‹ Rivarol, sa vie, ses idées, son talent, d'après des documents nouveauxChapitre 1 sur 211 · II PRÉFACE · texte numérisé non relu

II PRÉFACE

Mais M. de Lescure était de la race des aimables érudits qui au bon vieux temps publiaient des anas et dont le principal souci est de glaner des historiettes à lia vers l'histoire. S'il avait mis en scène et non sans agrément les contemporains de Rivarol, décrit leurs passe-temps, recueilli leurs légers propos, il laissait dans l'ombre bien des points de la biographie de Rivarol, et y mêlait des traits empruntés à la légende; il ne nous révélait qu'à demi l'homme et ne nous faisait point du tout connaître le penseur. Il apportait le cadre; il restait à y mettre le portrait.

C'est ce portrait que j'essaie.

Après le livre de M. de Lescure, après les articles de MM. Barbey d'Aurevilly, Paul Bourget, Caro, dont son livre et la petite édition publiée presque en même temps des Œuvres Choisies avaient été l'occasion, il n'était possible de renouveler le sujet qu'à la condition de remonter aux sources , c'est-à-dire de fouiller l'énorme masse de brochures, rapports, mémoires, correspondances, pamphlets, journaux, que la Révolution a entassée dans les Bibliothèques publiques de la France ou de l'étranger et dans les dépôts d'Archives. Il fallait non seulement comparer entre elles les biographies de Rivarol qu'ont écrites les hommes de son temps, tantôt en jaloux, tantôt en amoureux — c'a été son destin d'être détesté ou adoré comme une femme, — non seulement opposer Cerutti à Sulpice de la Platière, Cubières à Dampmartin, H. de la Porte à Chênedollé, Mme de Rivarol à Claude-François de

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