‹ Rivalité de François I. et de Charles-QuintChapitre 33 sur 35 · SIEGE DE MARSEILLE · texte numérisé non relu

SIEGE DE MARSEILLE

à une attaque où le roi François i" aurait l'avantag-e; qu'aussitôt qu'il aurait pris Marseille et Arles, il devait se dirig-er vers Lyon et s'enfoncer dans les eotrailtes de la France ; qu'en apprenant sa marche, François I", ou irait au-devant de lui pour l'arrêter, ou se retirerait sans oser lui livrer bataille ; que si le roi se hasardait à comballre , le duc le vaincrait ; que s'il s'enfermait dans Lyon pour défendre cette place, très-faible , le duc l'y prendrait ; que s'il se retirait en fuyant, le duc le poursuivrait. A la nouvelle des progrès du duc, ajoulait-il, Henri VllI ne manquerait pas d'opérer en Picardie la descente dont il faisait les préparatifs : il assemblait déjà quatorze mille Ang-lais, avait ordonné de lever en Allemag'ne cinq mille hommes Je pied et six mille chevaux, et dépêché vers la g-ouvernante des Pays-Bas, Jerning-ham, pour requérir le corps auxiliaire que l'empereur s'était engagé, par le dernier traita, à joindre à l'armée anglaise. Il assurait enfin que les troupes, les charrois, les vivres, les munitions, les attelages de l'artillerie, tout serait prêt dans les derniers jours de septembre, et qu'alors le roi d'Angleterre se porterait sur Paris ou sur Rouen, selon que le duc de Bourbon le désirerait (1). En apportant si peu de concert el tant de lenteur dans l'exéctilion d'une entreprise qui exigeait de la part de tous les confédérés la promptitude et l'accord, Wolsey empêchait

(1) M£iae lettre dn 31 tout, p. 336 k 3«2.

qu'elle ne réussît. Déjà compromise en ce par les retards que le vice-roi de Naples avait mis à renforcer l'armée d'invasion en la complétant, par l'imprévoyante inexactitude de l'empereur, qui n'avait pas envoyé en Lang-uedoc les troupes de Catalog-ne, par l'inaction trop circonspecte du roi d'Angleterre, qui n'avait pas opéré sa descente en Picardie, cette entreprise, dont l'issue aurait pu être si funeste à la France, était totalement ruinée àU fin de septembre. M

Après avoir voulu donner l'assaut à Marseille et ne l'avoir pas pu, le duc de Bourbon avait tenu conseil avec les cliefs de ses troupes. Ceux-ci avaient trouvé qu'il serait peu sag-e et i'orl dang-ereux de rester plus long^temps devant une ville que le roï de France venait délivrer à la IHe d'une puissante armée; furent d'avis de lever le siég-e. Bourbon, dont l'oi g-ueil entretenait l'opiniâtreté, et que la passii portait à l'audace, voulait tout au moins, en abi donnant Marseille, marcher à la rencontre du lui livrer bataille, et rétablir par une victoire l'honneur de l'armée qu'il commandait et les affaires des souverainsqu'il représentait; mais il rencontra pour la bataille la même opposition que pour l'assaut, capitaines dirent que le roi de France n'acceplei pas le combat et ne pourrait pas y être forcé ; qu'il aimerait mieux g-ag'ner du temps, les retenir jusqu'à l'hiver en Provence, où les vivres et l'argent leur manqueraient ég-alement, les attaquer alors et les détruire^ que leurs soldats, qui n'élaient pas enliè-

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