‹ Rituel funéraire de Pamonth: en démotique avec les textes hiéroglyphiques etChapitre 4 sur 12 · Voir Ibidem · texte numérisé non relu

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batlauts de porte fermés. » Cette demeure, nous venons déjà de vous le dire, c'est le royaume d'Osiris, c'est le séjour des bienheureux.

L^interrogation ne commence que quand le défunt arrive aux battants de la porte ; tandis que dans le livre des morts, avant de le laisser pénétrer jusque-là, on lui fait passer une sorte d'examen, absolument gnostique et pour nous incompréhensible, mais qui, devait paraître na- 1 urel aux sectes nombreuses dans lesquelles Tinitiation, avec ses mystères, était une chose capitale.

Bien que j aie tenu à vous donner une idée générale de tout le papyrus, je ne vous traduirai pas en entier ce chapitre, qui vous paraîtrait fastidieux, puisque vous n'avez pas reçu l'initialion indispensable pour en bien saisir la portée. En voici seulement le début :

« O Osiris Pamont ! viens ! pénètre dans la salle de droiture ! que Ton te connaisse !

« La porte prend la parole et dit : Je ne te laisserai pas passer à Tititérieur sans que tu ù m'aies dit mon nom. Il lui dit : Celui qui ouvre les poitrines est ton nom.

« Les battants de portes parlèrent avec lui, en disant : Nous ne te laisserons pas passer « sans que tu nous aies dit notre nom. Il leur dit : Votre nom est : Ceux qui connaissent les a jugements.

« Le côté droit de la porte parla avec, lui et dit : Je ne te laisserai pas passer sans que tu *< me dises mon nom. Il lui dit : ton nom est celui qui fait la vérité, etc. »

Après cela interviennent le côté gauche de la porte, le seuil de la porte, la serrure, la clef, les panneaux, les montants, le sol.... enfin le portier. Nous reprenons ici la traduction littérale du manuscrit : « Le portier lui dit : Je n'annoncerai pas ton nom si tu ne m'as pas dit le '( mien. Il répond et dit : Ton nom est celui qui connaît la constitution du cœur et qui connaît « ce qui est dans le liane.

« Le portier lui dit : Je te ferai comparaître devant le dieu qui à cette heure.

« L'Osiris Pamont dit au portier : Quel est le dieu qui à cette heure ?

« Il lui répondit : (rest celui qui est grand dans le monde ?

« Il lui dit : Qui est celui qui est grand dans le monde ?

« Il lui répondit : C'est Thot, qui te sauvera.

« Thot lui parle en ces termes : Qu'on te fasse arriver. Viens devant Osiris ! je te ferai « comparaître ! qu'en est-il pour ta nature ?

« L'Osiris Pamont parla devant Thot, en disant : Je suis pur de tout mal, de tout péché. « Ceux qui, dans leurs jours, se sont écartés, je ne suis pas parmi eux, quant à moi.

« Thot lui dit : Je te ferai comparaître devant celui qui est dans le ciel de feu ; celui dont la a divine demeure est entourée d'ura^us vivants, celui dans la maison duquel se trouve l'eau «1 qui enveloppe la terre.

« Entre, ajoute-t-il, de\:^nt Osiris. Je t'y ferai comparaître. Je te ferai donner le pain de la « demeure des approvisionnements, la bière de la demeure des approvisionnements, les offran- (( des holep de la demeure des approvisionnements. Osiris Pamont, fils de Pamont, je n justifierai ta parole à jamais. »

Tout ceci, bien qu'encore imprégné de gnosticisme, est beaucoup plus net que les paragraphes (!orrespondants du chapitre 12o du livre des morts hiéroglyphique.

Somme toute, le rituel d^»motique de Pamont constitue bien, dans son ensemble et dans ses détails, une œuvre très intelligemment comprise, trc^s harmonieuse et tout h fait originale. Aussi est-elle signée et datée :

« Ceci a été écrit par Menkara, fils de Pamont, pour son père grand qu'il aime, — [Pamont « fils de Pamont, fils d'Hermodore, enfanté par Tsépsémont, — afin de faire demeurer son « àme devant Osiris Ounnofré, le roi du monde entier, le roi de Tabime, le chef de TAmenti. « Qu'il bénisse Menkara son iils devant Osiris, le dieu grand, et aussi ses enfants, h jamais ! «< Écrit l'an 10 de Néron, Claudius, César, Sébastos, Germanicos, Autocrator, le 10 paophi. »

Ce qui frappe dans ce desinit c'est que le fils, considérant son père comme un dieu, lui demande' de le bénir, lui et ses enfants, à jamais, devant le dieu suprême.

