‹ Rituel funéraire de Pamonth: en démotique avec les textes hiéroglyphiques etChapitre 2 sur 12 · Dieu solaire · texte numérisé non relu

Dieu solaire

îî. Le mots Sennm se retrouve dans le titre de l'un des livres funéraires. La racine signifie « respirer » et par suite M animer «. Les prières de Semen peuvent donc se comprendre comme des prières ayant pour objet la résurrection.

papyrus, cette déesse do rAmeiiti tient la balance, de son bras. Faut-il croire que l'auteur du rituel de Pamont se soit inspiré des figurations des sarcophages, où la déesse Ament, faisani face à la déesse Nout, personniQe le monde inférieur et supporte le mort, tandis que Noui personnifie le monde supérieur et le recouvre ? Faut-il croire que ce soit par conséquent le sol lui-même de TAmenti qu'il faille entendre par ces mots : (^ Le bras de la déesse Hathor de TAmenti » portant la balance ? En tout cas, TAmenti serait personnifié de la façon la plus complète. Ce qui tient la balance, c'est une grande déesse, la reine suprême. Elle pèse l'homme, et par conséquent joue pour ainsi dire le rôle principal. Isis et Nephthys, qui quelquefois sont représentées dans le jugement suprême derrière le siège du juge, c'est-à-dire de rOsiris céleste — mais qui ont pour rôle funéraire de veiller sur Osiris alors qu'il est couché sur son lit funèbre — accompagnent ici Pamont, devenant lui-même un autre Osiris. Elles tiennent la place qu'occupe d'ordinaire la vérité, ou les deux vérités, derrière le mori que l'on juge. Le résultat de ce jugement est prévu. Isis en effet porte un lis*, qu'elle lui présente, et dans un vase 7ieb une offrande pure. Lui-même tient un lis avec le rameau, dont Anubis a rempli sa main, comme dans la vignette d'un papyrus de Leyde.

Voici d'ailleurs, traduite mot pour mot, cette description formant le second chapitre :

« Les dieux de la salle de vérité : les quarante-deux dieux qui font justice, en suivants d'Horus % en haut de la salle de vérité.

« Une princesse Ilathor de l'Amenti, la reine suprême. Elle pèse l'àme, et son bras esl « celui qui porte la balance. Il se trouve que Thot a sa gauche à la droite de celle-ci.

« Horus, le vengeur de son père, vérifie son poids, et x\nubis la saisit à la partie sur laqueUe « est la vérité. Il la mot en équivalence avec la partie de la balance dans laquelle il est, lui « (Pamont). Thot lit de l'écriture dans un livre. Sa main est sur la plateforme sur laquelle «< siège la déesse de la destruction, ayant une trancfiante dans la main, ayant une épée et un »> sceptre Ae/^ devant elle. (Voilà) l'homme dont Anubis a rempli la main d'un lis avec h» « rameau : sur le rameau fleuri sont les quatres dieux Mesu Ilor \ Une puissance divine — « qui est Isis — est derrière lui. Elle approche d'eux (c'est-à-dire des divins juges) un vase» « wcô, dans lequel il y a des offrandes pures, et elle avance un lis devant lui. Derrière lui, « d'un côté est Isis, et de l'autre côté est Nephtys. »

Je vous ai déjà dit, Messieurs, que la vignette ici dépeinte est placée dans les papyrus funéraires de manière à faire corps avec le chapitre 125. Il en est de même de ce tableau parlr dans le papyrus de Pamont. En effet, h^s décors étant ainsi posés, la toile se lève sur le jugement de l'àme.

Ecoutez d'abord la déclaration de celui qui vient comparaître:

1. Le moi seshen d<*»tiguc le lotiu^ dans Icsrcprrsoiitatioii hicroglyphiaiios : mais il traduit li.« dun» 1rs livres Uibliqurs coptes et ou seuihle lui attribuer dans le rituel de Pumout un synibolisnie analogue à celui qu'a maintenant le li-» chez nous.

2. Shesu hor. Voir ce que nous disons plus loin sur cette expression, si célèbre dans les textes mytliologiques hiéroglyphiques.

3. Les quatre mesuhov sont les quatre génies funéraires Hapi, Kebhsennuf, etc. Ils sont appelés mesuhor par le^» rituels de l'ensevelissement démotiques et hiératiques. Dans le papyrus de Leide d(»nt j'ai parlé plus haut, le mon tient en effet le:» quatres génies funéraires sur \v, rameau fleuri de Iotu<».

