Discours Préliminaire, Avertissement
2. Je ne voudrais pas le calomnier. 11 avait ramassé une multitude da notes. Chênedollé assure (Préface de V Esprit de Rivarol) que « sept lettres étaient prêtes ». Sabatier, en fouillant dans ses papiers quelques années après sa mort, a dû voler cela avec le texte du discours de la Souveraineté du Peuple et le plan de la Théorie du Corps Politique-, car il annon-
l'homme. o5
Enfin, les Résumés de son Journal ne s'étendent que jusqu'aux journées d'octobre, en d'autre termes son Histoire de la Révolution n'en comprend guère que les six premiers mois. A ^dater de là elle ne se compose plus pour nous que de fragments sans suite, Tun sur La Fayette, l'autre sur le duc d'Orléans et Mme de Genlis. Seuls, ses amis ont pu entendre ses beaux récits et ses plus beaux commentaires que rien ne nous rendra. Pour se convaincre que cette Histoire obsédait sa pensée et alimentait sans cesse sa conversation dans les dernières années de sa vie, il suffit de lire ses lettres à son père, à M. de Gaste, à Cappadoce Péreira, et surtout d'exhumer la correspondance échangée entre les agents de Louis XVIII, Thauvenay et d'Avaray *,
Sur les instances du comte d'Avaray, il semble en avril 1800 à la veille de reprendre son Journal au point où il l'a interrompu, et de conduire ses Résumés jusqu'à l'heure présente ^ Il veut publier « trois numéros par mois » ; il
çait en 1806 {De la Souveraineté, p. 294, note) un Dictionnaire qui paraîtrait sous peu : « Dictionnaire classique de la langue française par l'ancienne Académie, corrigé et augmenté par M. de Rivaroi ; enrichi d'exemples et d'observations par M. Sabatier de Castres, etc. » C'est vraisemblablement l'exemplaire annoté par Rivaroi dont parle H. de la Porte et qui ne se retrouve pas. Le Dictionnaire annoncé n'a pas paru. En 1827, il en a été publié un par Verger, avec, dit le litre, « notes puisées dans les manuscrits de Rivaroi »; il n'y est pour rien (voir la. Notice sur Rivaroi de H. de la Porte). J'ajoute qu'il me parait avoir définitivement renoncé à son entreprise avant 1800 ; il n'y est fait nulle allusion dans les lettres de Thauvenay que je vais citer. L'édition du Dictionnaire de l'Académie publiée en 1798, édition où sa méthode se trouvait en partie appliquée, a dû le décourager; il s'est de nouveau tourné vers la politique. Fauche lui avait pourtant fait espérer un bénéfice de 200 000 ivàncs {Lettre à son père du 12 mai 1797); mais ces arguments-là ne font pas grand effet sur lui. Il a touché mille francs par mois en 1796, peut-être encore en 1797. Rien ne prouve que sa rente lui ait été plus longtemps servie.
1. Les documents dontje vais faire usage et que j'ai puisés aux Archives du ministère des Affaires étrangères, étant inédits et d'ailleurs fort curieux, j'en donne de plus longs extraits dans V Appendice, § 7. J'y précise en particulier le rôle joué dans l'affaire par ce Panurge de l'émigra tion qui est des Entelles. La première lettre de Thauvenay où il soit question du Journal de Rivaroi est du 4 avril 1800,
2. Son intention n'était pas d'en faire seulement une arme de combat contre Ronaparte, mais un tableau de la Révolution; son Prospectus est formel sur ce point.
en a déjà « plus de cinquante prêts » *. Son ami des Entelles, l'écuyer de M. le Comte ou, pour parler franc, son parasite, se porte garant que « ses idées sont belles et exprimées d'une façon énergique et d'un style brillant » ^ « Il m'a développé, écrit Thauvenay, avec l'intérêt, la chaleur et l'éloquence que vous lui connaissez, une