Id., V série, n
7. Id., r*' série, n°' 13 et 14. La Harpe prétend que son Journal renferme
Eh bien, soit. Tout le monde faisait de la polémique, avec passion, avec rage, quand il cède à la tentation, pour lui bien forte, d'en faire avec esprit. Il risque, et il lui arrive de- temps à autre, de railler des adversaires qui méritent le respect? Il raille bien plus fréquemment leur suspecte escorte, les tartuffes du patriotisme, les envieux qui parlent de fraternité, les goujats qui voudraient tuer l'élégance, les cuistres qui voudraient tuer le talent, les avortons qui voudraient tuer la beauté. Contre eux « le tranquille mépris de l'histoire * » ne suffirait pas. On nous dit aujourd'hui que la Révolution est « un bloc » et qu'il en faut tout aimer ou tout haïr. Faut-il aussi regarder les révolutionnaires comme une seule et même personne « une et indivisible »? Quand il aurait fleurdelysé certaines épaules, où serait le mal? Et puis vraiment si nous en sommes à compter ses injustices, n'oublions donc pas celles du parti opposé. J'aurais trop beau jeu à le comparer aux polémistes à cocarde tricolore, ou plutôt je ne lui fais pas l'affront de le comparer au plus grand nombre d'entre eux-.
« une savante dissertation sur les yiioyens (Taffamer Paris »; je la cherche en vain dans le Journal de Rivarol! (Voir \di Lettre de La Harpe sur les Délateurs, 49 décembre 1789, Mercure.)
1. Journal Politique National, 3* série, n° 5. Pétion raconte ainsi le retour de Varennes (il était dans la voiture du roi, près de Mme Elisabeth) : « La lune commençait à répandre cette clarté douce; j'allongeai mon bras, il touchait son aisselle; je sentais des mouvements qui se précipitaient, les regards me semblaient plus touchants, ses yeux étaient humides, la mélancolie se mêlait à une espèce de volupté. Je pense que si nous eussions été seuls, elle se serait laissée aller dans mes bras, et se serait abandonnée aux mouvements de la nature. Je me persuadais — et j'y trouvais du plaisir — que des émotions vives la tourmentaient, qu'elle désirait que nous fussions sans témoins, que je lui fisse des caresses délicates qui vainquentla. pudeur sans l'ofTenser» (cité par M. Forneron, dans son Histoire générale des Émigrés). S'il y a des morts qu'il faut qu'on tue, il en est qu'il faudrait souffleter.
2. Je ne parle même pas de VAini du Peuple, du Père Duchesne, ou des monstrueux écrits publiés contre la reine. Mais lisez Desmoulins, le Discours de la Lanterne aux Parisiens où Maury, d'Espréménil, Bezenval sont désignés aux meurtriers; les Révolutions de France et de Brahant , où Fontanes devient Font-àne, Mallet Dupan, Mallet Pendu, où il est dit que •• les forçats » ne voudraient pas de Malouet pour compagnon, où le pillage de l'hôtel de Caslries est approuvé (n° 53), où, après avoir reproché aux Apôtres d'insulter les femmes, Camille termine son article sur la
Vil pamphlétaire? Eh! de quel nom désignerais-je les auteurs de tant de dénonciations homicides qui circulent à travers Paris, et y vont recruter les travailleurs d'octobre ou de septembre? Qu'à ceux-là encore nous cherchions des excuses, j'y consens : à condition de ne pas lui en refuser auxquelles il a des droits plus certains. 11 y a dans ses sarcasmes plus d'impertinence que de haine, et s'ils ont le grand tort d'attiser les haines, entre celui qui voue ses ennemis à la risée et celui qui met les siens en péril d'être lanternes \ la différence est tout de même appréciable. Ses ennemis, à lui, ont derrière eux tout un peuple frémissant, en courroux, prêt, qu'ils le veuillent ou non, à se charger de leur vengeance : derrière lui, il n'a qu'une douzaine de jeunes gens cravatés de dentelle « qu'un réverbère ne voit jamais sans un mouvement de convoitise " ». Il est très vrai qu'ils sont des « pas grand'chose », qu'ils sont insolents au dernier point; ils ne respectent pas même ceux qu'ils défendent : défenseurs du clergé , ils terminent leurs boniments de tréteau sur un an nom du père ^ du fils, etc. ; défenseurs de la royauté, ils appellent le roi « ce gros père », marient Mme Elisabeth à Chapelier, et leurs hommages doivent arracher à la pauvre reine le soupir de Sylvia : « Gomme ces gens-là vous dégradent M » Il est très vrai que leur façon de tirer la canne et jouer du bâton devant le trône et l'autel, de se jeter à l'étourdie, badine
reine : « Il faut arrêter la vache » (n» 63), etc. Lisez Prudhomme (Révolutions de Paris); vous le verrez (n° 40) qualifier Cazalès, le vicomte de Mirabeau, l'abbé Alaury d'assassins et demander « vengeance », légitimer (n" 46) le meurtre de Launay, Flesselles, etc., conseiller aux Nîniois (n" 50) de « ne craindre que leur modération » et d'égorger les aristocrates, etc., etc. Lisez Carra (Annales patriotiques et littéraires de la France), et voyez (n° 472) ses injures, ses menaces, aux journalistes de droite, Royou, Mallet Dupan, etc., etc.
1. Les Apôtres ont créé le mot « fouloniser », après le meurtre de Foulon (n° 124).