« Ecrits pénétrant dans la salle des (lieux qui jugent, pour rendre ]><)n riiomme, pour lui faire voir la face des dieux :

« Je me présente devant vous, ù Seigneurs de vérité ! Je me présente devant t<u, Dieu «< grand, seigneur de justice! Je vais vers toi, mon Seigneur, pour voir tes beautés. Je «< connais ton nom, je connais le nom des 42 dieux qui sont avec toi dans lasalle du jugement. «« Ton nom est seigneur de justice. Je Tai accomplie, la justice. J'ai fait connaître votre nom, «< seigneurs de vérité. Je vous ai apporté, du reste, la vérité. J'ai tenu écarté devons le mal.

« Je n'ai dit de mensonge à aucun homme.

« Je n'ai pas violenté la veuve.

« Je n'ai pas dit de parole fausse dans le lieu de justice.

« Je n'ai pas fait de mal.

« Je n'ai pas obligé Thomme à travailler chaque jour plus qu'il ne lui appartenait.

« Je n'ai pas tenu en prison * d'homme dépendant de moi.

« Je n'ai point fait être infirme. Je n'ai point fait être pauvre. Je n'ai poin^fait ce qui rst « Tabomination des dieux.

« Je n'ai point fait tort à l'esclave devant son maître.

« Je n'ai point fait avoir faim. Je n'ai point fait avoir soif.

«Je n'ai point fait pleurer.

'< Je n'ai point ordonné le meurtre en trahison.

« Je n'ai point mangé le pain sacré (ou le revenu) du temple. Je n ai point offensé le maîtn^ des dieux. Je n'ai point enlevé les pains sacrés. Je n'ai point vendu les bandelettes des morts.

« Je n'ai point fraudé sur le poids dé la balance.

« Je n'ai point enlevé le lait au petit enfant.

« Je n'ai point écarté l'herbe de la face des bestiaux.

« Je n'ai point péché les poissons qui sont à Dieu.

« Je n'ai point écarté l'eau (de l'irrigation fertilisante) au moment de sa sortie. Je n'ai « pas fait de digue devant l'eau pour l'écarter.

« Je n'ai point éteint la flamme à son heure légitime. Je n'ai point troublé les sacrifices d<»s « dieux. Je n'ai point troublé les bœufs du divin domaine. Je n'ai point violenté dieu dans sa <v manifestation.

« Je suis pur de toute manière. Ma pureté est celle du dieu qui est dans Héracléopolis. Il « n'y a rien de faux en moi dans cette terre du jugement. Comme je connais les noms des « dieux qui sont avec toi dans la salle des jugements, sauve-moi d'eux. »

Ici se termine la première partie de la confession négative, partie qui renferme déjà une affirmation d'innocence par rapport, à peu près, à tous les genres de fautes qui auraient pu être imputées au défunt.

1. Dans tout le monde antique, les particuliers avaient leurs prisons pour leurs esclaves vt souvent aussi pour leui-î» débiteurs. Nous savons par une série de contrats déiuotiques que ce fut seulement sous Darius — et non sousBocchori$>, comme Diodore de Sicile l'avait prétendu — qu'en Egypte les débiteurs cessèrent de pouvoir donner leurs personnes en ^age de leurs dettes. A Rome le célèbre Appius Ciaudius, qui prêtait beaucoup, avait fsiit construire des prisons immenses où il enfermait ses débiteurs et qu'il appelait complaisammeut « le domicile du peuple Romain. »

Vous lavez remarqué, Messieurs, ce que nous nommons la chanté y joue un rôle consnlérable ; et les devoirs envers les hommes y sont placés exactement sur la même ligne que les devoirs (»nversles dieux. Rappelez- vous, par exemple, ce paragraphe où le défunt s'écrie: « Je n'ai point fait être infirme. Je n'ai point fait être pauvre. Je n'ai point fait ce qui est Tabominatioii des dieux. Je n'ai pas fait tort à l'esclave devant son maître. Je n'ai point fait avoir faim. Je n'ai point fait avoir soif. Je n'ai pas fait pleurer. » D après la place qu'occupe ici « ce qui esl Tabomination des dieux », ne croirait-on pas que c'est surtout un manquement à la charité?

<]ette charité est poussée bien loin : car s'il ne faut pas enlever le lait au petit enfant, il n(* faut même pas écarter l'herbe de devant les bestiaux qui la mangent.

