‹ RivarolChapitre 132 sur 203 · Mémoires de Monllosier · texte numérisé non relu

Mémoires de Monllosier

2. Toiilongeon, Histoire de France depuis la Révolution de 1789, t. III, pièces justificatives, n» 3. La Fayette n'a pas parlé de Rivarol dans ses Mémoires.

3. En parlant de cet écrit, Dampmartin observe que « Rivarol lui a accordé une constante prédilection ». Il y a aujourd'hui une petite école qui pardonne tout aux œuvres dont Vécrilure, c'est son mot, est parfaite : je lui laisse le soin de louer les pages dont je parle ici.

4. C'est le journal que Peltier publiait à Londres depuis novembre ligfS, et qu'il a édité ensuite en deux volumes. Il y avait inséré, à la fin de son premier numéro, les deux derniers opuscules de Rivarol, la Lettre à ta Noblesse et De la vie politique, de la fuite et de la capture de M. La Fayette. Q"Ue n'a-t-il inséré aussi le Dialogue entre M. de Limon et un homme de goûtl II nous l'aurait conservé.

5. Ce d'Arblay est un des officiers qui accompagnaient La Fayette; son nom figure au bas de la déclaration qu'a rédigée La Fayette en se voyant pris.

est riiomme qui a pu mettre au jour à Bruxelles un tel écrit dans une telle circonstance;... un homme dont le cœur déshonore l'esprit, qui sera, dans le parti auquel il vient de s'abandonner, ce que Mirabeau était dans le sien ; mobile, aussi prompt à saisir le bien qu'à faire le mal, à contredire ses écrits par ses discours et ses principes par ses actions », etc. En vain Peltier se récrie; en vain il traite d'Arblay de « serpent » et de « crapaud » ; en vain il défend son cher Rivarol. Qu'il le défende en toute autre occasion, et je l'y aiderai. Rien ne peut justitier Rivarol au moment où il frappe un ennemi captif et désarmé.

Mais lorsqu'il riait au nez d'ennemis cent fois plus forts que lui-même, lorsqu'il sifflait leur triomphe, il s'exposait trop à être pendu pour que son cas me paraisse pendable. Ne disons point : la belle bravoure que celle d'un homme qui ne signe point ses articles! Qu'importe, s'il les avoue et si tout Paris sait qu'ils sont de lui*? Il est trop bavard et trop fat pour taire son secret. Son secret!... Depuis juillet 1789, son nom revient à tout propos dans les feuilles, ici loué, vilipendé là. Les uns proposent de donner son nom à un des égoûts de Paris % les autres l'appellent « le Tacite et le Lucien de la France ^ ». Voyez si les Actes des Apôtres font mystère de sa collaboration *, et comme un

1. J'ai dit qu'une édition du Journal Politique National porte : « tiré des Annales manuscrites de M. le comte de R. »

2. Lettre des patriotes du café Zoppy à Viliette {Chronique de Paris, avril 1791). C'est une réponse au n° 228 des Actes.

3. Correspondance politique, Prospectus (22 février 1792). Voir d'un côté, outre cette Correspondance, n"' 7, 9, 10, 56, 60, 63, la Nouvelle correspondance politique, n°' 6 et 9, les Actes des Apôtres, le Journal général de la Cour et de la Ville, \di Chronique Scandaleuse, le Journal Royaliste; de l'autre, les Révolutions de France et de Brabant, les Annales patriotiques et littéraires de la France (n°* 595 et 647), la Légende dorée ou les Actes des Martyrs (n"' 4, 6, 20), la Chronique de Paris, etc., sans compter les brochures telles que la Lettre du député Guillermy, les Philippiques ou les Crimes de Paris et les Correspondances d'Angleterre et de Bruxelles (2 numéros, chez Lagrange, libraire, rue Saint-Honoré, pamphlet dirigé contre le comte d'Artois; Rivarol y est accusé d'avoir volé l'argent de ses souscripteurs et d'avoir pris pour fuir « le déguisement qui lui est le plus naturel, celui de laquais »; tout cela dans un style!...).

4. 11 y est nommé plus de dix fois (no* 91, 240, t. IX épilogue, t. X épi-

Meude-Monpas y serait reçu à se dire l'auteur du Journal Politique National * ! Écoutez Desmoulins, qui l'attaque dix fois sans avoir le courage de le détester, dénoncer à la vindicte publique ces Actes des Apôtres ovl « le garde des sceaux s'est chargé des bouffonneries et où Rivarol fait tout ce qu'il y a de piquant » ^ En août 4789, les dénonciateurs avaient déjà si bien opéré que les facteurs et les laquais escamotaient les numéros de son JournaP, et qu'il était obligé de s'éloigner un temps de Paris. Le moment approche où il devra s'en éloigner pour toujours, sous peine d'avoir le même sort que Clermont-Tonnerre, Suleau et Champcenetz, où les bandits vont entrer dans sa maison, désertée à la dernière heure, et demander : « Où est-il, ce grand homme? Nous venons le raccourcir* »....

C'a été sans nul doute une maladresse indigne de lui que d'employer son talent de railleur contre la Révolution. 11 n'y a point eu calcul de sa part; la chose s'est faite presque malgré lui, et je vois qu'il en est assez contrarié. Il n'ignorait pas que la tactique d'un partisan de la monarchie devait être tout autre, qu'il fallait gagner le cœur du peuple au lieu de le blesser. Il n'ignorait pas non plus la distance qu'il y a de ses Résumés à ses petits articles : « On ne peut, écrit-il à la fin de 4789, acquérir que par l'étude et la méditation le droit de condamner une Assem-

logue, n» 305, etc.). Qu'il me suffise de citer cette réponse du n" 91 à une attaque d'Andrieux :

Pourquoi de Rivarol, du vicomte et Dupan Chercher à dénigrer le noble et fier élan?... Souriant des écarts d'une muse étourdie. Je dis comme Voltaire en son livre divin : Il n'est jamais de mal en bonne compagnie.

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