Toute la doctrine égyptienne ne vous apparaît-elle pas maintenant telle qu'elle était quand elle se mit à envahir le reste du monde? A lepoque où, — sur remplacement qu'occupe aujourd'hui dans la ville de Rome le couvent chrétien de la Minerve (Sainte Marie 5«/r Minerve), — s'élevait un temple dlsis, dont on a encore retrouvé tout récemment des débris nombreux, et absolument égyptiens ; à l'époque où — sur l'emplacement de Saint-Germain-des-Prés, à Paris — s'élevait un autre temple de cette même Isis, dont une statue, conservée jusque dans le siècle dernier (où elle était reléguée sous le porche), fut détruite alors, parce que des bonnes femmes y faisaient acte d'adoration ; à l'époque où — comme nous le voyons par Pétrone — on considérait, en Italie même, le pillage de la barque d'Isis comme le plus grand des sacrilèges, la doctrine égyptienne s'offrait au peuple avec ces deux faces : l'une toute de gnosticisme, el l'autre toute de morale. De ces deux faces, celle qui représentait le plus fidèlement les vieilles traditions, dans toute leur pureté, c'était certainement celle de la morale.

La morale égyptienne est souvent d'une étonnante beauté. Bien supérieure à la morale juive, elle égale parfois la morale chrétienne.

Le fils de Pamont a résumé cette morale dans ses grands traits, d'une manière nette el saisissante.

Son père, justifiant la parole de l'être bon, se confirmant à ses préceptes, n'a pas dû se borner à ne pas faire le mal ; il a dû aussi faire le bien. Non seulement il n'a pas tué ; il n'îi pas volé ; il n'a pas commis d'injustice ; il n'a pas porté de faux témoignage ; il n'a pas diffamé ; il n'a déshonoré le foyer de personne ; il n'a rendu personne infirme ; il n'a fait avoir faim, avoir soif à personne ; il n'a pas fait pleurer !... Mais il a donné du pain à celui qui avait faim, de l'eau à celui qui avait soif, des vêtements à celui qui était nu, une barque à celui qui, ayant perdu la sienne, se trouvait ainsi privé de ses moyens d'existence. Il a rempli, d'ailleurs, tous ses devoirs envers toutes les classes de la société : ne blessant personne par son orgueil, respectant ceux qu'il devait, ne faisant pas travailler ses gens avec excès, ne nuisant pas à l'esclave d'autrui dans l'esprit de son maître ; se montrant dans toute sa vie, dans toutes ses actions, dans toutes les circonstances, un être bon, — comme l'être bon suprême, — portant en lui l'image du divin Osiris et devenant, par cela même, un autre Osiris après la mort.

Je vous ai fait souvent admirer, dans mon cours de droit égyptien, l'équité, la douceur de

cette législation, qui, sous tant de rapports, se rapproche de la nôtre, particulièrement en ce qui touche l'état de la femme, les droits delà femme, les droits des enfants, etc., qui souvent même peut être regardée, sans parti pris, comme lui étant supérieure. Eh bien! cette législation est la fille de cette morale, qui sépare si profondément le culte égyptien des infâmes paganismes de TAsie Mineure, par exemple.

Dans ce culte, la partie gnostiqm», la mythologie proprement dite, pouvait changer, k rinfini, de ville en ville, d'époque en époque. Mais ce qui n^stera toujours et partout, ce qui devait dominer au point de faire négliger tout le reste, ce fut Tidée de TÈtre bon et de son imitation par Thomme, appelé à être bon comme lui.

Les temples égyptiens, d'Italie, d'Espagne, de Gaule, de Bretagne, de toutes les parties du monde antique, étaient spécialement consacrés au mythe d'Osiris, c'est-à-dire à Thistoire mythologique de cet Être bon qu'il fallait imiter sur terre.

Il n'y a pas à s'étonner si ce mythe se répandit en même temps que le christianisme et se confondit avec lui dans la secte valentinienne et dans d'autres sectes gnos tiques.

Ce qu'on y voyait c'était une mise en action de cette morale égyptienne, de cette sagesse de l'Egypte qu'admiraient tant les sages de la Grèce, de la Judée, etc.

Je ne sais si vous partagerez mon impression. Mais il me semble que, parmi tous les monuments de la vallée du Nil, établis pour l'éternité, nul n'eût des bases plus solides que cette sagesse égyptienne, qui s'éleva de plus en plus dans la suite des générations, mais qui nous apparaît déjà brillante, colossale, pour ainsi dire, dominant les peuples antiques, dans les maximes de Ptah hotep, — lorsqu'on construisait les pyramides — et, plus sublime, plus resplendissante encore peut-être, dans cette sconfesion négative dont nous trouvons tant de reflets sur les stèles de l'ancien empire.

KdiÈNE REVILLCU T.

KAUUK (MAINK-KT-LOIHKI. — l^IMMMKISlK IiAI.IHX.

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DE PAMONTH

EN DÉMOTIQXJB

AVEC LES TEXTES HIÉROGLYPHIQUES ET HIÉRATIQUES œRRESPONDANTS

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