A plus forte raison toute atteinte contre le bien-être général, contre la production du sol et l'irrigation fécondante devient un crime irrémissible. Ceci fut conservé à l'époque romaine même, dans la législation particulière à TEgypte, où l'on punissait de mort tout ce. qui pouvait nuire au régime des eaux.

Après cette première confession générale, vient dans les rituels hieroglyphyques ioule une série de confessions particulières, si je puis m'exprimer ainsi.

Chacun des 42 assesseurs d'Osiris est censé faire une question, ou du moins, à chacun, on fait une réponse après avoir salué par son nom le dieu auquel on s'adresse. Ici les deux juges sont nommés shesu Hor ! c'est-à-dire les suivants d'IIorus vengeur de son père Osiris. Osiris, u l'hlre bon » (Ounnofré), avait été victime de l'être mauvais. Son fils Horus, pour le venger, pour amener le triomphe du bien, s'était entouré de compagnons, chargés chacun de poursuivre le mal sous une de ses formes. Quiconque voulait devenir un autre Osiris devait doncavoir pu subir avantageusement l'examen de tous les compagnons d'Horus.

L'auteur du rituel démotique de Pamont a bien ainsi compris 1b chose. Mais il lui a paru aussi simple de grouper d'abord un certain nombre de ces shesu Hor en les invoquant par leur titre, puis d'adresser collectivement à tout ce groupe la série des affirmations de pureté et d'innocence qu'il avait à faire à chacun d'eux.

Ajoutons que dans cette partie, toute mystique, la confession négative des rituels, soit hiéroglyphiques soit hiératiques, devenait souvent peu compréhensible ; tandis qu'elle l'esl parfaitement dans notre rituel de Pamont.

Je ne vous donnerai pas l'énumération des dieux juges, qui commence ainsi : « Écoute ! o celui qui élargit sa marche et qui sort d'Héliopolis ! Écoute ! ô celui dont la bouche est « ouverte et qui sort de la demeure du plérome des dieux, etc. »

Mais voici la suite de la partie qui nous intéresse surtout, c'est-à-dire de la partie morale :

« Je n'ai pas été injuste.

« Je n'ai pas fraudé. Il n'y a pas de fraude dans mon cœur.

« Je n'ai pas volé.

t< Je n'ai pas tué d'homme par trahison,

« Je n'ai pas mangé le pain (ou le revenu) sacré.

« Je n'ai fait le mal. Je n ai point empêché de faire le bien

« Je n ai point poussé vers le mal.

'< Je ne me suis pas emparé de bétc do somme appartenant aux dieux.

« Je n'ai point fait de mensonge.... Je n'ai pas dit de mauvaise parole. Je n'ai pas élève la voix (par orgueil ou par colère).

« Je n'ai pas commis d'adultère ou d'acte impur.

« Je n'ai pas empêché mes oreilles d'entendre la vérité. Je n'ai pas fait le mal par la force « de ma main. »

Ici Pamont en revient à l'ordre ordinaire du chapitre 125 et s'adresse séparément à chacun des derniers dieux :

« Ecoute ! Nofre tum, sortant de Memphis ! Je n'ai point entaché mon nom. Je n'ai pas « souillé celui d'un pur*.

« Ecoute ! celui qui n'est point en reste, sortant du temple d'Osiris ! Je n'ai point maudit le « roi. Je n'ai point maudit mon père.

« Ecoute ! celui qu'il aime, sortant des momies. Je n'ai pas mis obstacle à la navigation d'une barque sur l'eau.

« Ecoute ! jeune homme qui brille sur Tabimc ! Je n'ai pas eu de parole altière.

« Ecoute ! celui qui rend bons les hommes et qui sort de Sais ! Je n'ai pas blasphémé Dieu.

« Ecoute ! celui qui interroge les dieux, sortant d'Héliopolis ! Je n'ai pas fait tort à l'esclave devant son maître.

« Ecoute ! basilic qui sort de TOasîs ! je n'ai fait de mal à personne.

« Ecoute ! serpent sortant de la demeure de Ptah ! Je n'ai pas élevé ma personne en invoquant « la divinité.

« Ecoute ! Thot, sortimt de l'Amenti ! Je n ai pas affaibli Dieu dans mon cœur. »

Qu'on le remarque, dans cette répétition de la confession négative, on atteint déjà un degré de perfection plus relevé. Non seulement le défunt n'a pas fait de mal par lui-môme ; non seulement il n'a pas poussé autrui à en faire ; mais il n'a pas empêché de taire le bien ; mais il n'a pas affaibli Dieu dans son cœur ; mais il n'a pas pris devant les dieux une attitude pharisaïque ; mais il n'a pas dit de paroli^ mauvaise. Il s'est montré humble, modeste, bienveillant, comme il était vrai.

