‹ RivarolChapitre 22 sur 203 · Lettre à M. de Gaste · texte numérisé non relu

Lettre à M. de Gaste

2. Lettre à Cappadoce, 16 janvier 1794. Citerai-je aussi une lettre au même, du 21 février 1801, où, après avoir résumé brièvement l'état actuel de l'Europe et les fautes des Puissances, il s'écrie : « Il faudrait parler cent ans sur tout cela, et je n'aime pas les écritures ».

3. Il dit à la fin du Petit Alrnanach : « Cet ouvrage n'ayant pu être commencé qu'au 1" janvier, époque où paraissent tous les Recueils de vers dont nous ne pouvons nous passer, il a fallu faire marcher de front l'auteur et l'imprimeur, et livrer les notices à fur et mesure sans pouvoir jamais les comparer entre elles. C'est ainsi que V Alrnanach de nos grands hommes a été composé et imprimé tout ensemble. » Mais tandis que je note l'indication, j'arrive aux dernières lignes où je l'entends se moquer de moi : « La postérité apprendra tous ces détails avec le plus vif intérêt ». Diable d'homme!

4. Voir, dans l'édition de 1797, la note à laquelle j'ai déjà fait allu-

A-t-il quelque argent? Son premier soin est de prendre un ou plusieurs secrétaires; il en avait deux à Hambourg *. Il cause avec eux en fumant de l'aloès et en buvant un doigt de vin du Cap % s'égaie à leurs dépens, leur dit « force bêtises afin de réveiller leurs idées ^ », et leur dicte quelque chose. Est-il hors d'état de les payer? Il en trouve qui ne lui coûtent rien, c'est-à-dire ses soi-disant collaborateurs qui lui rendent les mêmes services. Qu'ils se nomment Barruel-Beauvert ou Ghampcenetz, ils ne sont là que pour solliciter sa verve et tirer de lui des étincelles qu'ils attrapent au vol. Barruel lui lit un jour une vingtaine de vers satiriques sur l'abbé Delille ; Rivarol l'écoute, rit avec lui, s'anime, et peu à peu aux vingt vers en substitue quatre-vingt-quatre au bas desquels le capitaine de dragons appose fièrement sa signature *. M. de Ghampcenetz a eu l'imprudence de publier à lui seul quelques petits livres qui donnent sa mesure ^ Il dit très haut sans convaincre personne qu'il a travaillé au Songe d' Athalie, au Récit de Théramène, au Petit Aimanach et au Petit Dictionnaire : il se peut que le manuscrit en soit çà et là de sa main. Mais s'il n'y a pas là dedans plus de sept ou huit pages de trop, il n'y en a donc que sept ou huit qu'il puisse reven-

sion. C'est entre le mois de septembre et le mois de décembre 1783 qu'il a écrit son discours; la fin de la Lettre sur le Globe aérostatique (datée du 20 septembre) prouve qu'il y pense; et d'autre part les manuscrits devaient être adressés à l'Académie de Berlin avant le 1^' janvier 1784.

1. Voir sa Lp^^re du 14 juillet 1797 à M. de Gaste. Avait-il un secrétaire à ses gafjes avant la Révolution? Arsène Houssaye et après lui M. de Lescure, qui l'ont assuré, n'auraient pu invoquer le témoignage d'aucun de ses contemporains. Le secrétaire qui joue un rôle dans VEsprit de Rivarol doit être un de ceux qu'il avait à Hambourg, c'est-à-dire au temps où l'a connu Chênedollé, un des éditeurs du petit recueil.

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