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SES IDÉES POLITIQUES. d73
que le gouvernement était sans force. On espérait que cette foule de législateurs se hâteraient de resserrer les liens du corps politique ébranlé par une si grande secousse \ »
D'avance, ai-je dit, il se défiait d'eux. A peine les voit-il à l'œuvre qu'il les maudit. Singuliers législateurs qui, envoyés pour réformer, ne songent qu'à renverser % qui « avant de simplifier les rouages et de balancer les contrepoids d'une machine qu'on leur donne à raccommoder, commencent par en briser le ressort ^ » ! Ils ont déjà décrété qu'ils abolissaient tous les impôts existants comme illégaux dans le droit et dans la forme, mais qu'en attendant, pour ne pas bouleverser le royaume, on continuerait de les payer ; presque tous leurs décrets se font sur ce modèle : dans le premier membre du décret ils abolissent^ et dans le second ils maintiennent pour un temps. Est-il malaisé de prévoir que le peuple n'exécutera que la première partie du décret, et se moquera de l'autre*? Ils venaient combler le déficit : ils l'accroissent démesurément; « un retard dans le paiement des grosses rentes, une économie sévère et le maintien des anciens impôts étaient l'unique planche dans le naufrage ^ «. Chaque jour ils abattent quelque partie du vieil édifice, « croyant arrêter l'incendie par la démolition S). La nuit du 4 Août est « la Saint-Barthélémy des propriétés ^ ». Ils en veulent aux privilégiés : qui les en blâme? Mais ils s'y prennent de façon à nuire aux intérêts de la France autant qu'à ceux de la noblesse ou du clergé. Ils suppriment d'un trait de plume les justices seigneuriales : et les campagnes à l'heure même oii elles sont en proie au brigandage se trouvent sans tribunaux ; le droit de