez les autres peuples anciens la morale n'était qu'une simple résultante de la religion, en Egypte on tendrait à Ten croire on quelque sorte indépendante, au premier coup d'œil.
Il y a en Egypte un très grand nombre de sages qui ne sont à proprement parler que des moralistes, comme, à une période relativement récente, dans notre monde occidental, le rhéteur Isocrate, Epictète, l'empereur Marc-Aurèle, etc. Le plus ancien des livres du monde n'est-ce pas le livre égyptien des Maximes dePtah hotep, remontant à lai" dynastie : c'est-à-diro à une époque tellement reculée que partout ailleurs elle se perd dans la nuits des temps? Et plus tard, sous les Ramessides, n'avons-nous pas, dans les Maximes du scribe Ani, un autre livre de morale pure, du môme genre ? A ce môme genre se rattachent aussi les nombreux traités analogues écrits en domotique et que nous étudierons cette année, ainsi que de curieux traités coptes que nous avons publiés jadis.
La sagesse^ dont saint Jérôme avait parfaitement vu l'origine égyptienne ; plusieurs siècles après, les gnomes du saint concile, écrites par le grand Athanase, sont les suites légitimes do cette littérature, toute particulière, dont les productions se comptaient par milliers dans hi vallée du Nil.
Aussi je ne doute pas, pour ma part, que c'est d'Egypte exclusivement qu'est parti co mouvement : pour se propager de là dans le reste du monde antique, mais comme l'écho affaibli d'un son. En dehors de l'Egypte tout nous semble écourté. Quelle différence comme grandeur, par exemple, entre la morale juive de l'Ecclésiaste et des Proverbes et celle quc^ nous trouvons professée dans la vallée du Nil ! Et cependant on a déjà remarqué que quelquesunes de ces maximes juives ont été traduites mot à mot de celles de Ptah hotep, etc. Combien Isocrate, si célèbre comme moraliste, nous parait lui môme petit, mesquin, à côté des vieux scribes de l'antique Egypte ! Et cependant Isocrate ne faisait certainement que mettre en œuvre les traductions d'anciens ouvrages d'un pays autre que le sien. Nous en avons la preuve à chaque pas. Comment, autrement, dans son traité à Démonique, cet Athénien auraitil pu recommander à ce citoyen de la république d'Athènes auquel il s'adresse, de vénérer le roi, d'obéir à ses ordres comme à des lois sacrées, etc. ?
Tout cela sent l'Egypte et vient d'Egypte. Les anciens avaient donc parfaitement raison
<|uand ils faisaient tout remonter à ces vieux maîtres qui disaient à Hérodote : « Vous autres (irecs, vous n*étes que des enfants. »
Je vous ai parlé tout à Theure de la morale indépendante des Egyptiens. Il ne faudrait pas habiller trop cette expression à la moderne. Si la morale était indépendante de la religion, c'est qu*au fond cette morale était pour les Egyptiens la religion môme.
En effet, Messieurs, quelle que soit l'idée qu'on se forme de la mythologie égyptienne, sur laquelle on a tant discuté et sur laquelle on discutera encore longtemps ; que les Egyptiens aient été ou non monothéistes dans le fond et polythéistes dans la forme ; qu'ils aient adoré leurs animaux sacrés comme des dieux ou des svmboles, ou bien encore comme des fétiches : ce qu'il y a de certain, d'incontestable, c'est que l'élément essentiel de la vraie religion égyptienne c'était Thomme et sa destinée.
N'allez pourtant pas croire que cette religion n'était qu'une philosophie athée, comme 1(» bouddhisme; et qu'un ninvana final, néant ou absorption dans l'Etre universel, était considéré comme le suprême résultat auquel devait parvenir la vertu la plus haute. Non, l'Egyptien croyait en Dieu, et il croyait également, par la même raison, en la persistance de l'âme humaine. Les coupables seuls devaient être décapités dans l'autre monde. C'était par la vertu que l'àme se purifiait et s'élevait, comme plus tard chez les Bouddhistes. Mais c'était pour devenir un autre dieu, un autre Osiris, Osiris demeurant toujours absolument indépendant de « l'Osiris du ciel » — pour nous servir d'une expression démotique — c'est-à-dire de cet « Être bon » , martyr du bien , qui représentait la divinité dans son acception la plus haute.
