Id., 3« série, no
vainqueur des Indes pour se faire traîner par des tigres ^î » Nous devons à Rivarol un traité de philosophie illustré : il a trouvé, dans le Discours P^^é liminaire^ le moyen non seulement d'éclairer l'obscur, mais d'enluminer l'immatériel. « Pourquoi, lorsqu'on est plein d'une idée ou d'un rêve, si on est distrait brusquement ou si on se retourne dans son lit, en perd-on le souvenir et souvent pour toujours? Les mouvements opposés des fibres ne seraient-ils pas comme ceux des vagues qui se reiicontrent, se brisent et s'effacent ^? » — « Ce moi, cet état d'énergie qui constitue la veille, nous épuise comme toute autre érection; et le sommeil, qui en est \dL suite, vie7it périodiquement abaisser, assoupir peu à jjeu les fibres une à une, et nous conduit à l'affaissement total dont l'effet est de nous faire perdre connaissance. L'imagination, avec ses rêves, a beau ressusciter le jeu des fibres dans la tête; elle a beau rallumer les illuminations qu'a éteintes le sommeil, les courses vagabondes des esprits animaux qu'elle agite ne produisent pas la conscience du moi; car s'ils la produisaient, il y aurait aussitôt réveil ^ » — La pensée est une suite de mouvements, les uns dont elle garde les vestiges et qui représentent pour nous le passé, les autres qu'elle se figure et qui représentent pour nous l'avenir : « c'est entre ces deux sommes de mouvements que, changeant et fixe, l'homme habite et voyage jusqu'à la mort; semblable au tisserand qui oui'dit sa toile, et qui, situé entre Vouvrage fait et Vou~