‹ RivarolChapitre 149 sur 203 · Journal des Savants, octobre et novembre · texte numérisé non relu

Journal des Savants, octobre et novembre

encore en disséquant l'homme et les animaux; mais en les voyant agir, aimer, penser, on se demande comment l'artisan suprême a pu toucher un édifice si régulier avec le rayon de la pensée et la flamme des passions,... comment enfin un amas de matière inerte et périssable a pu devenir siège de vie et berceau d'immortalité » ^ Relisez toute la page, et la phrase elle-même : vous verrez qu'il n'entend par là que le pouvoir accordé à tous les êtres, aux animaux comme à l'homme, de transmettre la vie à de nouvelles créatures. Point d'autre immortalité : « Les formes personnelles sont passagères, et l'immortalité est restée aux espèces, à leur séjour et aux astres qui les éclairent. Dans tout ce qui respire, il n'y a d'impérissable, en effet, que les générations : les individus ne sont qu'usufruitiers; ils boivent tour à tour dans la coupe de la vie, et tout est viager pour eux dans un ordre éternel ^ » Et ceci pourrait encore s'entendre en un sens quasi chrétien : l'anéantissement des formes personnelles pourrait se concilier avec l'immortalité du principe « d'énergie active » qu'il nomme le sentiment. Mais je vois ailleurs qu'il se déclare plus sur de l'immortalité des corps que de celle des esprits ^ ; je lis dans ses Carnets : « Réflexion sur l'immortalité. Son impossibilité,

à moins d'oublier qu'on est d'époque en époque Gr c'est

ce qui arrive,... l'ignorance fait tout le plaisir et toute la fraîcheur des premières sensations. »

La plus grande des absurdités lui parait être l'athéisme.*' Il dit avoir connu jadis un saint athée; et il note le fait ^ comme une anomalie \ Avant la Révolution, il reprenait à son compte et commentait le mot de Shaftesbury : a Le

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