‹ RivarolChapitre 108 sur 203 · Id., 2" série, no · texte numérisé non relu

Id., 2" série, no

sant une maison incommode et irrégulière »; leur conduite serait sans tache, s'ils n'avaient « bâti à la place un édifice monstrueux et menaçant * ». Yoyez quelle constitution ils rédigent. Les bases en étaient posées dans les cahiers de leurs commettants qui disaient tous : le gouvernement est monarchique, le roi réunit à lui seul toute la puissance executive, et c'est à lui à sanctionner tous les actes du pouvoir législatif. Ainsi l'entendaient bien les sages du premier comité, les Mounier, les Bergasse, les Lally-Tollendal ^ Leur projet, qui équilibre les pouvoirs, rétablirait l'autorité royale avec la liberté et la tranquillité. Ils proposaient de joindre à une Chambre des Communes un sénat qui en eût non pas annihilé, mais balancé l'influence, et d'attribuer au roi le veto absolu. « On feignit de croire, et le plus grand nombre crut en efîet, qu'il était impossible de former cette seconde Chambre autrement qu'avec des nobles ^ » Pourquoi donc? Ne pouvait-elle être ouverte tout à la fois à l'élite de la naissance, de la fortune et du talent? Mais quand bien même elle se fût à l'origine recrutée parmi les héritiers des plus grands noms de France, qu'y aurait-il eu de commun entre l'ancienne France où la noblesse était une caste de jour en jour plus envahissante, où elle se composait de plus de cent mille parasites de l'État, et la France nouvelle où les pairs, héréditaires et peu nombreux, eussent formé une véritable aristocratie? Aristocratie n'est pas synonyme de noblesse \ L'Assemblée a repoussé le projet du comité; elle a décrété qu'il n'y aurait qu'une seule Chambre et une Chambre qui gouvernerait en despote, puisque tous les pouvoirs lui

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