LE CHOU ET LE NAVET
Le Chou, à l'abbé D...
Lorsque sous tes emprunts masquant ton indigence, De tous les écrivains tu cherchais l'alliance, D'où vient que ton esprit et ton cœur en défaut, Du jardin potager ne dirent pas un mot ? Il aurait pu fournir à ta veine épuisée Des \Tais trésors de l'homme une peinture aisée: Le verger de ses fruits eût décoré tes chants, Et mon nom t'eût valu des souvenirs touchants. N'est-ce pas moi, réponds, créature frag-ile, Qui soutins de mes sucs ton enfance débile ?
(i) Voir les Appendices 4 et 5.
(2) Ce dialogue fut, dit Cubicres, imprimé et réimprimé plus de trente fois. Il donna même lieu à une superbe gravure où l'abbé Delille était représeuté d'une manière burlesque, eu contemplation devant un panier rempli de navels et de choux, avec ce vers écrit au bas en gros caractères :