‹ Rivalité de François I. et de Charles-QuintChapitre 34 sur 35 · SIEGE DE MARSEILLE. S · texte numérisé non relu

SIEGE DE MARSEILLE. S

lient payés , ne consentiraient ni à se battre n! à rester, et qu'ils commençaient à se mutiner (1). ils conclureot qu'il fallait non-seulement lever le siège de Marseille, mais évacuer la Provence et reprendre en toute liàte le chemin de l'Italie. Entraîné malgré lui par les résistances des capitaines et les dispositions des soldats, il se décida à la retraite. Pendant deux jours il en fît les préparatifs avec lenteur et comme à regret. Il jeta dans la mer des amas de boulets qu'il ne pouvait pas emporter, il enterra quatre gros canons, et envoya, traînées par des chevaux, d'autres pièces à Toulon , d'où elles devaient être embarquées pour Gênes. Les petits canons de campagne furent placés sur des mulets, et, le 29 septembre, l'armée leva le camp en se dirigeant vers les Alpes maritimes.

François I" s'était rapproché des impériaux pendant les derniers jours du siège de Marseille. Quoique ses forces fussent supérieures aux leurs, il ne chercha point à les jeter dans une position semblable à celle où il fut placé lui-même cinq mois après à Pavie, en les pressant entre son armée et la valeureuse garnison qui s'était si bien défendue. Avec une prudence louable, il n'avait rien voulu hasarder, aimant mieux rester en observation devant des troupes aguerries que de les pousser au désespoir par une attaque inconsidérée et de s'exposer à les rendre victorieuses. 11 était assuré que Marseille ne

(1) Lettre du 10 octobre écrite de Rome, par t'éi^iie de Bnth, nu cardiuU WolMy. — StaU paptrs, t. IV, p. 35.S.

laisserait pas forcer ses murailles, et que les impériaux, bientôt réduits à évacuer la Provence , reg-agneraienl l'Italie, sinon en désordre, du moins dans l'affaiblissement d'une retraite. Aussi, dés qu'il sul qu'ilsavaientlevélecarap.illanrasurleursderrièpes le maréchal de Montmorency à la t^te de quelques compag'nies d'hommes d'armes, d'une grande partie de la cavalerie lég-ère et d'une bande d'arquebusiers. Il lui ordonna d'inquiéter leur marche, les assaillir sans s'exposer, de les accompag-i ainsi jusqu'au-delà du Var (1), et de passer ensuit! les montag'nes à g:auche par le col de Tende, afin de le joindre en Italie, où il se rendrait lui-mémej avec le gros de son armée, par le col de Si après avoir remonté la vallée de la Durance

La retraite des impériaux se fit sans désordre. Leur armée s'achemina vers le Piémont en mar^ chant de nuit et de jour. Le vigilant Pescara en dirigeait l'arrière- g^rde , qui remplaçait dans mêmes log-ements l'avant-garde aussitôt que cell) avait achevé sa halte et pris un peu de repos. Il nait à ne laisser tomber personne des siens enl les mains des paysans, ameutés déjà sur les flaDi de l'armée impériale, de peur qu'ils ne prissent g-oût à les poursuivre et à les tuer. Une fois il ne put pas réveiller du sommeil dans lequel ils étaient

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(1) Lettres de François I" à Monlmoreiicj, 2, *, 5, 6 octobre iS2*. - Captivité du roi François l", in-4, publiÉ p«r H. Aimé Chu FigeiLC dans lu Grande collection des documenU infdits sur ChisUiirt i Franix.eic., p. 10 à 10.

SIÈGE DE MARSEILLE. HSi

plonges quelques lansquenets qui avaient trop bu du vin du pays. Les chevau-iég^rs du roi de France paraissaient à l'horizon, et les g-ens de la campag-ne n'attendaient que son départ pour ég:org^r les Allemands endormis. Il les fit brûler dans la grang-e d'où il ne parvenait pas à les faire sortir, et il continua sa retraite avec une inexorable rég-ularité (i). Les soldats avaient leurs v^^tements en lambeaux et manquaient de souliers. Aussi , lorsqu'on tuait des bœufs ou des moulons pour leur nourriture, ils en prenaient plus avidement encore la peau que la chair, pour la couper en lanières et s'en faire des chaussures [abarcas). Ils disaient en murmurant contre Bourbon que c'étaient là les chaussures de brocart qu'il leur avait promises en les conduisant en France.

Tandis que les impériaux précipitaient leur retraite, poursuivis par le maréchal de Montmorency, François I" s'était rendu à Aix afin d'y reprendre possession de la Provence. Il y parut le \" octobre en mattre irrité. II y fit décapiter le consul de Prat, qui avait prêté serment de fidélité au duc de Bourbon , et avait accepté de lui la charge de vig-uier. Après avoir rétabli l'autorité royale dans la capitale de la province recouvrée, avoir transrais à la fidèle et courag-euse ville de Marseille les témoignag^es d'une g^ratitude qu'il promit d'aller lui-même exprimer plus tard, il partit pour l'Italie.

(I) tUlaeianAelaa lUM, etc., t. O. p. 4

de Oznajo duu Ii Cokecim de docvnttntos ùw-

L^invasion de la France avait échoué deux fois, la première fois au nord, la deuxième au sud. Heureusement les confédérés l'avaient moins bien exécutée que conçue ; ils avaient été arrêtés par Tinsuffisance de leurs moyens d'attaque et leur défaut de concert, tout comilie par la vigueur de la résistance qu'ils avaient rencontrée et qu'ils n'avaient pas prévue. En 1523, Paris, couvert par les places de Picardie , n'avait pas eu besoin de se défendre contre eux ; en i 524, Marseille seule avait suffi à les repousser. La France était de nouveau délivrée, et le théâtre de la guerre allait être transporté encore une fois en Lombardie.

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