C'est l'avis de Grimm {Correspondance, février
2. A en croire M. de Lescure et certains autres biographes, Panckoucke d'abord, ensuite Fauche auraient pendant des années fait des rentes à Rivarol sans que celui-ci leur donnât rien en échange. Cessons de pleurer sur le pauvre Holopherne si méchamment mis à mort par Judith. Panckoucke s'entendait en afifaires, et le Discowrs P-réliminaire a plus qu'indemnisé Fauche des avances faites. Les compatriotes de ce dernier assuraient qu'au contrat passé entre Rivarol et lui ce n'était pas Rivarol qui avait gagné le plus (voir la Vie... de Rivarol de Sulpice de la Platière, I, p. '94.)
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vingt-quatre numéros et de trois mois, elle compte en réalité huit numéros espacés en sept mois : deux en mai, deux en juillet, un en septembre, trois en novembre 1790 et c'est tout *. Les gens qui aiment à lire leur journal à heure fixe n'auraient pas décoléré avec lui; et on écrirait une jolie nouvelle sous ce titre : « Les déceptions d'un abonné de M. le Comte ».
A dire vrai, il ne les a pas pris en traître. Outre que beaucoup d'entre eux le connaissent et sont résignés d'avance à ses irrégularités, il les a prévenus dès le 26 juillet 1789 qu'il s'en produirait. Il leur rappelle qu'il ne se soucie pas, à l'exemple des autres journalistes, d'offrir « des nouvelles fraîches, des réflexions timides et usées », qu'il compose « un tableau » dédié « au petit nombre des penseurs », et qu'un pareil tableau ne s'improvise pas ^ Il leur rappelle ailleurs que sa franchise lui attire bien des persécutions, qu'il est obligé de s'éloigner de Paris et, à défaut des imprimeurs parisiens qui lui refusent leur concours, d'en chercher d'autres à Bruxelles ^ Sont-ce là les seules, sont-ce là les véritables raisons de ses retards? Je
1. Dans le n<> X de la Correspondance Politique (16 février 1792), Peltier, accusé d'avoir répandu le bruit, pour achalander sa feuille, que Rivarol en était le rédacteur, proteste en ces termes : « Il est vrai que le public n'ayant point vu encore de prospectus nominatif de la Correspondance a cru que cet ouvrage était destiné à remplir les engagements d'un journal impartial, dont j'ai fait distribuer moi-même le fort joli prospectus avec un numéro des Actes des Apôtres. J'ai lieu d'être surpris qu'au lieu de la reconnaissance qui m'était due, mon détracteur fasse une injure gratuite au public en lui disant qu'il est la dupe d'un charlatan, et à M, le comte de Rivarol en faisant croire qu'il a entrepris un nouveau journal avant d'avoir satisfait les abonnés de son 3" volume ». Ceci semble impliquer que Rivarol avait encaissé les souscriptions de sa troisième série, et Peltier a tout l'air de lui reprocher là, en faisant la bouche en cœur, une espèce de banqueroute. Mais Peltier, qui escamotait des lettres de Bertrand de Molle ville à la reine sur le bureau de celui-ci (voir les Mémoires de Bertrand de Molleville), aurait eu grand tort de donner à Rivarol des leçons de probité. Comme on va le voir, les souscripteurs du Journal Politique National étaient libres de se faire rembourser le prix de la souscription, soit 12 livres. Le plus grand nombre a pu estimer que huit numéros de Rivarol valaient bien 12 livres.