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II

Averiissement.

Quelques-uns de nos lecteurs, chefs de municipalités

POLITIOUB

jidéputés ou suppléants du Tiers-Etat se sont plaints du style «des Résumés. Ils prétendent que cette manière d'écrire

donne trop à penser, et oii'il n'existe point de journal "us

ù l'on ait si peu d'égards pour eux. Ils demandent netement un style plus familier, plus populaire, et pour tout dire plus na^fo^a/. C'est donc pour leur plaire que M. Salomon, notre éditeur, leur a donné V Adresse aux Impartiaux, insérée dans le numéro lo (i;. On ne se )laindra pas, je pense, des airs de hauteur de cette proseà, ni de l'aristocratie du style. Cette Adresse parle à la classe la plus respectée, comme à la plus respectable, .sans acception de personnes, et nous comptons sur la reconnaissance de ceux de nos lecteurs auxquels la prose des Résumés a donné des soucis. Mais nous les avertissons que nous ferons rarement le sacrifice de notre manière et que nous ne donnerons que fort peu.de ce style aisé qui leur plait tant: nous ne nous sommes pas retiré à la campag-ne pour nous g-êner. D'ailleurs, si nous descendions toujours pour leur éviter la peine de monter, nous laisserions la bonne compagnie qui nous suit depuis lon^-temps et qui est plus aisée à vivre qu'on ne pense, puisqu'elle n'exige pas qu'on sépare les égards qui lui sont dûs de ceux qu'on doit à la langue, au goût, au véritable ton et à la majesté de l'histoire.

Ce n'est pas pourtant que, dans V Adresse aux Impartiaux, on ait poussé la condescendance jusqu'à l'incorrection ou à la bassesse du style ; on a seulement proscrit les formes élégantes, afin de se conformer à l'esprit .d'une nation qui renonce à toutes les apparences du luxe en faveur des capitalistes, et qui sera sans doute fort aise qu'on établisse aussi des lois somptuaires dans la prose. Mais il faut dire aussi que la franchise et la pureté de principes qui régnent éminemment dans V Adresse aux Impartiaux, demandent grâce pour sa nudité, aux yeuxles plus délicats, et si le mauvais style de tous les journaux de Paris a fait

Easser tant de fausses idées dans le peuple, pourquoi la onté des principes n'excuserait-elle pas un style sans parure chez les gens du monde ? (11, 1 1).

(0 Adresse à M^f. les Iinpartiauj: ou les Amis de la Paix, réunis chez M. le duc de' la Rochefoucauld. Elle forme le numéro lo du second abonnement.

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Sans examiner si les Noirs ne sont pas moins malheureux en Amérique qu'en Afrique, il me semble qu'il est bien extraordinaire que des hommes pétris de nei^e et de boue, des g-éomètres qui n'ont rien aimé, tels que MM. Dupont et Condorcet, veuillent nous persuader qu'ils ont calculé les larmes des nèg-res et que leur sort les empêche de fermer l'œil. Est-ce qu'en politique il faut parler de sensibilité? En poussant le principe d'humanité jusqu'où il peut aller, il faudrait ne rien manj^er de ce qui a vie, laisser les chevaux en liberté, et, comme les Brames, balayer les chemins avant d'y passer, de peur d'écraser un insecte. Gardons nos larmes pour nous. (11,24).

L'Assemblée nationale, en écrasant tous les corps intermédiaires et tous les privilèg-es, n'a fait qu'achever en France l'ouvrage des Rois Dès que l'Etat pourra donner une armée au Prince, cette armée lui donnera l'Etat. Qu'on se repose tant qu'on voudra sur Theureux naturel de Louis XVI ; la nature des choses sera plus forte que la nature du roi, et si ce n'est celui-ci, ce sera son successeur.

(in, 4).

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