Peu importait par conséquent qu'on vénérât Anion à Thèbes, Ptah à Memphis, ou ailleurs un crocodile, un chat, un chacal. L'important, le seul nécessaire, c'était d'imiter Osiris et de devenir un autre Osiris — Osiris — le grand prototype de la vertu, même de la vertu [)ersécutée.
Dans les livres de morale on pouvait donc faire abstraction de tout autre culte que de celui de la vertu, du beau, du bien et du vrai ; de cette vérité dont il fallait vivre et qu'il fallait montrer dans toutes ses œuvres, suivant les expressions égyptiennes. Sans doute les sages égyptiens, préoccupés du beau et du bien, ne méprisaient pas toujours l'utile dans leurs conseils. Il est tel axiome qu'un Juif pouvait copier sans cesser d'être Juif — mais en ne copiant pas les autres.
Etre un nouvel Osiris, comme lui impeccable, comme lui déifié : telle était la continuelle préoccupation de l'Egyptien pendant sa vie, son idéal après sa mort.
Et cela, nous le retrouvons dès les plus anciennes dynasties, avec Anubis et les autres éléments du culte funéraire, avec le souhait d'une reviviscence, d'une résurrection, d'un bonheur d'outre-tombe, — parfois un peu matérialisé, mais aussi parfois illuminé, pour ainsi dire, par de grands aperçus.
De même que le soleil disparaît à l'horizon, pour bientôt reparaître aussi brillant ; de même que la nature, un instant assombrie par les apparences de caducité automnales, reprend, bientôt après, tout l'éclat de sa jeunesse printanière : de même les Egyptiens croyaient que
rhomme, lui aussi, disparu du monde des vivants, devait y reparaître un jour plus glorieux <|ue jamais.
De là le soin qu'ils mettaient à conserver à cet homme son enveloppe première.
De là l'invocation funéraire de ce soleil dans la barque duquel voyageait le défunt.
De là les libations versées sur la tombe et destinées à arroser le germe éternel. De là aussi les prières multiples^ destinées à écarter de Tàme, pendant son trajet à travers Thémisphère inférieur, les terreurs et les dangers de cette course nocturne.
Mais, en môme temps et surtout, de là le soin extrême que mettaient les moralistes à indiquer aux hommes leurs devoirs ; car c'était à Taccomplissement intégral de ce devoir et, je le répète, à une impeccabilité à peu près absolue, qu'était intimement liée pour l'Égyptien l'espérance légitime de devenir un autre Osiris, jouissant d'un bonheur éternel. Le côté pénitentiel, — si développé chez les anciens Babyloniens et chez les Hébreux, qui a donné lieu, chez les uns comme chez les autres, à tant d'admirables psaumes ayant pour base le repentir des fautes passées — ne se trouve qu'à l'état de trace chez les Egyptiens. Dans tous nos monuments du Louvre, à peine en avons-nous noté un ou deux, — une petite pyramide n° 43, par exemple, — où Ton voit prier Osiris d'écarter tout mal, tout péché de la personne du mort en lui faisant trouver grâce. Ce n'est guère qu'à la dernière époque, et par suite d'influences étrangères, que l'idée de repentir, d'intercession et de pardon prit de l'importance. Nous Tapercevons nettement dans le Papyrus de Pamont du temps de Néron , — comme . plus tard, chez les Égyptiens d'époque chrétienne, après le concile d'Alexandrie, tenu par saint Athanase en 362. Mais dans les stèles les plus anciennes — comme dans les premiers documents coptes — l'impeccabilité est la règle. Le défunt se vante d'avoir été Thonnète homme par excellence, un héros de vertu, selon ces indications du chapitre 125 du livre des morts sur lesquelles nous aurons bientôt à revenir. A cette condition seule il devenait un autre Osiris et pouvait être adoré, comme tel, tout autant que l'Osiris céleste.
Vous avez sans doute parcouru souvent. Messieurs, les salles du bas de nos galeries égyptiennes. Eh bien ! dans la multitude des stèles, des bas-reliefs, qu'elles renferment, vous n'en trouverez peut-être pas dix sur lesquelles cette idée fondamentale ne soit pas nettement exprimée, au milieu des faits dont on a voulu conserver aussi le souvenir.
