Id., l'« série, n
velle sa prophétie : « Vous ne jouirez pas long-temps de votre ouvrage. Les corps ne se reposent que dans leur centre de gravité; la France, que vous avez soulevée, mais que vous n'avez pas assise sur sa vraie base, va s'agiter dans les convulsions de ranarcliie, et tomber enfin dans le gouvernement monarchique, ou se démembrer paij sa chute et se former en provinces fédératives, comme la Suisse. Vous ne pouvez éviter une de ces deux révolutions. A quoi sert de dissimuler? La France, que vous avez façonnée, ne verra pas la troisième de vos législatures : il faut qu'elle devienne une véritable monarchie, comme l'Angleterre, à moins que tout ne finisse encore par le despotisme royal; et c'est à vous que nous le devrons. Oui, nous vous devrons le despotisme d'un seul. Assemblée nationale, puisque vous l'avez voulu, et on le préférera à votre despotisme. Que le roi ait une armée ou que l'armée ait un roi, et la France expiera vos erreurs et vos crimes *. » En août 1790, il dit encore : « Deux causes, jusqu'ici d'accord, ont fait vos succès : l'envie des uns et la misère des autres; car c'est ici la révolution des Pauvres et des Envieux^ les Pauvres irrités contre les riches et les Bourgeois contre les nobles ont marié leurs fureurs; mais le moment du divorce approche.... Les uns et les autres voudront la liberté comme ils l'entendent, chacun à sa manière. En attendant ils s'unissent à vous par les choses que vous haïssez. Or rien n'a l'air de l'union comme les haines communes : Communibus odiis compositi ^ » —