‹ RivarolChapitre 16 sur 203 · Esprit de Rivaroi · texte numérisé non relu

Esprit de Rivaroi

2. « Il est bête, mais il écoute les gens d'esprit avec patience » {Carnets).

3. La liste en est assez longue. Outre les deux écrits que je viens d'indiquer, nous avons d'elle : Appel des Whigs modernes aux Whigs anciens, par M. Burke, traduit de l'anglais... 1791; — Effets du Gouvernement sur l'Agriculture eii Italie..., traduit (sic) de l'anglais..., pi'écédés {sic) d'un mot sur les Femmes, la Répithlique française et les mœurs; suivis d'une Lettre d'un Auteur célèbre sur l'Influence des Passions de Mme de Staël (c'est l'article de Rivaroi) e^ d'une Réponse à cet auteur... à Paris, an V; — le Couvent de Saint-Domingue, traduit de l'anglais... à Paris, an lX-1801 (3 petits volumes, effroyable roman d'aventures); — Encyclopédie morale, conteiiant les devoirs de l'homme en société,... traduit de l'anglais... à Paris an XI- 1803. Elle a, en 1820, publié les Lettres de Rivaroi à M. de la Porte, sous le titre : Conseils donnés à Sa Majesté Louis XVI. Je ne sais comment elle s'est trouvée en avoir les manuscrits. On peut lire des lettres de Mme de Rivaroi dans la Vie d'Antoine Rivaroi de Cubières, dans les Contemporaines de Restif, t. XIX. M. de Lescure a reproduit une lettre d'elle adressée à Suard en 1804; elle lui offre sa collaboration au Publiciste.

4. Effets du gouvernement sur l'agriculture, préface : « Les charmes de notre Sévigné, aimée, chérie, fêtée, recherchée de tout le monde, n'ayant de soucis que ceux qu'il lui plaisait de prendre, tel fut mon lot aussi jadis..., » « J'ai ressemblé beaucoup parla figure et par la destinée à cette Mme de Maintenon si célèbre. » — Toute la préface vaut la peine d'être lue. Réduite à être « un bout d'employé «jcUe y proteste contre l'accaparement des places par les hommes : « Pour l'homme, 2 et 2 font 4, pour la femme 2 et 2 font zéro; je pose rien et retiens tout ». Et ici sa plainte n'est point si sotte. Etre Mme de Rivaroi, cela n'était pas gai; être la veuve de Rivaroi, c'a été pire, car elle s'est trouvée aux prises avec

le nom de Carnéade à un journaliste qui a parlé trop légèrement de RivaroP; d'être âme sensible, et de lever les yeux au ciel en invoquant Rousseau, « créateur de Sophie et de la mort de Julie » ^; il ne lui suffit pas d'être milady Pimbêche : elle parle le français comme une institutrice anglaise. « Cueillir des lauriers sur l'arbre de l'immortalité », voilà de sa prose ^. Ah! la pauvre femme! Pourquoi faut-il que ses sottises ne me permettent pas de compatir à ses très réelles infortunes? Délaissée, sinon séparée de Rivarol au bout de trois ou quatre ans*, après avoir, semble-t-il, essayé de diriger un pensionnat, elle est obligée pour vivre d'accepter une petite place de traductrice dans un ministère; rudoyée, bafouée, payée en assignats qui ne valent rien, elle va me faire pitié : « Je me serais beaucoup mieux trouvée dans la basse-cour du coq qu'à la commission d'agriculture. Que n'ai-je été assez heureuse pour rencontrer un chef doué des vertus du coq ^ ! )) Tâchez de comprendre : du coq qui veille sur ses

toutes les liaincs qu'il laissait derrière lui dans les boutiques de journalistes. Mais ces haines, elle faisait bien tout ce qu'il fallait pour les attiser; elle était, elle aussi, « encromane ». — M. de Lescure a cru que Restif avait parlé d'elle dans Y Année nationale. S'il avait lu la notice intitulée : La Riuarole, il aurait vu qu'il s'agit de la sœur et non de la femme de Rivarol. En revanche, je ne sais laquelle des deux est désignée dans une brochure de 1790 ou 1791 : Hommage aux plus jolies et vertueuses femmes de Pari<. Dans cette nomenclature où ne sont admises que celles « qui sont honnêtes ou du moins présumées honnêtes » et « généralement reconnues jolies », c'est-à-dire qui ont « bouche petite, bien coloriée, belles petites dents, taille fine, pied mignon », apparaît, parmi cent quarante-huit autres noms, tels que ceux d'Olympe de Gouges, de la comtesse de BulTon, de Mmes de Mirabeau, de Montmorin, etc., ce nom : Rivarol. Mais le nom ne se trouve pas dans le Petit Almanach de nos grandes femmes pour Vannée 1189.

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