A plus forte raison ne trouve-t-on point de doctrine contraire. Si quelque esprit fort, épicurien en renom, — comme le grand prêtre Pshèrenptah, père d'un prophète d'Auguste, — veut glisser dans l'esprit de ses lecteurs un doute sur l'immortalité, il a bien soin de l'entourer de pieuses formules et de faire multiplier le plus possible les rites funèbres. De tout temps, il en avait été ainsi en Egypte ; car l'opinion générale était contraire à l'incrédulité.
Ajoutons que de ce dogme de la divinisation du mort relevait aussi le vivant, — comme nous l'avons déjà montré et comme nous le montrerons sans cesse dans notre cours de droit égyptien. En Egypte tout homme peut devenir Osiris : et cette déification suprême efface en grande partie les inégalités des conditions dans la vie terrestre. Spécialement chargé des services funéraires envers son père, le fils y figure accompagné par tout le reste de la famille, y compris les gens de service, les esclaves. En effet ceux-ci retrouveront le mort dans l'autre
uioiulo et pourront «loveniiv, ooamie lui, d'autros Osiris. A défaut du fils, à d<f»faut de tout autre membre de la famille, ce sont les esclaves qui sont chargés du culte du mort. Et — par une réciprocité qui ne rappelle en rien la religion des ancêtres, telle que les Chinois la comprennent, ou la subordination familiale du monde romain — quand le fils meurt avani son père et sa mère, ce sont ceux-ci qui Tadorent, en première ligne, en sa qualité d'Osiris. Vous verrez des tableaux de ce genre sur les stèles numérotées c 178, c 176, c 32, c 184 et sur bien d'autres. Quand ils sont morts tous les trois, le fils prend place entre son père et sn mère, comme dans la stèle v 72, où, à défaut de parents, ce sont les esclaves qui leur rendent le culte funéraire. Parfois le fils prévoit cette réunion finale alors même qu'il est vivant et qu'il agit expressément à titre de dédieateur de la stèle. Il se joint donc d'avance à ses parents défunts, adorant rOsiris céleste; et, quand il leur a rendu lui-même les devoirs funèbres, il s'assoit en face d'eux sur son siège éternel (voirie n° c 82). Ou bien encore (<?211) il prie pour lui-même, pour sa femme, ainsi que pour son père et sa mère, etc.
Nous avons déjà dit que, dans la famille, les fils étaient en premier lieu chargés des devoirs funèbres. Mais un très grand nombre de stèles nous montrent soit un frère, soit une sœur, soit une femme aimée accomplissant, ou faisant accomplir les mêmes rites (voir les n°' c 22, c 40, etc.). Toutes les classes de la société se confondent, pour ainsi dire, auprès du nouvel Osiris, dans un hommage commun : Tintendant, la servante, la nourrice défilent devant set» yeux, et parfois celle dernière est représentée allaitant l'enfant, qui figure, devenu homme, sur le même registre et qui est adoré comme dieu.
Peu importent les dates et la chronologie, puisque le mort participe maintenant à l'éternité divine. Aussi, certaines stèles, le n° e 3i par exemple, représentent-elles à la fois TOsiris jeune et rOsiris vieux, se faisant face ; tandis que la légende raconte les bonnes œuvres du mort et le recommande aux prières des prêtres, qu'il a comblés.
La résurrection, le bonheur éternel de celui qui a fait le bien, telle est en elTet la sanction de la morale égyptienne.
Sous ce rapport, les rituels les plus récents ressemblent étrangement aux monuments les plus antiques.
Toute la mythologie C()mpli([uée qui remplit à l'époque classique le livre des morts s'e: I etlacéede nouveau.
On ne parle plus que du défunt, de l'Osiris lui-même, qu'entourent et escortent les divinités d'outre-tombe, les juges du sacré tribunal : c'est-à-dire Osiris du ciel, Athor de TAmenti, Horus le vengeur de son père Osiris, Anubis le conducteur des âmes, les divines pleureuses Isis et Nephthys, Thot le greffier du jugement. On montre le mort justifié, divinisé. On décrit la joie qui l'attend. On parle des vertus qui ont mérité cette joie éternelle : et c'est tout.