Nous en arrivons maintenant à la troisième partie de ce chapitre, celle qui est consacrée dans les rituels à la confession affirmative. Au point de vue de l'art, il faut remarquer que cette confession affirmative, imitée de celle des anciens rituels, s'offre à nous dans le papyrus que nous étudions avec des suppressions et des additions, très bien comprises, qui lui donnent un tout autre aspect. On peut dire que le texte démotique est ici, comme, du reste, dans tout ce qui précède, — bien supérieur au texte hiéroglyphique.

« Je prie devant vous, ô dieux. Je vous connais et j'ai fait connaître vos noms. Ne me « renversez pas. Ne m'imputez pas de péché mien envers Dieu avec qui vous êtes. Aucun « péché mien ne vient devant vous encore, puisque j'ai fait ce qui est doux au cœur des

1. Le mot oueb « purifié » so trouve sans cesse employé pour désigner le? prêtres. Il csl traduit par tspwj; dans Ifs décrets trilingues.

*( hommes et des dieux. C'est à cela que j'ai mis la mam. J'ai donné du pain à celui qui avait « faim, de Teau à celui qui avait soif, des vêtements à celui qui était nu, une barque à celui qui «< n*en avait pas. J'ai donné les divines offrandes aux dieux, du pain et de Teau aux défunts. «< Ces choses me sauvent. Vous m'avez fait connaître, à cause de cela, qu'il n'y avait point « pour vous d'accusation contre moi devant les grands.

« Ma bouche est pure par les choses que j'ai dites. Mon cœur est pur. Par devant (c'est-à « dire ostensiblement) et par derrière je suis pur en tout. Il n y a point de membre en m li *< qui ait fait le mal.

« ïu viens à moi (ô mon Dieu), tu arrives à moi, tranquille. Ils me saluent tous, lorsqu iis « me voient, parce que j'ai entendu la grande parole qu'à faite Osiris pour établir cela. »

Il faut remarquer que la partie correspondante du texte hiéroglyphique se termine tout autrement. Selon l'excellente version de M. PieiTet le dernier verset porte :

« Celui qui l'aperçoit dit : Qu'il arrive en paix ; car TOsiris un tel a entendu la grande *< conversation de l'âne avec le chat dans la demeure de Pat. »

J'avoue que je préfère ici la grande parole d'Osiris innocentant le défunt à la grande conversation de l'âne avec le chat^ — quel que soit d'ailleurs le sens attaché à ces expressions pour les initiés dahs les mystères.

Après cela nous rencontrons dans le rituel de Pamont un nouveau morceau tout à fait spécial, qui n'a, ni de près ni de loin, aucun correspondant dans les rituels hiéroglyphiques ou hiératiques.

Le chapitre 125 se trouve complètement interrompu dans le démotique par l'introduction de ce nouveau chapitre ; tandis que dans le rituel hiéroglyphique il se continue par des paragraphes peu intéressants, que le démotique n'a pas traduits.

Le chapitre intercalaire, dans ce dernier texte, commence par un tableau parlé (de même que le chapitre 125 y débutait par un tableau parlé) :

« Dans la ville de Memphis, une statue deSokar Osiris à face d'épervier, ayant une déesse « qui la protège et ayant en diadème un basilic d'argent sur la tête, (u'est devant cette statue « que la Vérité divine amène l'homme. »

Après la mise en scène, le titre (comme pour le chapitre 125) :

« Paroles qu'a dites le véridique Pamont enfanté par Tsépsémont, en bénissant Osiris. »

Puis, les paroles attribuées au mort :

« Je viens. Je me fais recevoir par toi en ta puissance. Je comparais devant toi aujourd'hui. « Je te fais les offrandes pures : de pain, de bière, de bœuf, d'oie, de vin, de toute bonne pro vende.

« Lève-toi, Osiris ! Consomme tes bonnes offrandes. Ta main est puissante !

« Ecoute Osiris ! Apaise-toi ! Il est bon ton nom de Majesté qui s'apaise. Tu te rends bon, « selon ton nom *, pour moi

« Bénédiction sur toi ! ton nom est : « celui qui juge les chemins *. » En ton nom de juge

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