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Actes des Apôtres, n" 140; le mot est de Suleau

3. Non \qs Actes des Apôtres, n<" 2, 44, 56 (Prospectus), 79, 178, 200, 304, etc., la Lanterne magique nationale', le Domine Salviim fac regem de Peltier (21 octobre 1789), etc.

iîlO RIVAROL.

on main, chapeau clabaud, au milieu d'un débat si grave est insupportable, qu'ils abusent des mots de manant et de faquin, qu'ils ont tout le cynisme des Français de l'ancien régime : ils sont des Français néanmoins! Il manquerait quelque chose à une révolution de France, s'il ne s'y était trouvé personne pour chansonner les assignats, les dons patriotiques, la garde nationale, le tribunal du Châtelet, les hallucinations de la peur et les quotidiennes dénonciations de complots, le civisme de messieurs de la Comédie française et la guillotine M Un de leurs antagonistes déjà louait, il y a plus d'un siècle — je cite les propres paroles de celui-là, qui s'appelait Camille Desmoulins, — « la prodigieuse gaîté de ces aristocrates chantants M » Ils se trompaient de toute manière, puisque leurs brocards ont achevé de ruiner leur cause en exaspérant et en légitimant presque les fureurs de la Révolution. Mais en leur rire vibrait le dernier écho des gaités de l'ancienne France; et leur rire, le rire de tant de fous réservés au massacre ou à la proscription, leur rire prolongé en défi jusqu'au seuil de la prison, jusqu'à la dernière marche de l'échafaud, fait encore en un certain sens honneur à notre race ^! Oui, leur drôlerie et leur crànerie rachètent bien des choses. Lorsqu'ils

1. Actes des Apôtres, passim. Je ne cite que les vers sur l'abandon d'un quart du revenu (n° 26) :

Un quidam, bon mari, mais meilleur citoyen,

Rêvant patriotisme, et songeant au moyen

Que Necker a trouvé pour sauver la patrie,

Lui dit : Voilà ma femme, elle est jeune et jolie;

Elle inspire à la fois l'amour et l'amitié;

Vous demandiez mon quart : je donne ma moitié.

2. Révolutions de France et de Brahant, n°* 1 et 8. Desmoulins prétendait qu'ils se réunissaient chez le bourreau Samson, et qu'ils y composaient leurs refrains en festoyant. Samson le fit poursuivre et condamner pour diffamation, ce qui parut assez drôle à Camille.

3. Le vicomte de Mirabeau est tué le 15 septembre 1792 à Fribourg par un des soldats de sa légion; Suleau est égorgé le 10 Août; Clermont-Tonnerre également ;Champcenetz, qui, au tribunal révolutionnaire, demandait à Fouquier-Tinville : « Peut-on se faire remplacer? » et disait au conducteur de la funèbre charrette: « Mène-nous bien, tu auras pourboire »,est guillotiné le 23 juillet 1794, etc., etc.

menacent de la hart celui-ci ou celui-là en petits couplets lestes et sautillants comme une gigue, lorsqu'ils réclament (( l'élévalion rapide de Fanti-moine Camus * », au lieu de nous indigner, sourions plutôt de leurs bravades : ils sont les plus faibles, ils sont déjà des vaincus. Que dis-je! Lorsqu'ils menacent, il peut arriver qu'ils soient beaux comme des émeutiers de Hugo sur une barricade déjà cernée et presque prise. « Mais qu'ils sachent donc, les misérables, crie l'un d'eux à la fm de mai 1790 en montrant le poing aux jacobins, qu'ils ont lassé ma patience!... Oui, je jure que si la justice ne se hâte de purger mon malheureux pays de cette engeance infernale, j'aurai le courage de la dévouer au mépris et à l'indignation de toute l'Europe. Serai-je ensuite tumultuairement torturé par la rage d'une multitude engouée de ses véritables fléaux; ou serai-je froidement sacrifié à des considérations légitimes? Eh bien, Favras n'aura pas eu seul l'honneur d'avoir su rendre sa mort utile à sa patrie ^! » Bravo, Suleau ! ... Ils n'ont pas, comme Desmoulins, Prudhomme ou Marat, la plèbe parisienne dans la main. Tout au contraire ils l'entendent gronder à quelques pas d'eux. Un jour, le 21 mai 1790, elle envahit la boutique de leur libraire Galtey, y saccage tout, brûle tous les numéros des Actes qui s'y trouvent, et avertit « messieurs les brûlés » que s'ils ne sont pas plus sages elle les jettera dans le bassin du Palais- Royal : le baptême patriotique est le divertissement à la mode en 1790, prélude badin aux exécutions et aux boucheries dans la cour des prisons. Suleau vient dé passer quatre mois au cachot, et Théroigne a pu, le 6 Octobre, s'exercer au maniement du sabre dont elle le frappera le matin du 10 Août. Qui sait si Rivarol n'a pas rencontré,

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