Je viens de vous analyser en quelques lignes le rituel démotique de Pamont, du temps de Néron, que nous étudierons tout d'abord dans les leçons prochaines.
Permettez-moi maintenant d'entrer dans quelques détails.
(iC rituel comprend plusieurs chapitres :
Le premier n'a pas de correspondant ou d'anah)gue, à nous connu, dans les exemplaires du
livre (les morts hiéroglyphiques ou hiératiques. Il est consacré à résumer hrièvement toute la doctrine de la déification du mort. En voici la traduction littérale :
« Ecrits de pir em hou \
« Osiris Pamont qu'a enfanté Tsépsémont ! On connaît ton àme. Dieu est satisfait des « souffles de ton cœur. Osiris est en joie. Tu reçois l'encens, les libations, chaque jour de «< l'Eternité, de la main dlsis et de Nephthys. Horus est tranquille auprès de son roi. Il fait <« son repos. TPrès de toi est la vérité. Hathor t'exalte. Anubis, l'ensevelisseur, fabrique tes •' bandelettes. Il rend tes chairs semblables à celles de rOsiris-Khent-Araent ^ Il se réjouit de <« ta durée éternelle. Il te reçoit dans le lieu de vérité. Il fait ton anl voir, tes oreilles entendre, i< ton pied marcher, dedans, dehors. Il écarte toutes les impuretés qui sont dans ton âme. *< Dans cet état de stabilité, ta main est pure, de toute pureté. Ton cœur est dans la vérité, « loin de tout mensonge. Tu manges, tu bois par ta gorge. Une huile pure est sur tes chairs. « Tes membres purifiés, sans sueur, sont animés^ par la main de Shte^. Les hommes te «< pleurent. Les femmes se lamentent sur toi. Les pleureuses poussent des cris pour accomplir a les prières de Senseri'', C'est Thot, qui est ton protecteur, qui les a écrites de sa divine « main, lûi-méme. Il fait que tes paroles sont bonnes devant Osiris. Tu regardes, dans la «< salle de vérité. Ton embaumement y demeure: \es os y sont. »
Ici se trouve une lacune d'une ligne. Sans doute on y opposait aux lamentations funèbres l'espoir d'une bonne résurrection ; car le texte continue ainsi :
« (Combien sont grandes) tes beautés ! Tu approches sur la terre, sans aucun défaut. A toi les « génies resplendissants ! A toi ceux-là qu'aime Osiris ! Il te fera entrer dans la demeure divine. '< Tu navigues vers le ciel. Tu t'unis avec Osiris, tu te réjouis sans que personne y mette obsta- « cle. Tu marches sur la terre. Tu vas à l'Amenti : tu y sièges sans que personne t'en empêche. i< Tu vas au Tiaou : tu te réunis aux esprits ; tu chantes Osiris. Il te dit : Courage ! viens ! — Il « fait rester ta sépulture dans l'Amenti. Ton nom demeure dans le monde. Ta maison reste « pour tes enfants et tes gens. Grand est ton nom pour l'éternité ! »
Tel est le premier chapitre servant d'introduction.
Le second, également inconnu jusqu'à présent, est un tableau parlé, si je puis m'exprimor ainsi. C'est la description de la salle du jugement, telle à peu près que nous la représentent, soit les peintures, soit les dessins d'un très grand nombre de papyrus funéraires, dans les vignettes relatives à ce chapitre de la comparution de l'àme devant Osiris. Notons pourtant qu'un personnage, la déesse Hathor de l'Amenti, — qui est aussi appelée dans les textes déesse Ament, — joue un rôle important dans ce tableau parlé et n'apparait pas le moins du monde dans les vignettes. D'après celles-ci la balance repose sur le sol ; tandis que, d'après notre
1. Le livre de Pir em hou est le titre général du grand rituel funéraire. Ce mot signifie « sorUr dans le jour » ou
demeure des morts. Il s'agit par conséquent
3. W est curieux de voir que chez la plupart des peuples anciens la même racine exprimait les idées do soufllc, d'àme et d'animation vitale.