Journal Politique National, l'" série, n
no RIVAROL.
mille hommes, qui seraient venus à Versailles faire décréter par l'Assemblée ce qui aurait été décidé à l'Hôtel de Ville par le concours de la nation et du roi ^
Mais non, le roi persiste dans son attitude passive, tandis que la tempête grossit; puis soudain, il rassemble des troupes, des troupes auxquelles il ne se montre même pas, des troupes qui, en arrivant, manquent de tout, sont nourries et pourvues par ceux qu'elles venaient réprimer *; il attend d'être désarmé pour recourir aux menaces. « La populace de Paris et celle même de toutes les villes du royaume ont encore bien des crimes à faire avant d'égaler les sottises de la cour ^! »
Nous voici au 12 juillet. Ce jour-là paraît le prospectus du Journal Politique National. N'y cherchons pas l'expression des sentiments de Rivarol. Optimisme et style, tout y est de Sabatier. Pour s'en convaincre, il suffirait de lire, aussitôt après, le premier Résumé qui forme quatre numéros, ceux des 14, 46, 19 et 21 juillet, mais qui est certainement écrit d'un seul jet, et donc antérieur à la prise de la Bastille. Le sévère et jusque-là impartial observateur* ne se fait nulle illusion sur la gravité des événements accomplis : « Ceux qui élèvent des questions publiques devraient considérer combien elles se dénaturent en chemin : on ne nous demande d'abord qu'un léger sacrifice, bientôt on en commande de très grands, enfin on en exige d'impossibles. Tel homme a disputé son argent qui