Journal Politique National, V" série, n
vagues qui grondent et se brisent sous lui » *; le ministère, obligé de suivre le va-et-vient de l'agiotage, est « attaché comme Ixion à cette fatale roue » ^; ce qui se sent est plus clair que ce qui se raisonne : « le sentiment qui, pour sortir des mystères qui l'enveloppent, emprunte des ailes à Dédale, c'est-à-dire au raisonnement, ne soutient pas toujours les regards du soleil, et s'égare souvent dans les routes de la clarté; mais s'il prend le fil des mains d'Ariane, c'est-à-dire des passions, il se dirige plus sûrement dans les sentiers obscurs du labyrinthe » ^ Cette imagerie-là ne vaut pas grand'chose; elle semble indigne de lui. En vain il a le sentiment de la couleur; en vain son imagination est active et vive : faute d'être en contact avec le réel, elle est trop fréquemment réduite à créer des formes vaines ou à reprendre et relustrer les vieilles allégories dont il savait si bien reprocher l'emploi aux écrivains de sa génération.
Les pages finales du Biscornus Préliminaire sont caractéristiques entre toutes. Je ne les donne pas comme les meilleures qu'il ait écrites, il s'en faut, mais comme celles qui peuvent le mieux montrer ce qui se mêle de clinquant aux splendeurs de son faire :
D'autres que moi peindront ce règne de la terreur, où, pour l'éternelle humiliation des ambitieux sans génie, on vit le plus obscur satellite de la philosophie moderne s'élever au trône par un sentier