Sur Floinan
Même il usait encor de ce style apprêté
Dont il eut soin de peindre et d'orner son ouvrage,
Pour éviter des ans l'inévilable outrage.
« Tremble, ma noble fille, et trop digne de moi,
Le parti de Voltaire a prévalu sur toi ;
Je te plains de tomber dans ses mains redoutables,
Ma fille... » En achevant ces mots épouvantables
VHistoire naturelle a paru se baisser :
Et moi, je lui tendais les mains pour la presser.
Mais je n'ai plus trouve qu'un horrible mélange
De quadrupèdes morts et traînés dans la fange,
De reptiles, d'oiseaux et d'insectes affreux,
Que Bexon et Guéneau se disputaient entre eux....
La parodie s'accompagne de commentaires en prose qui sont plus explicites. « Mme la comtesse de Genlis, après avoir fait, il y a quelques années, les délices des enfants par son Théâtre d'Education, voulut un peu désoler leurs mères, et donna son fameux roman d'Adèle et Théodo7^e.... Les Veillées du Château et les Annales de la Vertu sont des petits romans qu'on devrait relire sans cesse pour se mortifier et se rendre accessible à la pitié. On y voit partout une femme sensible qui oublie ce qu'elle fut jadis et tout ce qu'elle est encore, pour mieux prêter à des personnages fictifs le langage de la piété et de la sagesse *. » Mensonge, en effet, voilà tout l'art de Mme de Genlis et de ses contemporains : je voudrais seulement qu'ill'eûtdit en termes moins cruels.
Aux autres grands pontifes il juge suffisant de consacrer soit un mot, soit un alinéa. M. de La Harpe obtient les deux : « Avec la moitié de la foi qu'il avait en son mérite, il eût fait son salut » ^ « On y trouve (au Lycée) tel homme qui, vers l'âge de cinquante ans, n'a été à sa place que là, et auquel on donne mille écus pour le faire parler, tandis
1. Songe (TAthalie. Sur la Réponse de la Couleuvre aux éloges que Mme de Genlis lui adresse, etc., réponse qui me paraît attribuée à tort à Rivarol, voir la Bibliographie, § 5.