‹ RivarolChapitre 21 sur 203 · Discours Prélirrîinaire, p · texte numérisé non relu

Discours Prélirrîinaire, p

le contact de la vie est ce qui échauffe et féconde le mieux sa verve. « Je vous dirais dans quelques conversations la valeur de plus d'un volume, et d'un volume qui n'existe pas *. » — « Je voudrais vous tenir là, et nous en dirions plus dans une heure que je ne pourrais en écrire dans vingt pages ^ » Il n'y a pas cinq minutes qu'il s'est assis devant son bureau, et déjà il s'irrite d'y être.

Aussi, voyez comme son œuvre s'est faite. Quand il n'a qu'un opuscule en tète, il en vient facilement à hout; tel est le cas de ses Lettres à Necker, à la Noblesse; de ses Dialogues, entre Voltaire et Fonlenelle, entre M. de Limon et un homme de goût; de son Epître au Roi de Prusse, de ses Mémoires à M. de La Porte, etc. Il les écrit en quelques jours, peut-être faut-il dire en quelques heures : dans l'édition originale de la Lettre sur le poème des Jardins wn^noia renvoie au « Mercure de samedi dernier » ; un paragraphe de la Lettre sur le Globe aérostatique commence : « Hier, 19, le roi », etc. Les différentes parties du Songe d'Athalie, du Petit Almanach, ont paru les unes après les autres, à mesure qu'il les fabriquait ^ Des ouvrages de longue haleine qu'il a entrepris, il n'en a terminé que deux : encore a-t-il traîné cinq ans la Traduction de l'Enfer, et je crois voir qu'il a dû s'exiler un moment de Paris pour rédiger le discours de VUniversalilé de la Langue française *.

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